Sida/VIH [FR]

Le sida/VIH continue de sévir non seulement dans les pays en développement mais également en Europe. Le nombre de cas de VIH signalés dans les Etats membres de l’UE a doublé depuis 1998 et pour la moitié, les nouveaux cas touchent les 15-25 ans. De nombreuses initiatives européennes sont destinées à sensibiliser le public et à accroître les connaissances sur les questions relatives au sida/VIH tout en apportant de l’aide au Tiers-Monde.

Au cours d'une conférence de haut niveau sur le sida qui s'est tenue en septembre 2004, les ministres de la santé, les spécialistes du sida, la société civile et l'industrie se sont engagés à coordonner leurs efforts sur le continent afin de combattre la maladie. La "Déclaration de Vilnius" approuve un ensemble de mesures comme l'accélération des procédures d'autorisation des nouveaux médicaments et des vaccins, afin de lutter contre l'épidémie grandissante du VIH/sida.

La communication de la Commission adoptée en décembre 2005 présente les principales démarches de l'action européenne visant à combattre le VIH/sida au sein de l'UE et dans les pays voisins pour la période 2006-2009.

L'action européenne dans les pays en développement se développe autour de deux autres communications, d'un programme d'action visant à combattre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose à l'aide d'une action extérieure (2007-2011) et d'un cadre politique européen cohérent pour l'action extérieure visant à combattre ces maladies dans les pays en développement.

D'après les dernières statistiques sur les cas d'infections du VIH signalés dans les pays européens, le nombre de cas a presque doublé entre 1998 et 2005. Le nombre de cas signalés en Estonie est deux fois supérieur à celui des autres Etats membres et le nombre de nouvelles infections relevées au Portugal est également supérieur à la moyenne européenne. Si les relations hétérosexuelles constituent le mode de transmission le plus courant, dans de nombreux cas, une augmentation rapide du nombre d'infections est due à la consommation de drogue par voie intraveineuse, 50% des cas dernièrement signalés touchant des jeunes entre 15 et 25 ans.

Combattre le sida/VIH au sein de l'UE et dans les pays voisins

La communication de la Commission sur la lutte contre le VIH/sida dans l'Union européenne et les pays voisins 2006-2009 (décembre 2005) présente les lignes principales de l'action actuelle de l'UE. Elle met l'accent sur le soutien des activités visant à combattre le problème au niveau national et sur la prévention par le biais de campagnes de sensibilisation au niveau européen.

La sensibilisation est véritablement nécessaire. L'Eurobaromètre sur la prévention du sida révèle en effet que les jeunes personnes ont de moins en moins conscience du problème du sida/VIH. De plus, selon le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM), un tiers des Européens infectés ne savent pas qu'ils sont séropositifs. L'étude montre également que malgré des niveaux de connaissance généralement élevés vis-à-vis de l'épidémie, les citoyens des nouveaux Etats membres sont plus susceptibles d'être mal informés. 

Les ministres européens de la santé ont conclu, en juin 2006, que les principales initiatives visant à enrayer la propagation de l'épidémie étaient : la prévention, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, la relance des campagnes d'information, la facilité et l'égalité d'accès aux traitements, la lutte contre la prostitution et le trafic de stupéfiants, l'investissement dans la recherche de nouveaux traitements et de vaccins.

Combattre le sida/VIH dans le monde en développement

L'UE soutient les interventions portant sur les trois principales maladies liées à la pauvreté dans les pays en développement, à savoir le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose. Un programme thématique apporte une aide financière aux actions innovantes, qui complètent les autres programmes de la Commission. Dans l'ensemble, il s'agit de maximiser l'impact des interventions existantes, de rendre abordables les médicaments et les diagnostics essentiels et d'encourager la recherche et le développement des vaccins, des microbicides et des traitements innovants. 

