Bruxelles autorise la commercialisation d’un soja génétiquement modifié

La Commission européenne a ouvert les portes du marché de l’UE à un soja OGM. L’autorisation porte sur l’alimentation humaine et animale, mais pas sur la culture. La décision de l’exécutif européen est cependant loin de faire l’unanimité.

Il y a un mois et demi, le soja génétiquement modifié XtendFlex a été approuvé par la Commission européenne après avoir fait l’objet une procédure d’autorisation complète, comprenant une évaluation scientifique par l’autorité européenne de sécurité alimentaire.

Le soja, produit par la société de biotechnologie Bayer, a été développé pour résister à trois herbicides majeurs : le dicamba, le glufosinate-ammonium et le glyphosate.

Berlin prévoit l’interdiction totale du glyphosate pour 2023

Le gouvernement allemand veut mieux protéger les insectes, et interdire complètement le glyphosate d’ici à 2023. Il souhaite aussi introduire un label de bien-être animal et débloquer des fonds supplémentaires pour une PAC respectueuses de l’environnement. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le marché européen étant garanti, les producteurs américains et canadiens devraient maintenant augmenter la production de ce soja afin de tirer parti des opportunités que leur offre cette décision.

Tous les États membres ont eu la possibilité d’exprimer leur point de vue au sein du comité permanent et, par la suite, au sein du comité d’appel.

« Compte tenu de l’issue de la procédure, la Commission européenne a l’obligation légale de procéder à l’autorisation », stipule un communiqué publié le 28 septembre sur le site de la Commission.

L’autorisation est valable pendant 10 ans, et tous les produits fabriqués à partir de cette variété d’OGM (organisme génétiquement modifié) seront soumis aux règles de l’UE en matière d’étiquetage et de traçabilité.

XtendFlex est le tout dernier soja de Bayer. Il a été créé à partir d’une précédente variété génétiquement modifiée, avec une tolérance supplémentaire au glufosinate.

Cela signifie que les producteurs « disposent d’une flexibilité et d’outils supplémentaires pour les aider à maîtriser les mauvaises herbes résistantes et difficiles à contrôler », fait valoir un représentant de Bayer.

« Avec cette autorisation, Bayer espère maintenant un lancement complet [de la production] aux États-Unis et au Canada en 2021 », ajoute l’entreprise.

Mais la nouvelle de l’autorisation n’a pas été accueillie avec enthousiasme par certains milieux.

Selon l’eurodéputée verte Tilly Metz, la décision d’autoriser ces importations d’OGM est « extrêmement décevante ».

« La nouvelle Commission comprend parfaitement que l’importation d’OGM résistants aux herbicides, en particulier le soja génétiquement modifié qui pourrait être cultivé dans des pays comme le Brésil et l’Argentine, risque de compromettre les engagements internationaux de l’UE pour le climat, notamment en matière de protection des forêts et de la biodiversité », prévient-elle.

Glyphosate : le coût de l’abandon chiffré dans la viticulture

L’abandon du glyphosate, pour passer à un désherbage entièrement mécanique, entraînerait un surcoût moyen équivalant à 7,1 % de l’excédent brut des exploitations viticoles, selon une analyse de l’Inrae publiée mercredi 15 janvier. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Tilly Metz souligne que la Commission « a refusé d’entendre les arguments du Parlement européen et de la majorité des États membres qui ont voté contre ce soja génétiquement modifié en particulier ».

Elle a ajouté que les cultures pourraient être exposées à des doses plus élevées et répétées d’herbicides, ce qui pourrait se traduire par une plus grande quantité de résidus dans les récoltes ainsi que par un risque plus élevé pour les pulvérisateurs.

Pour Eric Gall, responsable politique de IFOAM UE, la branche européenne de la Fédération internationale des mouvements de l’agriculture biologique, comme le soja a été autorisé pour l’alimentation humaine et animale mais pas pour la culture sur le territoire de l’UE, il n’y a pas lieu de redouter une contamination au stade de la production pour l’agriculture biologique européenne.

Il partage toutefois la crainte que l’importation de cet OGM au sein du le marché de l’UE puisse conduire à une utilisation accrue de pesticides en dehors de l’Union, avec, à la clé, « un impact négatif prouvé sur l’environnement et la biodiversité, engendré par l’épandage de ces pesticides de synthèse ».

Supporters

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer