La fuite des capitaux entrave le développement du continent africain

D’après un rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, la fuite des capitaux a été estimée à 88,6 milliards de dollars en moyenne pour la période 2013-2015, soit environ 3,7 % du PIB africain.

D’après un rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, la fuite des capitaux a été estimée à 88,6 milliards de dollars en moyenne pour la période 2013-2015, soit environ 3,7 % du PIB africain.

Le document publié lundi (28 septembre) par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) indique qu’« aux fins de l’adaptation aux changements climatiques et de l’atténuation de leurs effets d’ici à 2030, l’Afrique subsaharienne a besoin de 2 457 milliards de dollars, soit 60 milliards de dollars par pays en moyenne ».

« Ces flux illicites privent l’Afrique et ses habitants de perspectives d’avenir, compromettent la transparence et la responsabilité et sapent la confiance dans les institutions africaines », a soutenu Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la CNUCED.

Selon le rapport, une amélioration en matière de transparence et la coopération entre les administrations fiscales au niveau mondial et sur le continent sont primordiales afin de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales. De plus, le Forum africain sur l’administration fiscale pourrait servir de plateforme pour la coopération régionale parmi les pays africains.

En 2014, l’Afrique a perdu 9,6 milliards de dollars au profit des paradis fiscaux, soit 2,5 % du total de ses recettes fiscales.

La perte de recettes fiscales au profit des flux financiers illicites (FFI) est particulièrement coûteuse pour l’Afrique. En 2014, on estime que l’Afrique a perdu 9,6 milliards de dollars au profit des paradis fiscaux, soit 2,5 % du total de ses recettes fiscales.

Toutefois, les FFI liés à l’exportation de produits extractifs (40 milliards de dollars en 2015) sont la principale composante de la fuite illicite de capitaux hors d’Afrique.

L’Union africaine (UA) a commencé à élaborer ses propres feuilles de route concernant les FFI, mais leur portée est encore limitée.

Parallèlement, l’UE continue de lutter contre ces FFI qui sapent sa propre assiette fiscale. Pour ce faire, elle a déjà révisé à maintes reprises son cadre légal relatif à la lutte contre le blanchiment d’argent et a présenté des plans afin de mettre en place une autorité de surveillance européenne. Cependant, le bloc ne privilégie pas ces actions dans le cadre de ses efforts en faveur du développement international.

L'accord « post-Cotonou » est à portée de main

L’accord longuement reporté devant succéder à l’accord de Cotonou conclu entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) devrait se concrétiser d’ici à la fin de l’année.

En outre, le rapport indique que, dans les pays africains où les FFI sont élevés, les gouvernements dépensent 25 % de moins pour la santé que les pays où les FFI sont faibles et 58 % de moins pour l’éducation.

« Le fait demeure que les flux financiers illicites proviennent souvent de pays où les ressources disponibles pour financer le développement sont maigres, les réserves de change sont épuisées, le montant des recettes recouvrables est en forte baisse, l’impôt n’est pas intégralement acquitté ou l’évasion fiscale est pratiquée et les investissements entrants sont faibles », a évoqué le président du Nigéria, Muhammadu Buhari.

Le document appelle également les pays africains à renforcer leur engagement dans la réforme de la fiscalité internationale.

Plusieurs conventions fiscales bilatérales sont désormais rouvertes à la négociation entre les pays européens et africains. Les acteurs militant dans ce sens perçoivent ces discussions comme une chance d’établir une nouvelle fois des traités et d’assurer que les gouvernements africains puissent prélever des impôts auprès de sociétés dont les activités se déroulent dans leur pays.

La « liste noire et grise » des pays vraisemblablement impliqués dans des affaires de fraude fiscale publiée récemment par la Commission européenne rassemble plusieurs pays africains, à leur grand désespoir.

Le Groupe des 77 (G77) des pays en voie de développement a demandé que les responsabilités en matière de politique fiscale soient confiées à un nouvel organe fiscal de l’Organisation des Nations Unies au sein duquel ils seraient représentés.

Le rapport susmentionné a été publié peu de temps avant la tenue d’une série de visioconférences organisées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale le mois prochain, lors desquels l’UE et les pays du G20 devraient demander l’octroi d’aides financières supplémentaires pour les pays en voie de développement les plus touchés par la pandémie de SARS-CoV-2.

La semaine dernière, le Tchad et la Zambie ont souligné qu’ils accuseraient un retard de paiements commerciaux, tandis que d’autres Etats africains présentent un risque de surendettement en raison des répercussions du virus.

« L’endiguement des FFI implique la prise de mesures clés pour les gouvernements concernés, surtout en Afrique, afin de produire les ressources financières nécessaires pour amoindrir la crise économique engendrée par le Covid-19 », a déclaré Alvin Mosioma, directeur de Tax Justice Network Africa.

En octobre, le G20 devrait alléger la dette des pays en voie de développement, y compris en Afrique, et ce, au moins jusqu’à la fin de l’année 2021.

Le Covid-19 entrave la stratégie de l’UE avec l’Afrique

Les discussions sur un nouveau partenariat UE-Afrique s’enlisent en raison du SARS-CoV-2, a admis le responsable des affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, lundi (21 septembre), alors qu’un sommet crucial entre les deux parties a été reporté à 2021.

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