Chololo, symbole de réussite d’un nouveau modèle d’aide au développement

Raheli Nyangusi, du village de Kikombo, face à une maison qu’elle a construite grâce au projet. Les arbres plantés sont adaptés à la région et elle cuisine sur un poêle, réduisant de moitié sa consommation de bois et protégeant ainsi les poumons des habitants de la maison contre la fumée des feux. [Jorge Valero]

Le succès d’un projet communautaire en Tanzanie semble remettre en cause le modèle traditionnel d’aide au développement.

Johanes, Magdalena, Lucinety, Dina et Charles ont récemment monté une nouvelle entreprise appelée le Kikombo Youth Group. Leurs espoirs, du moins sur le court terme, reposent sur une petite boite avec trois lignes de mini panneaux solaires dessus et un tas de câbles pouvant charger presque tous les types de smartphones actuellement sur le marché.

« Nous nous sommes inspirés de l’histoire racontée par notre professeur sur l’un de ses étudiants, qui a reçu une formation sur l’énergie solaire et tient désormais son propre magasin », explique Charles Zakayo.

Ils vendent ce petit appareil artisanal 15 000 schillings (5,70 €), soit une fraction du prix d’un chargeur de téléphone sur Amazon.

L’aventure de ces jeunes Tanzaniens se déroule à des milliers de kilomètres de toute grande capitale technologique de la planète. La scène, qui se déroule à Kikombo, un village poussiéreux de la région de Dodoma, est aussi à mille lieues du sommet UE-Afrique qui a lieu le même jour.

Dodoma est la région la plus pauvre de Tanzanie, l’un des pays les moins développés du monde. Pendant que les dirigeants africains et européens discutent des opportunités à offrir aux jeunes africains pour freiner leur arrivée en Europe, ces jeunes ne songent pas une seconde au départ, tout accaparés par leur entreprise, comme le souligne le chef du projet, Steve Boustred, du Mouvement de l’agriculture biologique de Tanzanie.

Les membres du Kikombo Youth Group avec leur chargeur solaire portable. [Jorge Valero]

Alors que charger son téléphone portable dans des magasins coute 300 schillings (0,10 €), ils offrent ce service gratuitement. À terme, ils prévoient d’acheter plus d’outils et de matériel pour continuer à fabriquer leurs chargeurs.

« Nous pourrions aussi vendre les boites plus cher, car tout le monde n’a pas accès au réseau électrique, mais nous avons préféré maintenir ces prix, et nous faisons tout de même 5 000 schillings (1,90 €) de profit par boite », explique Lucinety Musa.

Ce groupe formé de jeunes est le plus récent succès dérivé d’un projet financé par l’UE et lancé il y a quelques années dans le village voisin, Chololo.

Une communauté vibrante

À première vue, les raisons de vouloir quitter Chololo, Kikombo ou tout autre village de la région sont multiples. Les baobabs desséchés de ce paysage semi-aride illustrent avec force les conditions de vie difficiles. Dans cette immensité vide, la pénurie est partout.

Pourtant, à y regarder de plus près, Chololo vibre de toute part. Le village et ses 5 000 habitants, vit actuellement un boom de construction, signe le plus visible de la transformation radicale qui a lieu depuis 2011.

Cette année-là, un projet financé par l’UE a permis d’apporter des petites améliorations dans des domaines clés du quotidien des villageois, comme l’agriculture, la gestion de l’eau, la foresterie ou l’élevage.

Ce projet communautaire et à petit budget a bouleversé Chololo. Les familles qui auparavant luttaient pour survivre à la saison sèche construisent désormais de nouvelles maisons et jouissent de privilèges auxquels même les Tanzaniens des zones urbaines n’ont pas accès.

Keneth Manyoto est l’un des agriculteurs ayant amélioré la qualité de son bétail grâce à un programme de croisement génétique. Aujourd’hui, ses chèvres pèsent jusqu’à 30 kg en seulement six mois, contre 20 kg en deux ans dans le passé. Non seulement son bétail grandit plus vite, mais ses bêtes sont aussi plus nombreuses, car elles donnent souvent naissance à des jumeaux.

