Selon l’EFSA, les directives existantes sont appropriées pour évaluer l’édition génétique

Les experts ont conclu que les directives existantes pour l'évaluation des risques des plantes génétiquement modifiées étaient applicables pour l'évaluation de trois nouvelles techniques d'édition génétique. [SHUTTERSTOCK]

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu que l’édition du génome ne présentait aucun danger supplémentaire par rapport aux méthodes de sélection conventionnelles ou aux autres méthodes de modification génétique. En conséquence, les directives existantes pour procéder à l’évaluation de cette techniques sont jugées adéquates.

Le dernier avis scientifique de l’EFSA, publié mercredi 24 novembre, porte sur les plantes produites à l’aide de différentes techniques d’édition du génome, notamment la mutagenèse dirigée par oligonucléotides et deux types de nucléases site-spécifiques.

Ces techniques modifient une région spécifique du génome mais, contrairement à la modification génétique traditionnelle, n’introduisent pas d’ADN étranger.

L’avis a été requis par la Commission européenne, qui a demandé à l’EFSA de déterminer si ses lignes directrices relatives à l’évaluation des risques pour les plantes génétiquement modifiées pouvaient être utilisées pour l’évaluation des risques concernant les plantes produites à l’aide de ces techniques.

Les experts ont conclu que les directives existantes étaient applicables pour l’évaluation des trois nouvelles techniques.

En fait, l’EFSA a conclu que l’évaluation des risques pourrait nécessiter moins de jeux de données que d’autres techniques de modification génétique, en raison de l’absence de nouvel ADN.

L’édition génétique est utilisée pour introduire des modifications dans l’ADN des animaux, des plantes et des microorganismes.

Le premier test de détection des cultures issues de l'édition génétique aurait été mis au point

Selon un article scientifique, la première méthode de détection en source ouverte pour une culture génétiquement modifiée a été mise au point. Les ONG environnementales et des groupes militants estiment que cela pourrait hypothétiquement permettre à l’UE de procéder à des contrôles pour empêcher des importations non autorisées, mais le syndicat européen des semenciers réfute cette affirmation.

Les partisans de cette technologie affirment qu’elle dispose d’un large éventail d’applications, allant des nouvelles thérapies pour le cancer et les maladies héréditaires à l’introduction de la résistance aux ravageurs ou à la sécheresse dans les plantes.

Conformément à la directive sur les OGM, les organismes produit à l’aide de l’édition génétique doivent actuellement faire l’objet d’une évaluation des risques selon les dispositions de la législation sur les OGM avant de pouvoir être autorisés.

« Nous nous félicitons que l’EFSA suive le consensus scientifique en différenciant les organismes transgéniques et non transgéniques et conclue qu’aucun document d’orientation supplémentaire ne s’avère nécessaire », ont déclaré à Euractiv des membres d’EuropaBio, une association qui représente les intérêts de l’industrie des biotechnologies.

« Europabio a souligné à plusieurs reprises que les organismes qui ne contiennent pas de gènes étrangers, qu’ils proviennent de l’édition du génome ou d’autres méthodes de sélection, ne devraient pas (continuer à) être traités comme des organismes transgéniques », ont-ils ajouté.

La commissaire à la santé s'interroge sur l'édition génétique

Stella Kyriakides, la nouvelle commissaire européenne à la santé, souhaite obtenir plus d’informations sur la question controversée de l’édition génétique. Pour l’heure, elle semble moins enthousiaste que son prédécesseur, Vytenis Andriukaitis.

L’édition génétique demeure cependant une technologie controversée et les craintes que son déploiement ne nuise à la santé humaine et à l’environnement sont nombreuses.

« Avec ce nouvel avis, l’EFSA ne fait qu’embrouiller les choses. Contrairement à ce qu’elle affirme, l’édition génétique entraîne des dangers nouveaux et différents de ceux de la sélection conventionnelle », a averti l’eurodéputée verte Tilly Metz.

« Il est bien établi que l’édition génétique entraîne des changements à la fois voulus et non voulus dans le génome, et que ces changements peuvent rendre un produit toxique ou nocif pour l’environnement. Ces effets potentiellement dangereux ne peuvent pas être simplement balayés, ils doivent être sérieusement examinés », a précisé Tilly Metz.

Elle a ajouté que cet avis « n’inspir[ait] pas confiance » dans le fait que l’EFSA ferait un travail approfondi pour évaluer la sécurité des cultures issues de l’édition génétique.

« Les objections du Parlement européen mettent déjà en évidence des lacunes dans l’évaluations des risques de l’EFSA concernant les OGM à l’ancienne, il est donc décevant et irresponsable que l’EFSA ne prête pas une plus grande attention aux risques spécifiques de l’édition génétique pour la sécurité des consommateurs et de l’environnement, comme elle est censée le faire », a-t-elle souligné.

L’avis va maintenant alimenter l’étude en cours de la Commission sur les nouvelles techniques génomiques, qui vise à clarifier la situation concernant cette technologie après l’arrêt de la Cour européenne de justice de 2018 selon lequel les organismes issus de l’édition génétique relèvent, en principe, du champ d’application de la directive européenne sur les OGM.

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