La Commission souhaite des règles sur les «nouveaux OGM»

« Nous devons mettre en place un nouveau cadre réglementaire pour ces nouvelles techniques », estime Vytenis Andriukaitis. [Shutterstock]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Quelle innovation dans la PAC post-2020 ?.

Le commissaire à la santé souhaite que le prochain Parlement se penche sur les nouvelles techniques de sélection végétale. La CJUE les associe aux OGM, ce que la Commission et l’industrie dénoncent.

Les nouvelles techniques de sélection des plantes (NTSP) relèvent de l’ingénierie génétique : elles permettent de renforcer certaines caractéristiques des plantes, comme leur résistance à certains nuisibles ou à des stress climatiques. Contrairement aux OGM, elles n’ajoutent pas des éléments génétiques supplémentaires aux plantes.

« De mon point de vue, nous devons mettre en place un nouveau cadre réglementaire pour ces nouvelles techniques » après les élections européennes de mai, estime Vytenis Andriukaitis.

En juillet 2018, la Cour de justice de l’UE (CJUE) a jugé que les organismes obtenus grâce à ces techniques de mutagenèse constituaient des OGM et tombaient donc sous le coup de la réglementation ad hoc.

Une décision qui a choqué l’industrie et « surpris » le commissaire à l’agriculture, Phil Hogan. Les défenseurs de l’environnement ont quant à eux salué un jugement qui empêche les « OGM cachés » d’entrer discrètement dans l’Union.

Les États membres semblent pour leur part confus et l’exécutif européen a commencé à se pencher sur les possibilités pour la suite des événements.

L’incompréhension des industriels persiste sur la question des nouveaux OGM

La justice européenne a estimé que les organismes issus des nouvelles techniques de sélection des plantes étaient des OGM. Une décision qui provoque l’incompréhension chez les l’industriels du secteur.

Vytenis Andriukaitis explique que la directive sur les OGM a été établie il y a 20 ans et n’est donc pas adaptée aux progrès technologiques actuels. « Nous analysons actuellement l’arrêt de la CJUE et discutons de son application avec les États membres. »

Le commissaire juge qu’il est grand temps que l’Europe déstigmatise les NTSP et appelle à un débat public sur le sujet. Il rejette les allégations selon lesquelles ces techniques sont la chasse gardée des grandes multinationales, citant l’exemple d’agriculteurs du Bangladesh qui les ont utilisées pour réduire leur utilisation de pesticides.

Pour lui, des « acteurs spécifiques » tentent de manipuler l’opinion publique, faisant fi de la science. « La manipulation de l’opinion publique est un problème dangereux. Le niveau de compréhension de ces sujets est très bas, mais il y a un alarmisme élevé en Europe. »

Quant au danger des OGM, il n’y croit pas. « Dites-moi combien de personnes sont mortes à cause des OGM ? Avez-vous des statistiques ? Combien de personnes sont-elles mortes après avoir mangé la viande d’animaux nourris aux OGM ? Personne, mais il y a beaucoup de manipulation », juge-t-il, ajoutant que l’Europe doit écouter la science, sans quoi elle n’a « aucune chance d’instaurer une agriculture durable et de préserver la biodiversité ».

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