Réponse des entreprises

Le sida/VIH affecte particulièrement les économies des pays en développement. Selon une récente étude portant sur l'impact du VIH/sida sur l'économie mondiale, près de la moitié des entreprises s'attendent à ce que le sida/VIH menace leur activité dans les cinq prochaines années. A travers le monde, 46% des entreprises font état de quelques impacts actuels et futurs de la maladie. Toutefois, cette même étude révèle que près des 3/4 des entreprises n'ont pas mis en place de politiques relatives au sida/VIH, à l'exception des pays où au moins 20% de la population sont porteurs du virus du sida.

Au niveau régional, les entreprises d'Afrique sub-saharienne sont les plus concernées, tous secteurs confondus. Si la plupart des politiques des entreprises mettent l'accent sur la prévention du VIH, le traitement antiviral du sida est moins courant. 

L'initiative mondiale en faveur de la santé du Forum économique mondial, le plus grand réseau du secteur public-privé dans le domaine de la santé, a été lancée en 2002 dans le but d'engager les entreprises dans des partenariats public-privé visant à lutter contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. 

La Commission a entamé une collaboration notamment avec la Coalition mondiale des entreprises (une alliance réunissant près de 200 entreprises internationales destinée à lutter contre l'épidémie du sida) et l'industrie pharmaceutique afin de définir les domaines de coopération.

L'agent de liaison entre l'UE et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), Denis Haveaux, a indiqué : "Au niveau des actions pour le VIH/sida, dans la région de l'Europe, l'accent doit être mis en priorité sur les programmes de prévention pour les groupes vulnérables (non seulement sur l'existence de ces programmes, mais également sur leur viabilité). Il est très important que tous les jeunes de 12 à 25 ans aient accès aux programmes de prévention, en particulier les groupes les plus vulnérables. La maladie sévit de plus en plus chez les jeunes hommes homosexuels en raison du manque d'information et de l'acceptation de comportements à risque".

Il a ajouté : "Quant aux pays en développement, l'UE a deux rôles à jouer : utiliser l'importante quantité d'argent à sa disposition pour la politique de développement pour assurer la viabilité de ses programmes de lutte contre le sida/VIH et promouvoir les valeurs qui font débat. Les entreprises ont également un grand rôle à jouer. Toutefois, notre attention ne se porte pas vraiment sur l'Europe, mais plutôt sur les Etats-Unis et le monde anglo-saxon, où de grandes coalitions d'entreprises luttent contre le sida/VIH".

Selon une récente étude portant sur l'impact du VIH/sida sur l'économie mondiale, "les entreprises améliorent considérablement leur partenariat avec les gouvernements, les organisations multilatérales et les communautés dans la lutte mondiale contre le VIH/sida. Les programmes de prévention et de formation sur le lieu de travail sont maintenant largement répandus, mais les efforts pour collaborer avec les fournisseurs, faire plein usage des cadres dirigeants et élargir les interventions aux marchés émergents appellent encore une réponse effective".

L'étude montre que les entreprises perçoivent le sida/VIH à la fois comme une question stratégique et comme une question de responsabilité sociale, leur réponse varie à l'échelle des régions, de l'industrie et des entreprises.

Selon Dr. Kate Taylor, directeur de l'initiative mondiale pour la santé du Forum économique mondial (FEM), "trop peu d'entreprises répondent de manière proactive aux menaces sociales commerciales liées au sida/VIH". 

L'une des brasseries les plus influentes, SABmiller, a déclaré : "En tant qu'entreprise multinationale comptant en Afrique, nous avons connaissance des attentes suscitées en matière de solutions humaines et solides pour vaincre la maladie et atténuer son impact à travers notre sphère d'influence et nos activités dans le monde". Le sida/VIH affecte les entreprises en termes de disponibilté des employés ainsi que de santé et de bien-être des consommateurs. Il a précisé la position officielle de SABmiller : "L'étendue de la pandémie du sida/VIH et les conséquences socio-économiques afférentes ont conduit SABmiller à faire de ce problème une priorité pour ses activités et sa réputation". Toutes les filiales de SABmiller doivent évaluer sur une base annuelle le niveau de risque interne lié au sida/VIH et transmettre ces informations au département du développement durable de SABmiller.

