L’amendement britannique sur l’édition génétique a été retiré, mais il continue de faire parler de lui

Un amendement déposé au nouveau projet de loi agricole britannique, destiné à permettre l’accès à une nouvelle technologie de modification génétique, a été retiré, mais le gouvernement s’est engagé à mener une consultation publique sur la question.

L’amendement, retiré mardi (28 juillet) après une longue discussion à la Chambre des Lords, a suscité un débat considérable au cours des dernières semaines, tant sur les préoccupations environnementales que sur les ramifications potentielles pour les futures relations commerciales agroalimentaires du Royaume-Uni et de l’UE.

Malgré le retrait du projet de loi, la décision n’est pas encore tout à fait claire, car elle n’empêche pas techniquement la réintroduction d’un amendement similaire ou adapté à un stade ultérieur.

Toutefois, certains éléments indiquent que le gouvernement britannique n’est pas prêt à apporter son soutien à un tel amendement avant que la consultation publique ne soit terminée, mais qu’il est généralement favorable à l’édition génétique.

Un porte-parole du DEFRA [ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales] a confirmé que le gouvernement mènera une consultation publique avant d’apporter des changements à l’approche actuelle.

Le représentant a confirmé que la réglementation actuelle sur les OGM restera en vigueur par le biais de la loi de retrait de l’UE, mais il a refusé de se prononcer sur ce que cette consultation impliquera exactement.

Toutefois, il souligne que « les organismes produits par des techniques modernes de mutagenèse (telles que l’édition génétique) ne devraient pas être soumis à la réglementation sur les OGM si les modifications de leur ADN avaient pu se produire naturellement ou par des méthodes de sélection traditionnelles ».

« Le gouvernement reconnaît les avantages que les techniques de sélection de précision pourraient apporter aux agriculteurs et à l’environnement et reste attaché à une politique et une réglementation fondées sur la science des techniques de sélection de précision, telles que l’édition génétique », a-t-il avancé.

Ce point de vue fait écho à celui du Syndicat national des agriculteurs britanniques (NFU), qui s’est récemment prononcé en faveur de cette technologie.

Le nouvel élan pour la durabilité met à l'épreuve le "soft power" européen

Dans sa course pour devenir un leader mondial sur le plan de la durabilité, l’UE devra séduire les pays tiers afin de ne pas être laissée de côté en matière d’innovation.

Le retrait de cet amendement a été salué par les groupes environnementaux, dont ils ont signalé qu’il pourrait ouvrir les portes à un large éventail de techniques de génie génétique.

Le groupe militant anti-OGM Beyond GM a tweeté que c’était « une bonne nouvelle », mais a averti que « le gouvernement est toujours engagé dans la libéralisation [des OGM] et nous devons exiger un processus plus démocratique et plus inclusif ».

Une autre organisation britannique anti-OGM, GM Freeze, a ajouté qu’elle « fera pression pour que la consultation soit un examen approfondi et significatif de l’opinion publique et de la science actuelle ».

L’amendement a été fermement défendu par certains membres de la Chambre des Lords, dont Lord Krebs, qui a souligné le potentiel de cette technologie pour rendre l’agriculture britannique « plus verte, plus productive et plus durable ».

La baronne Hayman a déclaré qu’elle espérait que « toute discussion future sur les OGM sera beaucoup plus nuancée, cherchera à trouver un terrain d’entente et sera axée sur les résultats que nous essayons d’obtenir, plutôt que sur des attitudes très divisées ».

Elle a ajouté qu’il était de leur « responsabilité de fournir le cadre réglementaire approprié pour ces avancées, après ce qui a été largement considéré comme l’arrêt défectueux de la CJUE de 2018 », se référant à la décision de la Cour de justice de l’Union européenne selon laquelle les organismes obtenus par de nouvelles techniques de sélection végétale devraient, en principe, relever de la directive OGM.

La baronne Young s’est inquiétée du fait que la libéralisation précipitée de l’édition génétique pour aligner le Royaume-Uni sur les États-Unis d’Amérique risquait d’« interrompre les activités commerciales avec nos principaux marchés européens existants ».

Elle a ajouté qu’il serait prudent d’attendre l’étude de l’UE sur l’édition génétique, qui doit être publiée en avril prochain.

Beat Späth, directeur de la biotechnologie agricole chez EuropaBio, un groupe influent de l’industrie biotechnologique, a précédemment maintenu qu’il espérait que cet amendement offrirait une possibilité de « moderniser une approche surannée en vue d’une nouvelle science révolutionnaire », ce qui, a-t-il ajouté, est attendu depuis longtemps tant au Royaume-Uni que dans le bloc.

« Avec cette initiative, le Royaume-Uni enverrait un signal fort à ses principales institutions scientifiques publiques travaillant sur la biotechnologie et l’édition génomique », a-t-il souligné.

La commissaire à la santé s'interroge sur l'édition génétique

Stella Kyriakides, la nouvelle commissaire européenne à la santé, souhaite obtenir plus d’informations sur la question controversée de l’édition génétique. Pour l’heure, elle semble moins enthousiaste que son prédécesseur, Vytenis Andriukaitis.

Supporters

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER