L’édition génétique jette un pavé dans la marre au sein des Verts/ALE

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À la suite de la publication d’un document dans lequel un groupe de députés verts allemands et un député européen ont soutenu de manière inattendue l’utilisation des technologies d’édition génétique, Euractiv s’est entretenu avec le député européen Martin Häusling.

Dans un document publié le 10 juin, une faction des Verts allemands apporte son soutien au génie génétique, arguant qu’il pourrait jouer un rôle clé dans l’amélioration de la durabilité. De ce fait, le groupe a appelé à un réexamen de la réglementation européenne en la matière.

Cette prise de position dissidente est une première pour les Verts, le vent tourne-t-il au sein du parti ?

Pour Martin Häusling, porte-parole des Verts/ALE pour l’agriculture au Parlement européen, il n’en est rien ; il n’y a « pas d’élan en faveur des nouveaux organismes génétiquement modifiés (OGM) ».

Même s’il y a eu des débats et qu’il est « juste » que cette technologie soit évaluée sous différents angles, il a soutenu que « la grande majorité des verts allemands — et en Europe — [étaient] sans aucun doute contre la libéralisation des nouveaux OGM ».

Même au sein de la jeune génération, seule une minorité s’y intéresse, a-t-il déclaré, ajoutant que le porte-parole des jeunes Verts allemands avait indiqué dans un webinaire la semaine dernière qu’il est « dans l’intérêt même de la jeune génération d’agir selon le principe de précaution pour maintenir les ressources naturelles intactes et diversifiées ».

Des députés écolos allemands encouragent le génie génétique

Un groupe de députés verts allemands soutient l’utilisation des techniques du génie génétique, qui pourraient, selon eux, contribuer significativement au développement durable. Une approche inédite qui s’oppose à la position que le parti adopte habituellement à ce sujet.

Un règlement « adapté à son objectif »

Le document en question appelle à une approche « moderne » de la réglementation du génie génétique, mais M. Häusling a soutenu que l’actuelle était adaptée à l’objectif.

« La tentative européenne de peser les risques et les avantages des technologies, des groupes de substances ou des produits concernés dans un processus transparent — ce qui est légalement prévu par le principe de précaution — au lieu de simplement donner la priorité aux intérêts des entreprises économiquement puissantes, peut être considérée comme hautement innovante et moderne à l’échelle internationale, et ce, d’un point de vue écologique et social », a-t-il avancé.

Les « incohérences » remises en question

Le document affirme que des incohérences persistent dans l’approche de l’UE concernant l’utilisation des technologies OGM, citant l’autorisation de la mutagenèse indirecte au sein du bloc, une forme de modification génétique de la composition d’une plante par exposition à divers agents physiques, chimiques et biologiques. Néanmoins, pourquoi la mutagenèse ciblée est-elle interdite ?

Interrogé à ce sujet, M. Häusling a répondu que la mutagenèse indirecte était autorisée, parce qu’elle avait été « surveillée depuis longtemps au moment de la mise en œuvre de réglementation et était donc considérée comme plus sûre ».

Le document fait également état d’incohérences dans la référence aux technologies dites «rouges » utilisées à des fins de santé, soulignant que si la technologie des OGM était régulièrement utilisée en médecine, elle n’était pas autorisée en agriculture.

Répondant à l’idée selon laquelle la position de l’UE était illogique à cet égard, M. Häusling a avancé que ce n’était pas un signe d’incohérence que de réglementer les différents risques de manière appropriée. La différence majeure entre les technologies « rouges » et les cultures génétiquement modifiées en plein air réside en le fait que dans le premier cas, l’utilisation est limitée au patient et ne « s’échappe pas dans la nature ».

Le ministre britannique de l'environnement offre son soutien à l'édition génétique, mais s'écarte de la position de l'UE

Lors d’une réunion sur l’audit environnemental jeudi 18 juin, le secrétaire d’État britannique à l’environnement, à l’alimentation et aux affaires rurales, George Eustice, a offert son soutien à l’édition génétique, déclarant que le gouvernement britannique n’était pas d’accord avec la position de l’UE sur la question.

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