Les intrants agricoles toujours décisifs dans la rentabilité des exploitations

5012314598-9bebf51dd2-z [AgriLife Today / Flickr]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Agriculture, vers une allocation plus efficace des ressources.

Semences, engrais, pesticides, carburant, fourrage, système d’irrigation, eau, électricité : tous ont un impact sur les revenus des agriculteurs, selon les experts du secteur. Un article de notre partenaire EFEAgro.

Les coûts de production font partie intégrante de l’agriculture, en dictant les prix et en décidant combien d’aide sera versée via les programmes de soutien. Ces coûts sont aussi volatiles et fluctuent selon des décisions politiques et selon ce qu’il se passe sur les marchés mondiaux.

C’est tout particulièrement le cas du prix des céréales et des matières premières, qui sont essentielles pour nourrir le bétail. Par ailleurs, le secteur pense que l’électricité est l’intrant qui inquiète le plus l’industrie. Ainsi, les agriculteurs réclament davantage de supervision de la chaîne d’intrants.

Marge bénéficiaire en déclin

« Il n’y a pas de parallèle entre les coûts de production et les prix de vente », a expliqué Ignacio López, de l’association des jeunes agriculteurs espagnols (ASAJA).

C’est un problème qui s’est vraiment enraciné puisque pendant que les coûts de production ont augmenté de 15 % ces dernières années, le prix des produits fixé par les agriculteurs est resté ancré, a-t-il expliqué. En ce sens, la volatilité des marchés demeure un immense facteur d’incertitude chez de nombreux agriculteurs.

Outre ces coûts de production, Ignacio López a souligné qu’il y avait des coûts « règlementaires » que les agriculteurs européens étaient obligés de prendre en compte et qui affectaient leur performance face aux concurrents, dont l’exploitation agricole peut se trouver à quelques kilomètres de chez eux, de l’autre côté de la frontière.

Antonio Catón, de Cooperativas Agro-Alimentarias, a toutefois insisté sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir d’inquiétudes sur les coûts liés aux engrais et aux carburants. Dans le cas des engrais, les prix suivent un cycle et sont actuellement beaucoup plus bas qu’il y a deux semaines.

Crainte vis-à-vis du prix des carburants

Quant aux carburants, malgré une promesse de l’OPEP de réduire la production de pétrole, ce qui risque de mener à une hausse des prix, « les sonnettes d’alarme ne devraient pas retentir », a déclaré le porte-parole, José Cardona. Il appelle toutefois le secteur à rester vigilant face aux hausses de prix, expliquant que la baisse des prix des carburants ralentit depuis 2013.

Le secrétaire général de l’association agricole COAG, Miguel Blanco, est d’accord pour dire que contrôler les coûts de production est crucial pour maintenir la rentabilité du secteur agricole.

Voilà pourquoi il est nécessaire de contrôler cette chaîne, a déclaré Miguel Blanco, qui appelle à la mise en place d’un organe de surveillance pour apporter plus de transparence à un processus où, selon lui, « les oligopoles sont incontrôlables ».

Il a ajouté que les producteurs étaient limités par la chaîne et qu’une demande d’un contrôle plus strict avait déjà était faite au ministère espagnol de l’Agriculture.

Les agriculteurs pris en sandwich

Quant à l’électricité, Miguel Blanco a rappelé que les tarifs avaient augmenté de 70 % depuis la libéralisation en 2008, comparé à une moyenne européenne de 22 %. Il appelle à des contrats plus souples pour que les agriculteurs puissent avoir de l’électricité toute l’année et puissent irriguer quand cela est nécessaire.

Ignacio Senovilla, de l’Union des petits agriculteurs, a résumé la situation en disant que les agriculteurs étaient « pris en sandwich » entre la chaine d’intrants et la chaine de valeurs alimentaires. Il reconnaît que le prix des engrais et du carburant est un problème mondial sur lequel « on ne peut presque pas agir », mais a insisté sur le fait que les prix de l’énergie étaient le véritable problème.

Selon lui, plus de contrôle et d’intervention sont nécessaires de la part d’une administration qui « ferme les yeux ».

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