Keneth Manyoto gagne deux fois plus d’argent qu’avant par chèvre : 80 000 schillings (30 €), soit le montant qu’il dépense pour suivre les ligues de football espagnole et italienne grâce à l’antenne qui se trouve devant chez lui.

L’ancien ambassadeur de l’UE en Tanzanie, Tim Clarke, voulait construire des éco-villages pour rendre les communautés résistantes au changement climatique. Chololo a fait de son rêve une réalité.

« Nous avons lancé un appel à propositions en partant du principe que les bonnes personnes, dotées des bonnes technologies peuvent impulser une véritable révolution », avait-il déclaré en 2013, faisant référence au livre Small is beautiful : une société à la mesure de l’homme, de l’économiste Ernst Friedrich Schumacher.

En 2013, l’impact du projet était déjà visible dans le quotidien des quelque 400 familles ayant décidé de rejoindre le programme. Aujourd’hui, Chololo est le symbole d’une réussite inconditionnelle.

Le risque n’est plus le manque de ressources, mais comment les gérer de manière rationnelle et éviter une version locale du syndrome de richesse. « Les ressources sont dépensées sagement », affirme Francis Njau, responsable du projet et maître de conférences à l’Institut de planification du développement rural.

La formule gagnante

La clé de la réussite du projet semble être l’inverse de ce que font les donateurs internationaux depuis des années, en versant des milliards d’euros d’aide au développement.

Des sommes astronomiques sont souvent dépensées, négligeant dans la plupart des cas les conditions locales ou le mode de vie des communautés.

Mais Chololo s’est révélé seulement après de longs et laborieux échanges de points de vue avec les villageois pour connaître leur vie et leurs besoins, puisqu’ils n’étaient pas seulement les bénéficiaires de ce projet, mais les principaux acteurs.

Des femmes à Kikombo récupèrent de l’eau d’une pompe alimentée par de l’énergie solaire. [Jorge Valero]

Environ 630 000 euros de fonds européens ont été alloués au village. Et plusieurs organisations locales étaient impliquées dans le projet, chacune apportant leur expertise sur un sujet. Leur coopération, parfois chronophage, a clairement fait la différence avec l’approche isolée des ONG concurrentes, monnaie courante dans l’aide au développement.

Prise de vitesse

Il y a deux ans, le projet est entré dans une nouvelle phase pour voir si l’approche basée sur la communauté pouvait se diffuser et croître et remplacer sérieusement le modèle de développement traditionnel et descendant.

Après la visite des trois villages où le projet s’est étendu (Kikombo, Miganga et Idifu) et la rencontre avec plus de 40 personnes, dont des bénéficiaires et des agriculteurs non participants, il est clair que le projet chamboule la vie de ces communautés.

Aucun autre endroit ne reflète aussi bien les changements en cours que Miganga. « C’est le village le plus pauvre avec lequel nous travaillons actuellement. Chololo était comme ça quand nous avons commencé en 2011 », rappelle Gerald Msanja, qui travaille pour MAMADO, une organisation de gestion de l’eau impliquée dans le projet.

Les villageois, vêtus de vêtements déchirés marchent entre les petites maisons en argile. Ces personnes sont dans l’extrême pauvreté, puisque les organisations choisissent les communautés les plus vulnérables au changement climatique.

« Avant l’arrivée du programme, je ne faisais qu’errer. Je n’avais pas de plan et une très faible qualité de vie », raconte Johnny Gaile.

Gerald Msanja, membre de MAMADO, Joyce Wilson et Johnny Gaile à Miganga. [Jorge Valero]

Durant la saison sèche, il passait la plupart de la journée à végéter et à boire dans le bar local. Désormais, il se réveille tôt pour travailler dans ses champs de sorgho et de millet perlé, deux des céréales les plus communes de la région. Il a aussi planté des arbres, des patates douces, des tournesols et prépare ses terres pour y planter des vignes à la saison prochaine.

Le programme lui donne donc une certaine discipline. « Je me tue à la tâche », dit-il avec un grand sourire, dévoilant des rides profondes sur son visage.

