Appels de scientifiques pour les biotechs en Afrique

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Des scientifiques européens et africains réunissent leurs forces pour soutenir toutes les nouvelles technologies, y compris OGM, pour l'agriculture africaine.

Les scientifiques du Réseau des académies des sciences d'Afrique (NASAC) et l'European Academies Science Advisory Council (EASAC) ont déclaré que la biotechnologie agricole, dont font partie les OGM, contribuent au développement d’une agriculture durable et apporteraient aux populations du continent africain les aliments dont elles ont besoin. Les régions où l'insécurité alimentaire est la plus forte se trouvent en effet en Afrique.

Les scientifiques ont demandé une augmentation du nombre d'études menées par les pays africains dans la biotech agricole, selon un communiqué publié à l'issue de la réunion à Addis Abeba (Éthiopie) qui a eu lieu le 27 février dernier.

Fatima Denton, responsable du Centre pour les politiques en matière de climat à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, a indiqué : « L'agriculture africaine est de plus en plus vulnérable aux changements environnementaux à cause de la variabilité du climat et du changement climatique. Dans ce domaine, la biotechnologie pourrait permettre de cultiver des variétés résistantes aux insectes, qui puissent aussi consommer moins d'eau et moins d'engrais. »

Lors de l’atelier, les participants ont discuté des études actuelles sur la biotechnologie menées par des scientifiques africains, comme l'amélioration de la teneur en vitamine des récoltes.

« La domestication des espèces locales à moindres coûts »

Patrick Worms, conseiller scientifique principal au Centre mondial de l'agroforesterie, a expliqué à EURACTIV qu'une variété de mesures devraient être prises afin de garantir un approvisionnement en nourriture suffisant à une population en croissance constante, tout en luttant contre le changement climatique.

« Nous allons avoir besoin de la biotechnologie, de l’agroécologie et de l’agroforesterie. Nous allons également avoir besoin d'engrais, d'irrigations, de tracteurs et [de toutes les innovations de] la science en vue d’apporter une solution au problème», a-t-il assuré.

Il a ajouté que le recours au savoir local sur les variétés végétales pourrait être moins coûteux sur le long terme que l'achat d'aliments de base aux Occidentaux.

« Ces cultures, dont nous dépendons tous, comme le maïs, le blé, le riz, ont déjà été développées pendant des milliers d'années et sont très différentes des variétés sauvages. Elles sont déjà aussi proches que possible de la perfection et du potentiel qu’offre la technologie existante », a-t-il ajouté.

« Mais, si nous nous focalisons trop sur nos ressources scientifiques derrière cette approche, nous abandonnons alors une solution bien plus rentable qui est pourtant devant nous. La domestication de centaines d'espèces, qui sont actuellement cultivées dans l'habitat sauvage, pourrait dès lors être précieuse pour garantir la sécurité alimentaire », a ajouté M. Worms.

L'expert en agroforesterie a cité l'exemple du baobab, l'arbre « emblématique » du continent africain. « Cet arbre n'a pas été cultivé par l’homme. Or, ses fruits et ses feuilles présentent des apports nutritionnels à faire pâlir les avocats et les oranges, en termes de teneur en micronutriments, de vitamines, etc. »

Le ministre allemand de la Recherche et de l'Enseignement ainsi que l'UN-ECA ont financé l'atelier qui s’est tenu à Addis Abeba la semaine dernière.

La NASAC et l'EASAC coopérèrent également sur d'autres dossiers problématiques sur le continent africain, comme la gestion de l'eau, le changement climatique et la santé.

Selon les estimations, la population africaine devrait atteindre 1,8 milliard d'ici 2050. Dans ce contexte, il faudrait produire deux fois plus de nourriture chaque année afin d'éviter une famine à grande échelle.

La production alimentaire par habitant est toutefois en déclin depuis les années 1960 et les rendements agricoles pour les céréales ont stagné en comparaison de l'Asie du Sud, l'Amérique latine et l'Asie de l'Est.

Selon le Centre mondial de l'agroforesterie, un certain de nombre de contraintes sont présent dont : le manque de fertilité des sols, la baisse d'approvisionnement en fumier, les sécheresses provoquées par le changement climatique et l'instabilité politique. Moins d’agriculteurs sont enclins à investir dans des solutions à long terme par peur de l’accaparement des terres, une pratique courante dans la région subsaharienne.

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