Renew Europe veut briser les tabous de l’agriculture européenne

[Photo by Sarantis Michalopoulos]

Le groupe du Parlement européen Renew Europe (centre) entend « briser les tabous » qui pèsent sur le secteur agricole, a affirmé Martin Hlaváček, l’un de ses députés.

« Nous avons décidé d’avoir un débat ouvert sur des questions telles que les OGM, les pesticides et autres, sans limites ni tabous », a indiqué l’eurodéputé tchèque Martin Hlaváček en marge d’un événement organisé par l’Organisation européenne des propriétaires fonciers à la fin janvier.

L’eurodéputé tchèque, qui est également membre de la commission de l’agriculture et du développement rural (AGRI), a ajouté : « Nous respectons les points de vue des différents membres du Parlement européen, mais nous voulons que cette discussion ait lieu, nous ne souhaitons pas l’éviter ».

Les discussions sur l’avenir de l’agriculture européenne, et en particulier sur son rôle dans la réalisation des objectifs climatiques, occupent le devant de la scène depuis que la Commission a présenté en décembre son « Green Deal » européen. Celui-ci comprend notamment la stratégie « de la ferme à la table » (F2F).

Le secteur agricole européen devrait jouer un rôle majeur dans ce vaste projet et la stratégie F2F sera non seulement consacrée à rendre les pratiques agricoles plus durables, mais aussi à esquisser une nouvelle politique alimentaire intégrée qui implique l’autre partie de la chaîne d’approvisionnement.

La Commission européenne a proposé de porter à 40 % la part des dépenses de la politique agricole commune (PAC) post-2020 consacrée à l’action climatique.

Mais pour Janusz Wojciechowski, le commissaire à l’agriculture, il n’est pas nécessaire de modifier le projet actuel de la future PAC, car il contient déjà de nombreux éléments qui peuvent permettre au secteur de satisfaire aux ambitions du « Green Deal ».

Il n’est cependant pas certain que le nouveau modèle de mise en œuvre de la PAC se révèle suffisamment efficace dans la pratique, car celui-ci accorde plus de flexibilité aux États membres pour qu’ils élaborent leurs propres stratégies afin de remplir les objectifs climatiques.

La France milite pour faire de la place aux jeunes dans les aides PAC

Seulement 5 % des agriculteurs ont moins de 35 ans, et Paris estime qu’un âge plafond pour toucher les aides de la Politique agricole commune permettrait de faire de la place aux jeunes. Mais Bruxelles ne l’entend pas de cette oreille.

Les gouvernements de l’UE devront se mettre d’accord sur les potentielles innovations du secteur agricole, telles que sa numérisation, dans le cadre d’un plan global. Mais des voix s’élèvent pour dire que ce processus pourrait se heurter à des difficultés pratiques en l’absence d’une approche centralisée de Bruxelles.

Une vision à long terme est nécessaire pour la PAC

Dacian Cioloș, le leader du groupe Renew Europe, explique qu’il existe non pas une, mais une multitude d’innovations et de nouvelles technologies qui peuvent modifier la chaîne alimentaire et soutenir la transition des systèmes alimentaires européens.

« Par exemple, la numérisation aura également un impact sur l’agriculture, non seulement en matière de pratiques agricoles avec l’agriculture de précision, mais aussi en ce qui concerne les relations au sein même de la chaîne alimentaire », précise-t-il à Euractiv.

Selon lui, la numérisation pourrait, en mobilisant les innovations, contribuer à réduire l’impact de l’agriculture sur l’environnement et les ressources naturelles, à mieux gérer l’eau utilisée pour l’irrigation et à davantage connecter les agriculteurs aux différents marchés.

« Les agriculteurs peuvent apporter des solutions à de nombreux défis de la société européenne en garantissant l’approvisionnement alimentaire et en luttant contre le changement climatique affirme-t-il.

En ce qui concerne la PAC, il indique qu’elle devait également prendre le « Green Deal » en compte. « C’est la raison pour laquelle il est important de réfléchir à la proposition actuelle […], de l’adapter et de la placer dans le contexte plus large de la stratégie « de la ferme à la table » ».

Renew Europe travaillera activement dans les semaines à venir pour proposer une vision intégrant les attentes du groupe à court, moyen et long terme pour la PAC, a-t-il déclaré.

« Les agriculteurs ont besoin de prévisibilité ; ils ont également besoin d’une vision à long terme pour la PAC, fondée sur des pratiques durables, des revenus équitables et étroitement liée aux attentes des consommateurs », conclut Dacian Cioloș.

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