Johnny Gaile est aussi devenu un fournisseur des nouvelles semences. Les variétés à pollinisation libre (non génétiquement modifiées) ont été apportées par le projet et ont considérablement accru la sécurité alimentaire des participants.

La transformation légendaire de Chololo a joué un rôle dans l’expansion du projet à travers la région.

Miza Chiwanga est l’une des premières personnes à avoir rejoint le projet en 2011 à Chololo. Elle se rappelle qu’une amie d’un village voisin était venue lui rendre visite et voulait lui acheter certaines de ces semences résistantes au changement climatique. Miza Chiwanga a donc décidé de se rendre dans le village de son amie et dans deux autres avec les semences en question et a appris aux habitants à utiliser les techniques apportées par le programme (alternance de récoltes, aménagement en terrasse, alignement des cultures).

À Miganga, Joyce Wilson a entendu parler de Chololo, car sa petite sœur s’est mariée à Kikombo, le village le plus proche de Chololo et premier endroit où s’est étendu le projet. La transformation miraculeuse du village s’est rapidement répandue par le bouche à oreilles.

Quand le projet est arrivé à Miganga, « je n’avais qu’une hâte, c’était de participer », raconte-t-elle. Malgré des terres et du bétail à sa disposition, Joyce Wilson avait du mal à finir l’année. Elle récoltait environ 20 sacs de ses cultures et arrivait à peine à envoyer ses six enfants à l’école.

Aujourd’hui, elle récolte 50 sacs et non seulement elle arrive à payer les frais de scolarité, mais elle s’est construit une nouvelle maison.

Joyce Wilson devant sa nouvelle maison à Miganga. [Jorge Valero]

Les constructions cimentées se sont rapidement multipliées dans la région et permettent de visualiser l’impact du projet et l’amélioration des conditions.

La maison en brique de son voisin, Asheli Mroha, montre qu’il était l’un des habitants les plus aisés de Miganga. Assis sur une chaise en plastique devant la façade craquelée, il reconnaît que ses beaux jours sont derrière lui.

« Au début, je n’ai pas rejoint le projet, car c’était beaucoup de travail », explique-t-il. Puis il a été invité à la réunion annuelle lors de laquelle les chefs de projet rencontrent les villageois participants et non participants pour évaluer les progrès. « J’ai vu que des personnes de mon âge pouvaient le faire, alors j’ai décidé de me lancer ».

Pour lui et les autres, le changement climatique a joué un rôle fondamental, car il devient de plus en plus dur de survivre dans cette région de la Tanzanie.

Le temps, une ressource

L’eau et le bois de chauffage sont sans doute les indicateurs les plus clairs des conséquences néfastes du réchauffement climatique. Habituellement, les femmes quittent leur maison vers 5 heures du matin pour trouver ces ressources. Aujourd’hui, elles doivent parfois passer toute la nuit à l’extérieur pour trouver ce dont elles ont besoin.

Par conséquent, le temps est devenu une ressource aussi précieuse que l’argent dans la région. Ainsi, lorsque quelques pompes à eau alimentées à l’énergie solaire et poêles en terre cuite, capables de réduire de moitié le bois de chauffage nécessaire, ont été installés, il s’en est suivi une impressionnante réaction en chaine.

« La santé de nos enfants s’est améliorée parce que nous avons maintenant le temps de les emmener à l’hôpital », explique par exemple Atanasio Mnyepembe, du village d’Idifu.

L’utilisation des nouveaux poêles, dont la fumée est directement expulsée hors des foyers, pour cuisiner a aussi permis de réduire considérablement les complications respiratoires.

Atanasio Mnyepembe se réjouit également de la résolution de certains de ses problèmes de couple, à présent que sa femme n’est plus obligée de passer ses nuits dehors. « Maintenant, nous avons plus de temps pour partager et planifier ensemble », assure-t-il.

Son épouse, Yunis Msat, profite quant à elle toujours du temps passé avec ses amies, surtout qu’il s’agit à présent de « se relaxer et de rafraichir nos esprits dans le salon », explique-t-elle.