L'ancien secrétaire général des nations unies, Kofi Annan, a déclaré : "Le sida n'est néfaste pour les économies que parce qu'il tue des personnes à la fleur de l'âge. L'épidémie a tendance à sévir, notamment au début, dans les centres villes, chez les personnes les plus qualifiées, les élites dirigeantes et les membres les plus productifs de la société. Ces pertes entraînent une baisse des profits dans les entreprises et les économies. Il existe déjà plusieurs exemples de l'immense impact de l'action des entreprises sur la lutte contre le VIH/sida. Ils existent à la fois sur le lieu de travail, l'un des espaces de formation les plus efficaces, idéalement positionnée pour être en contact avec la population, et au niveau mondial, à travers la sensibilisation, le soutien en nature, les partenariats et les donateurs directs".  

L'initiative internationale pour un vaccin contre le Sida (IAVI), un partenariat public-privé non lucratif travaillant à accélérer le développement d'un vaccin contre le sida, considère que l'UE et ses Etats membres peuvent contribuer de manière significative à la découverte d'un vaccin contre le virus, possible selon l'IAVI, à travers davantage de contribution et de flexibilité dans l'utilisation des fonds destinés à la recherche et au développement d'un vaccin contre le sida.

L'IAVI soutient que le système actuel de collecte de fonds de la Commission met l'accent sur la recherche de base mais n'est pas assez flexible pour soutenir les efforts de développement de produits ou les besoins qui apparaissent au cours du processus de développement. L'initiative recommande également de soutenir davantage les partenariats public-privé internationaux concernant le développement de produits et d'encourager l'engagement du secteur industriel.

Selon ActionAid International, qui appelle à transformer les engagements politiques en mesures concrètes, "il est très clair depuis vingt ans que la pandémie du VIH/sida devance la réponse mondiale". L'organisation met également en évidence la nécessité de garantir le droit des populations pauvres, exclues et vulnérables d'exiger de leurs gouvernements des mesures et d'encourager le leadership des femmes pour répondre concrètement au VIH/sida.

Stop Aids Alliance, un partenariat entre International HIV/AIDS Alliance et Stop AIDS Now! fait de l'accès au traitement l'un de ses champs d'actions politiques clés. L'alliance soutient que la "politique européenne ne semble pas clairement engagée dans la question de la distribution des traitements".

  • Mai 2006: le président de la Commission José Manuel Barroso appelle  le secteur privé à augmenter son soutien à la lutte contre le VIH/sida. 

  • 30 novembre 2006 : Le Parlement adopte une résolution sur le sida.

  • Jan. - juillet 2007 : La présidence allemande fait de la prévention du VIH/sida l'une des priorités en matière de santé.

  • 20-26 mai 2007Semaine mondiale de lutte contre le VIH/sida.

  • 24 avril 2007: le Parlement adopte une résolution sur la lutte contre le VIH/sida dans l'UE et ses pays voisins pour la période 2006-2009. Les parlementaires européens, entre autres points, appellent la Commission à évaluer les possibilités pour établir des partenariats publics/privés au sein des pays voisins pour promouvoir la lutte contre l'épidémie.

  • Mars 2007 : Tenue de la conférence  ministérielle portant sur la prévention contre le sida et intitulée "Partenariat et responsabilité – Ensemble contre le HIV/sida". Les participants à la conférence ont convenu d'élaborer la "Déclaration de Brême", s'engageant à s'unir pour combattre l'épidémie à l'échelle mondiale.

  • 23 oct. 2007: la Commission adopte une nouvelle stratégie européenne en matière de santé pour la période 2008-2013. Un des principes de base de la stratégie est de renforcer la présence européenne dans la santé au niveau mondial en ce qui concerne les maladies transmissibles comme le VIH/sida.

  • 1er déc. 2007: Journée mondiale de lutte contre le sida 

  • Une récente campagne de l'UE intitulée "AIDS-remember me?" rappelle instamment, aux jeunes en particulier, que le VIH/sida "n'est toujours pas vaincu".

 

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