UE-Mercosur: l’Autriche met en garde contre « toute manoeuvre » pour faire adopter l’accord

Werner Kogler, le chancelier autrichien, dénonce dans une lettre « les possibles tentatives » de l’UE d’aller de l’avant, malgré les réticences de plusieurs Etats membres » [EPA-EFE/FLORIAN WIESER]

Le gouvernement autrichien, réitérant son opposition à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, a appelé cette semaine le Portugal, qui occupe la présidence tournante de l’UE, à éviter « toute manoeuvre » pour faciliter le vote sur le texte.

« Je vous demande de garantir que le vote sur l’accord commercial UE-Mercosur puisse se tenir de manière transparente, sans manoeuvre politique et avec toute l’attention du public », écrit le vice-chancelier écologiste Werner Kogler dans une lettre adressée au Premier ministre portugais Antonio Costa.

Il dénonce « les possibles tentatives » de l’UE d’aller de l’avant, malgré les réticences de plusieurs Etats membres, en ajoutant par exemple un protocole au traité ou en scindant l’accord pour faciliter l’approbation du volet commercial en ne le faisant ratifier que par le Parlement européen.

« Ce n’est pas acceptable », insiste le vice-chancelier dans ce courrier, que l’AFP a pu consulter dimanche. « A nos yeux, l’impact de cet accord sur la crise climatique est un facteur décisif ».

Accord UE-Mercosur : le Portugal se joint à la France et demande des "éclaircissements"

L’accord UE-Mercosur, conclu en juin 2019 entre l’UE et les pays de ce bloc d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) après deux décennies de négociations, est actuellement en phase de traduction et de révision juridique. À l’issue de cette phase, avec un accord politique des 27, les pays des deux blocs devront le ratifier.

Le Parlement autrichien a rejeté à l’unanimité sous sa forme actuelle le texte, qui avait été signé à l’été 2019 entre l’UE et les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) après 20 ans de tractations.

Il suscite des critiques des agriculteurs, inquiets notamment pour leur production de viande, et des ONG, préoccupées pour le climat.

En août 2019, le président français Emmanuel Macron, invoquant « un processus de déforestation industrialisé » dans la forêt amazonienne, avait accusé son homologue brésilien Jair Bolsonaro « de ne pas respecter ses engagements climatiques » et fait savoir que la France « s’opposait à l’accord Mercosur en l’état ». Une opposition que la France a renouvelée l’an dernier.

La chancelière allemande Angela Merkel a également émis de « sérieux doutes ».

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