Troisième tentative en France pour réduire l’usage des pesticides

Malgré des plans successifs pour réduire l'usage des pesticides en France, ce dernier a globalement continué de progresser ces dernières années.

Un nouveau plan gouvernemental en faveur de la réduction des pesticides Ecophyto II+ a été adopté, après l’échec des deux premières tentatives. Un article de notre partenaire, leJournal de l’Environnement. 

Énième tentative de relancer le plan Ecophyto, à l’occasion du comité de suivi organisé ce 10 avril. Après l’échec d’Ecophyto I et d’Ecophyto II, qui visait une réduction par deux de l’utilisation des pesticides entre 2008 et 2025, le nouveau plan de réduction des pesticides sera désormais piloté par le préfet Pierre-Etienne Bisch, comme l’avait indiqué le ministre de la transition écologique François de Rugy en novembre dernier.

Sa mission: « suivre les mesures de transition agroécologique dans les fermes françaises », alors que l’usage des pesticides a globalement continué de progresser sur le territoire français. Objectifs à atteindre: 25 % de pesticides en moins en 2020 (50 % en 2025) et sortie du glyphosate d’ici à fin 2020 lorsqu’une alternative existe (fin 2022 sinon). Le préfet Bisch avait rendu, fin septembre, son rapport sur la gestion quantitative des ressources en eau, en faveur de l’émergence de projets de territoire.

Filières et collectivités

La baisse des pesticides doit être orchestrée par les préfets de région en lien avec les agences régionales de santé et les collectivités locales, selon les ministères de l’Agriculture, Environnement, Santé et Recherche. Les filières céréales, légumineuses, oléagineux, vignes, légumes et fruits seront réunis à la fin du mois.

Côté recherche, les scientifiques devront identifier des voies alternatives en mobilisant les leviers de l’agroécologie, du biocontrôle, de la génétique et de la prophylaxie pour cultiver et protéger sans recourir aux pesticides de synthèse.

Les pesticides naturels sont également visés par le gouvernement, avec une feuille de route pour « développer les alternatives au cuivre en agriculture biologique ». Surtout utilisé en viticulture pour réduire la pourriture des grappes et s’attaquer au mildiou, le cuivre vient d’être réhomologué pour 7 ans au niveau européen. Mais son utilisation est en chute libre depuis le début des années 2000 (-70 %).

Stratégie nationale de biocontrôle

Enfin, une stratégie nationale du biocontrôle sera soumise à consultation d’ici juin. Elle listera les mécanismes naturels de protection contre les maladies et les insectes auxiliaires.

Au total, ce nouveau programme est doté de 30 millions d’euros.

Quid du glyphosate?

Pas grand-chose de neuf, en revanche, sur le glyphosate. Une enquête sera lancée d’ici l’été chez les agriculteurs pour « mieux connaître les pratiques de désherbage et mesurer leur évolution ». Le rapport sur son caractère cancérigène, préparé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), est très attendu. L’agence doit aussi publier une évaluation comparative des produits à base de glyphosate, avec l’aide de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

En 2018, 14 substances n’ont pas été renouvelées au niveau européen. Quant au glyphosate, l’Anses participe actuellement au processus de sa réévaluation alors que son échéance d’utilisation est fixée à fin 2022.

Pour l’association Générations futures, ce nouveau plan s’avère « très insuffisant » pour parvenir aux objectifs annoncés. Selon elle, la réduction de 50 % d’ici à 2025 « ne pourra pas être atteinte si le gouvernement ne change pas sérieusement de braquet ».

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