Les femmes à l’avant-garde

Les femmes jouent un rôle décisif dans le projet. Elles sont en effet parmi les premières convaincues et enthousiasmées par le principe, et deviennent ainsi ambassadrices et coordinatrices des innovations qui arrivent dans leurs villages.

Cette autonomisation des femmes a également eu un impact au sein des foyers. En raison du manque d’éducation et de sensibilisation, Atanasio Mnyepembe estimait à tort que sa femme ne respectait pas leur mariage quand elle passait la nuit dehors, admet-il. Et malgré son dur labeur, elle n’avait pas le droit d’économiser de l’argent pour elle-même. Tout cela a cependant changé.

La liste des retombées positives prévues ou inattendues du projet est sans fin. Elle comprend à la fois le Kikombo Youth Group et des activités comme la production de cuir et de lait afin d’extraire plus de valeur possible du bétail.

Dans le passé, les agriculteurs n’auraient jamais rêvé de produire du lait, car leurs chèvres locales n’en étaient pas capables. L’amélioration du bétail illustre le défi de l’intensification. Il faut pas mal de temps pour générer un croisement de chèvres mâles de races croisées adapté à l’environnement.

Ce n’est pourtant pas le seul défi. Dans certains villages, comme Miganga, la pénétration du projet parmi les villageois n’est que d’environ 60 %, explique son président, Lazalo George Chityau. Certains habitants ont dû mal à comprendre la technologie, alors que d’autres trouvent que ce travail est trop lourd.

Quelques habitants qui ne participent pas au projet se tiennent à l’entrée d’Idifu. [Jorge Valero]

Comme des applis

D’autres obstacles s’élèvent devant le projet et ses bénéficiaires. « La philosophie de planification et d’implication ascendante est absolument essentielle. C’est la philosophie qui sous-tend l’évolution de la décentralisation », assure Donald Mmari, directeur exécutif de REPOA, un important groupe de réflexion tanzanien.

Ces efforts auprès de la base s’inscrivent dans le cadre du paradigme du développement national. On pourrait visualiser les projets communautaires comme des applications dans un smartphone. Leur impact peut être amplifié ou entravé par l’économie nationale ou le contexte politique plus large. Même les applications très réussies ont besoin d’une plateforme de support et d’un système d’exploitation adaptés.

« Malheureusement, le contexte dans lequel s’inscrit cette décentralisation a rendu très difficile la réalisation de ces résultats », explique Donald Mmari.

En Tanzanie, les ressources disponibles pour créer les infrastructures de base sont limitées, et les fonctionnaires au niveau régional manquent de compétences pour exécuter ou suivre de tels projets. C’est un « grand pays disposant d’une base de développement très faible », résume le directeur de REPOA.

Il faut en outre composer avec la corruption, un élément très problématique et étendu à tous les niveaux de pouvoirs. Le président actuel, John Magufuli, a fait de la lutte contre la corruption sa priorité absolue. Pour lui, il s’agit d’une étape essentielle pour mener la Tanzanie au statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2025.

« Nous sommes littéralement à la croisée des chemins dans le pays. Nous voyons des choses positives, la paix et la stabilité, l’engagement des présidents à lutter contre la corruption. Mais la corruption au niveau local, le manque d’espace pour la presse, les partis politiques et la société civile, ainsi qu’un climat commercial nuisant aux investissements, suscitent de sérieuses inquiétudes », explique le chef de la délégation de l’UE en Tanzanie, Roeland Van de Geer.

Ce diplomate, qui a notamment été ambassadeur au Mozambique et en Afrique du Sud, n’est pas tout à fait convaincu que le pays pourra atteindre une croissance annuelle de 7 % du PIB nécessaire au cours des 25 prochaines années pour atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire.

En outre, la vision grandiose de John Magufuli risque d’être écrasée par son propre personnage. « C’est le plus autoritaire des présidents tanzaniens », a déclaré l’ambassadeur, qui le connaît personnellement.

Le chef de la délégation de l’UE en Tanzanie, Roeland Van de Geer. [Jorge Valero]

« Il veut absolument ce qu’il y a de mieux pour le pays, mais il doit contrôler sa colère. Aujourd’hui, son entourage a peur de discuter avec lui. Il doit donner plus de place à ses ministres », a-t-il ajouté.

