Verdir les importations agricoles, une priorité de la présidence française de l’UE

Le ministre français de l'agriculture, Julien Denormandie, au début d'un Conseil de l'UE sur l'agriculture et la pêche à Bruxelles, en Belgique, le 27 mai 2021. [STEPHANIE LECOCQ/EPA]

La France, qui occupera à partir de janvier la présidence tournante de l’UE, aura parmi ses « priorités » le durcissement du contrôle des importations agricoles des 27, pour leur imposer les normes environnementales européennes, a indiqué le ministre français Julien Denormandie.

« J’aurai un sujet prioritaire, c’est la réciprocité dans les échanges et les “clauses miroirs” », a-t-il déclaré lundi (6 septembre) à la presse, dans une grande exploitation fruitière de Slovénie, en marge d’une réunion des ministres européens de l’Agriculture.

L’objectif est selon lui d’exiger des produits agricoles importés les mêmes standards environnementaux et sanitaires que pour la production européenne, en incluant dans les traités commerciaux des « clauses miroirs » assurant la convergence des normes de part et d’autre après signature.

« Si on veut que la transition agro-écologique soit encore plus rapide, ça ne peut se faire qu’à une condition : cesser d’importer massivement des produits qui ne respectent pas cette transition », a insisté M. Denormandie.

Le Pacte vert européen vise une baisse de 50 % des pesticides d’ici à 2030, avec un quart des terres réservées au bio.

« On ne peut pas avoir un Pacte vert qui réduit nos surfaces cultivées et compenser par des importations qui elles-mêmes reviendraient à importer du carbone (des cultures issues de la déforestation, NDLR) et de la biodiversité dégradée », a martelé le ministre français.

Au printemps, États membres, Commission européenne et Parlement européen ont échoué à se mettre d’accord pour inclure cette exigence dans les textes législatifs sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC).

Les eurodéputés voulaient notamment interdire l’importation de produits présentant des traces de pesticides bannis par Bruxelles pour raisons environnementales, mais certains États s’inquiétaient de contrevenir aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

Au final, les institutions ont simplement reconnu dans une déclaration conjointe l’importance d’imposer aux produits importés les mêmes normes environnementales que dans l’UE, chargeant Bruxelles de présenter des propositions.

« On doit passer du volet agricole au volet commercial, on se battra pour ça durant la présidence française », a assuré Julien Denormandie, qui entend construire « un consensus politique » avec ses homologues avant de voir « quelle forme » pourrait prendre l’exigence de réciprocité commerciale.

« Aujourd’hui, ça paraît aberrant qu’un accord commercial puisse être conclu sans prendre en compte les externalités négatives » comme la déforestation ou la dégradation environnementale, répercutées sur les produits exportés vers l’UE, a-t-il insisté.

Le président français Emmanuel Macron a affirmé vendredi (3 septembre) que Paris maintiendrait son opposition à l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), le jugeant dans son état actuel non « compatible » avec l’agenda climatique et de biodiversité européen.

Sortir des pesticides et de la dépendance protéinique : les promesses d'Emmanuel Macron

A l’occasion du Congrès mondial de la nature qui se déroule à Marseille cette semaine, le président s’est engagé sur une sortie accélérée des pesticides et de la déforestation importée. Le ministre de l’Agriculture rappelle, lui, la « responsabilité collective » dans ces dossiers.

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