Le succès à l’export des produits agricoles espagnols ne se dément pas

En 2016 l’Espagne a exporté des biens à hauteur de 254 milliards d’euros. [Shutterstock]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Valoriser l’agriculture.

En s’appuyant sur l’export, le secteur agricole espagnol est devenu un véritable moteur de l’économie depuis 2008. Un article d’EFEAgro.

En 2016 l’Espagne a exporté des biens à hauteur de 254 milliards d’euros, dont 17 % étaient des produits alimentaires, des boissons et du tabac, selon les données officielles.

Selon le ministère espagnol de l’Économie, les ventes les plus importantes ont été réalisées dans les sous-secteurs des fruits, des légumes et des légumineuses, notamment à l’Allemagne, au Royaume-Uni, ainsi qu’en Autriche et aux Pays-Bas. Les produits carnés ont aussi eu du succès en Chine, au Portugal, en Corée du Sud et en Italie.

Les exportations espagnoles de viande, surtout vers la Chine et le Japon, d’huiles et de matières grasses, vers les États-Unis, l’Italie et le Portugal, sont celles qui ont connu une plus forte croissance.

Sur les 43 milliards d’euros de ventes, près de 17 milliards proviennent des fruits, des légumes et des légumineuses, plus de 6 milliards d’euros proviennent des produits carnés, 4,2 milliards d’euros des huiles et matières grasses et plus de 3,8 milliards d’euros des boissons. L’Espagne a par ailleurs exporté environ 2,5 milliards d’euros de vin.

Croissance soutenue

Selon les spécialistes, la marge de croissance est cependant encore importante. Le directeur alimentation et gastronomie à l’institut du commerce international (ICEX), Javier Serra, a souligné que la Pologne, la République tchèque et la Suède prenaient « de l’ampleur chaque année, principalement grâce à leurs produits carnés et horticoles ».

« L’Europe est notre principal acheteur, mais la Chine se démarque en termes d’achats de vin, d’huile d’olive et de produits carnés, alors que les États-Unis sont un acheteur clé de vin et d’huile d’olive », a expliqué Javier Serra.

En termes d’implication de l’Europe, « les politiques de l’UE en matière de produits alimentaires soutiennent le secteur, tant dans la promotion que dans la recherche de nouvelles opportunités commerciales ». En ce sens, la diversification des exportations et des marchés est clé, a-t-il ajouté.

Selon Javier Serra, « les normes strictes de production et les contrôles qualité » de l’UE sont des facteurs déterminants et « garantissent une perspective favorable dans un monde de plus en plus conscient de l’importance d’une alimentation saine et d’une sécurité alimentaire ».

Moteur des exportations agricoles de l’UE

Dans le cas de l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, l’Autriche et les Pays-Bas sont les principales destinations des exportations des fruits, légumes et légumineuses. La Chine, le Portugal, la Corée du Sud et l’Italie sont quant à eux les principaux ports d’arrivée de la viande espagnole.

Pour Javier Serra, l’Espagne est le principal moteur des exportations agroalimentaires européennes. « La Chine est seconde dans le classement des destinations des produits alimentaires de l’UE et les exportations représentent 10 milliards d’euros », a-t-il déclaré.

Le président de la société interprofessionnelle espagnole d’huile d’olive, Pedro Barato, souligne le succès qu’a connu son secteur en Chine en 2016, où les ventes ont grimpé de 21 % par rapport à 2015. Aux États-Unis également, l’Espagne en a exporté 130 000 tonnes, monopolisant ainsi 41 % du marché. Et les ventes ont augmenté de 52 % par rapport à 2015.

« Dans les deux cas, la croissance est toujours au rendez-vous », a insisté Pedro Barato, tout en ajoutant que le Brésil, l’Australie et la France étaient d’importants marchés où les produits espagnols étaient devenus très populaires.

Pedro Barato a ajouté que 63 % de l’huile d’olive produite en 2015 et en 2016 avait été réservée à l’exportation (soit environ 868 000 tonnes).

Un excédent d’exportations a également été observé dans le commerce du vin. L’homologue de Pedro Barato dans le vin, Ángel Villafranca, a expliqué que son industrie avait produit environ 40 millions d’hectolitres et que seul l’équivalent de 10 millions avait été consommé à l’intérieur du pays.

Valeur et qualité

L’enjeu consiste désormais à « accroître la valeur ». Pour Ángel Villafranca, « nous dominons le marché international en termes de volume, mais maintenant il est temps d’y attacher de la valeur en se concentrant sur nos indications géographiques et sur nos appellations d’origine contrôlée ».

« Si nous faisons notre travail correctement et que nous ne défendons pas seulement nos prix, alors nous pouvons remporter le marché » aux États-Unis, en Asie du Sud-Est, et dans les pays d’Europe de l’Est.

>> Lire : Les agriculteurs du Sud misent sur les indications géographiques

Diversifier les marchés

La diversification du marché est un objectif partagé par les exportateurs de fruits et de légumes, puisque 60 % de leur production part à l’étranger. Selon le président de la fédération des exportations du secteur (FEPEX), José María Pozancos, la « priorité » est la diversification, pour accélérer la levée des obstacles phytosanitaires, l’innovation et améliorer les instruments de gestion de crise.

Les chiffres d’Eurostat pour 2015 montrent que l’Europe a exporté 3,53 mille milliards de ce secteur vers des pays tiers et que le marché interne de l’UE représentait un total de 24 milliards d’euros.

En ce qui concerne les produits carnés, l’UE est la principale destination, avec des ventes à hauteur de 35 milliards d’euros. Les exportations ne représentent que 8,5 milliards.

Selon le responsable de l’association des producteurs espagnols de bœuf (Asoprovac), Javier López, plus de 25 % des 633 792 tonnes de viande produite en 2015 ont été envoyées au Portugal, en France, en Algérie et à Hong Kong. Par ailleurs, environ 175 000 têtes de bétail ont été vendues, la Libye et le Liban étant les principaux acheteurs (60 % des ventes).

Selon Eurostat, les ventes de porcs espagnols ont dépassé celles de l’Allemagne, avec 28,4 millions de cochons vendus, même si la République fédérale domine toujours ce secteur. L’Espagne est classée seconde après le Royaume-Uni en termes de ventes de brebis et seconde après la Grèce pour la vente de chèvres.

>> Lire : La filière porcine française accuse l’Allemagne de fraude à la TVA

Les producteurs de viande porcine ont déclaré que la Chine était le client numéro 1 avec 20 % des ventes réservées à l’exportation. La France demeure le premier client de l’Espagne en termes de valeur avec 759 millions d’euros échangés.

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