Trop de perturbateurs endocriniens dans l’alimentation des Européens

Dans les pays riches, les normes sociales entraînent le rejet des produits à l'aspect non conforme. [Shutterstock]

Six résidus de pesticides sur dix, quantifiés dans l’alimentation européenne, sont des perturbateurs endocriniens suspectés, selon un rapport de l’association Générations futures. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

L’association de défense de l’environnement, Générations futures, a sorti ce mardi 4 septembre un rapport consacré aux perturbateurs endocriniens dans l’alimentation des Européens.

Ces substances, d’origine naturelle ou artificielle, peuvent induire des effets néfastes sur l’organisme même à de très bas niveaux. Or, de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens (PE) avérés ou suspectés.

Voie d’exposition importante

Dans son dernier rapport, Générations futures s’intéresse à  « l’une des voies d’exposition les plus importantes pour les non-utilisateurs de pesticides : l’alimentation ». L’association s’est basée sur les données annuelles de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire des aliments (EFSA).

Résultat, sur les 109 843 résidus de pesticides relevés, 69 433 résidus de pesticides PE ont été quantifiés.  « Ce total représente plus de six sur dix ! La contamination alimentaire par les pesticides est donc très largement une voie de contamination par les perturbateurs endocriniens ! », dénonce Générations futures.

La Commission à nouveau houspillée sur les perturbateurs endocriniens

Eurodéputés et représentants de la société civile ont appelé la Commission à définir rapidement une nouvelle stratégie sur les perturbateurs endocriniens, après le rejet d’une première mouture à l’automne dernier.

Disparition totale des perturbateurs endocriniens

L’association déplore qu’aujourd’hui  « le niveau de preuve demandé pour considérer un pesticide comme PE soit extrêmement élevé ». Elle demande que des  « actions prioritaires » soient mises en place, pour conduire à la disparition à terme des perturbateurs endocriniens de notre agriculture et de notre alimentation.

Générations futures souhaite que cette question figure dans la Stratégie nationale sur les PE (SNPE 2), élaborée actuellement par le gouvernement, et la future loi Agriculture et alimentation, qui doit être de nouveau discutée au Parlement fin septembre.

Connaissance en plein essor

Ce dernier rapport de Générations futures fait figure de dixième volet de son enquête sur l’« Exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens » (Exppert). Une série d’analyses lancée il y a cinq ans, qui démontre l’omniprésence de perturbateurs endocriniens dans notre environnement.

Cette étude enrichit la connaissance, en plein essor ces dernières années, alertant régulièrement sur les conséquences des perturbateurs endocriniens. Le rôle des PE a été pointé du doigt par divers organismes, parmi lesquels des associations, l’Union des industries chimiques (UIC), l’agence nationale Santé publique France…

Dans les derniers rapports dévoilés, les perturbateurs endocriniens sont notamment soupçonnés de favoriser l’obésité, le diabète, ou encore la puberté précoce.

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