Sortir des pesticides et de la dépendance protéinique : les promesses d’Emmanuel Macron

Le président aura saisi l'occasion de la cérémonie d'ouverture du Congrès (vendredi 3 septembre) pour faire quelques annonces fortes en termes de protection de la biodiversité. [Guillaume Horcajuelo/epa]

À l’occasion du Congrès mondial de la nature qui se déroule à Marseille cette semaine, Emmanuel Macron s’est engagé sur une sortie progressive des pesticides et de la déforestation importée. Le ministre de l’Agriculture rappelle, lui, la « responsabilité collective » dans ces dossiers sensibles.

C’est l’un des rendez-vous clés de cette rentrée 2021 : depuis vendredi dernier (3 septembre) et encore jusqu’à samedi prochain (11 septembre), personnalités politiques, chercheurs, représentants de la société civile et citoyens du monde entier sont rassemblés au Congrès mondial de la nature à Marseille pour échanger au sujet de la conservation de la biodiversité.

Un moment de concertation crucial en amont d’une importante série d’évènements encore à venir cet automne : le sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (le 23 septembre prochain à New York), la conférence de l’ONU sur la biodiversité (la COP15, du 11 au 24 octobre à Kunming) et la conférence de l’ONU sur le changement climatique (ou COP26, du 1er au 12 novembre à Glasgow).

Moment que le président de la République aura saisi, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Congrès vendredi, pour faire quelques annonces fortes en termes de protection de la biodiversité. Parmi elles : la sortie de la dépendance de l’agriculture française aux pesticides ainsi que de la déforestation importée.

Pour une « sortie accélérée » des pesticides

Emmanuel Macron a ainsi reconnu que la France n’allait pas encore assez vite dans sa réduction de l’emploi de pesticides — mais aussi que les agriculteurs français « vivent déjà tellement mal de leur activité » qu’il serait faux de sous-estimer leurs efforts. Pour sortir donc de la dépendance aux pesticides « nous devons construire un chemin tous ensemble pour protéger nos sols, mais aussi nos activités agricoles », a fait savoir le président.

Les ingrédients pour y arriver, selon M. Macron : la recherche et l’accompagnement des agriculteurs. « Quand on trouve des substituts non-chimiques, quand on crée des cépages résistants, quand on modifie utilement le vivant, on peut se passer de pesticides tout en restant compétitif », a-t-il affirmé. Pour soutenir les agriculteurs, « premiers acteurs du vivant », le président mise notamment sur le plan de relance français ainsi qu’un « plan d’investissement massif d’ici 2030 ».

Toutefois, « ce n’est qu’au niveau européen que nous y arriverons », a mis en garde M. Macron. Le président s’est ainsi engagé à ce que la présidence française de l’UE (qui commencera au 1er janvier 2022, pour une durée de six mois) « porte une initiative forte de sortie accélérée des pesticides » au niveau des 27.

Vers la fin de la déforestation importée ?

Même promesse concernant la déforestation importée (générée par l’importation notamment de protéines végétales pour l’alimentation animale en Europe depuis les pays d’Amérique du Sud). Pour y mettre fin, « nous devons reconquérir notre souveraineté protéinique », a soutenu le président, stratégie portée notamment par la France dans le cadre de son projet de souveraineté alimentaire.

Or, si c’était une « formidable aventure » que d’agir en faveur du climat, de l’environnement et de la biodiversité tout en reconquérant de la souveraineté sur le plan alimentaire et en créant ainsi des opportunités économiques et des emplois dans le secteur agroalimentaire français, là non plus, le succès ne sera bâti qu’au niveau européen, selon M. Macron.

Ainsi, « nous devons réinventer nos politiques commerciales » au niveau européen, politiques qui devraient, selon le président, « porter des clauses miroirs sur le plan climatique et de la biodiversité ».

Constat vivement défendu par le ministre de l’Agriculture également. À l’occasion d’une conférence sur les liens entre l’agriculture et la préservation de la nature ce lundi (6 septembre), Julien Denormandie aura, lui aussi, rappelé l’importance de la prise en compte des standards verts européens dans les accords commerciaux avec d’autres régions du monde.

Le ministre aura en outre souligné que si la France menait le « combat » pour la transition agroécologique « avec force », la responsabilité pour cette transition serait « collective et partagée ».

« Nous sommes à la croisée des chemins », selon M. Denormandie, et la transition si nécessaire « sera d’autant plus vite qu’elle se fera par tous ».

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