Le printemps dernier, le président a licencié près de 10 000 fonctionnaires pour possession de faux diplômes. Or, estime Roeland Van de Geer, certains d’entre eux faisaient probablement du bon travail, et auraient donc dû se voir offrir un moyen de régulariser leur situation.

Pénurie de compétences

Le principal défi de la Tanzanie est là. Le pays regorge de ressources naturelles, dont un grand nombre des principaux sites touristiques d’Afrique : le Kilimandjaro, le Serengeti, le cratère de Ngorongoro, Zanzibar et le lac Victoria.

Pour transformer le pays en une plateforme facilitant la transmission des leçons de Chololo, il manque cependant cruellement de compétences. Pour Roeland Van de Geer, « le problème des compétences est souvent plus grave ici que dans d’autres pays africains ».

« Notre principal défi est notre déficit d’infrastructure », souligne John Mmari. Dans le cas des compétences, le déficit est « malheureusement significatif ». Or, « aucun pays au monde ne peut se développer sans éducation et sans compétences ».

À près de 10 000 mètres d’altitude, Adam Kimbisa, membre éminent du parti au pouvoir, Chama Cha Mapinduzi, admet les difficultés de transformation du pays. Mais il est convaincu que les efforts du président porteront leurs fruits. « Le pays est vraiment en train de changer », a-t-il assuré aux journalistes pendant un vol entre Dar es-Salaam et Dodoma.

Après une carrière intense incluant la direction de la Croix-Rouge en Tanzanie et le majorat de Dar es-Salam, il combine aujourd’hui son mandat de membre du Parlement d’Afrique de l’Est avec son nouveau projet d’appui aux agriculteurs de Dodoma.

C’est en effet dans cette région que se trouve en quelque sorte l’avenir du pays. Une chance pour Chololo.

D’une manière inattendue, l’attitude autoritaire du Président Magufuli pourrait être un atout majeur pour l’autosuffisance du projet d’écovillage lorsque le soutien de l’UE prendra fin, en 2019.

Chololo n’est qu’à quelques kilomètres de la zone choisie pour la résidence présidentielle et le quartier diplomatique, puisque Dodoma devient enfin la capitale du pays, après des années de négligence.

John Magufuli a donc forcé les ministres et les fonctionnaires à déménager à la hâte de Dar es-Salaam vers la ville en pleine croissance avant fin 2017.

« Pour les responsables du projet, ce sera l’occasion de passer le flambeau aux autorités. C’est pourquoi nous travaillons avec eux depuis le début », déclare Francis Njau avec un grand sourire.

Et Francis Njau a encore une carte à jouer. Non seulement les ministres sont conscients du « miracle de Chololo », mais le président lui-même pourrait venir inaugurer au printemps prochain l’usine de cuir créée à Idifu dans le cadre du projet.

L’industrie du cuir est non seulement l’une des premières retombées positives du projet, mais aussi l’un des secteurs clés du plan à long terme de John Magufuli.

« Il est évident que la philosophie de Chololo pourrait se répandre à l’échelle nationale », affirme donc un Francis Njau confiant.

À Idifu, non loin de l’usine de cuir en construction, Martha Malongo écoute tranquillement ses voisins expliquer comment leur vie a changé au cours des dernières années. Pour elle, le projet a été une catastrophe. Son travail acharné pour ramasser de l’eau et du bois de chauffage pour les autres a en effet été rendu obsolète.

Elle a cependant trouvé rapidement une manière plus confortable de gagner sa vie, tout en continuant à fournir de l’énergie : elle a été formée pour construire les poêles.

Ces compétences très recherchées dans le pays ont transformé sa vie et celle de ses voisins. Elle construit des poêles pour 3 000 schillings (1,15 €) au village, et 5 000 schillings (1,90 €) en dehors du village.

Comme Tim Clarke l’envisageait, Martha Malongo a prouvé que la bonne technologie, dans les bonnes mains, pouvait générer une révolution.