Un an après, Julien Denormandie dresse un bilan positif de la relance agricole

Revenant sur la première année de la relance agricole lors d'une conférence de presse, Julien Denormandie (ici en Slovénie, le 7 septembre dernier) s'est félicité du succès de France Relance. [IGOR KUPLJENIK/epa]

Lancé il y a un an, le plan de relance français aura permis des investissements importants dans le secteur agricole, à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros. Un franc succès, estime le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

Reconquérir la souveraineté alimentaire française, accélérer la transition agroécologique pour une alimentation saine, durable et locale et accompagner les agriculteurs face aux effets du changement climatique : ce sont les priorités que le gouvernement français soutient dans le cadre du plan France Relance.

Pour rappel : doté d’un total de 100 milliards d’euros – dont 40 milliards issus du paquet de relance européen NextGenerationEU sur lequel les 27 chefs d’État et de gouvernement s’étaient accordés en juillet 2020 -, le plan de relance français vise à soutenir la reprise économique après la crise sanitaire sur une durée de 2 ans. Une part importante du budget a été allouée à la relance agricole : pas moins que 1,2 milliard d’euros.

A mi-chemin de la période de déploiement, lancée le 3 septembre 2020, le ministre de l’Agriculture français Julien Denormandie a dressé, ce jeudi 9 septembre, un bilan positif de cette première année de relance agricole.

Première bonne nouvelle : malgré la difficulté opérationnelle de réaliser un déploiement rapide alors que « la notion du temps en agriculture dépend du vivant » est ne peut donc pas être manipulé aisément, environ la moitié du volet agricole, soit 600 millions d’euros, est d’ores et déjà engagée. Concrètement, le ministère a accordé son soutien à plus de 25 000 projets – compte tenu des multiples acteurs que peut impliquer un tel projet, le nombre final d’exploitations agricoles bénéficiaires serait « très significatif », selon M. Denormandie.

Mesure phare du premier axe prioritaire (la reconquête de la souveraineté alimentaire qui est la « mère des batailles » pour M. Denormandie), le plan protéines – censé, à terme, mettre fin au « scandale » de l’importation de protéines végétales, et avec elle de déforestation, de l’Amérique du Sud – aura ainsi vu 60 millions euros déployés sous forme de projets d’équipement et de structuration de filière.

Le plan de relance aura également permis des investissements importants dans les abattoirs français, car, comme l’explique le ministre, « on ne peut pas avoir de la viande produite localement sans des abattoirs territoriaux ».

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En termes de transition agroécologique aussi, des montants importants ont déjà été engagés. Pour la prime à la conversion des agroéquipements, qui aura rencontré un « très, très large succès », le financement initialement prévu à hauteur de 135 millions d’euros aura même été porté à 215 millions. L’engagement « incroyablement fort » pour ce dispositif, avec des « dizaines de milliers d’exploitations bénéficiaires », démontre selon le ministre « que l’engagement des agriculteurs pour la transition est bien réel ».

Autre enjeu fort, la question de la qualité des nutriments dans les cantines, notamment scolaires : « On estime aujourd’hui que plus que la moitié des viandes dans nos cantines scolaires est importée », a fait savoir M. Denormandie, « or, entre un blanc de poulet brésilien et un blanc de poulet français, il n’y a juste aucun rapport ». Raison pour laquelle la relance agricole inclut 50 millions d’euros à destination des communes de petite taille pour leur aider à moderniser leurs cantines avec des « matériels adéquats pour pouvoir accueillir des aliments frais et locaux ». Aujourd’hui, 420 communes auront bénéficié de ce dispositif, soit environ 100 000 élèves, selon le ministre.

Enfin, pour répondre au « principal défi auquel nous sommes aujourd’hui confrontés », le volet agricole de France Relance aura permis des investissements importants dans l’adaptation des filières agricole et forestière au changement climatique.

200 millions d’euros sont ainsi en cours de déploiement pour permettre aux agriculteurs d’acquérir des matériels de protection contre des évènements météorologiques extrêmes. La vague de gel printanière de cette année ayant démontré les limites des moyens de protection existants, 15 millions d’euros serviront en outre à financer la recherche dans de nouveaux matériels de protection, un volet qui devrait par ailleurs être renforcé dans le cadre de la French AgriTech.

Côté forêts, la relance agricole finance un « grand plan de reboisement », selon M. Denormandie : des 200 millions d’euros voués à l’accompagnement de la filière sylvicole, 150 millions doivent servir la reforestation. À l’heure actuelle, le plan de relance aura permis le reboisement de 10000 hectares, soit 10 millions d’arbres.

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