De plus en plus d’adhérents à l’initiative pour la transparence de l’aide au développement

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L’Initiative internationale pour la transparence de l’aide affiche une forte hausse de signataires en 2013. Mais au sein des grands bailleurs, la France reste à la traîne.

La transparence de l’aide au développement progresse, selon le rapport annuel 2013 de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IITA).

Lancée en 2011 à l’occasion du 4e forum sur l’efficacité de l’aide, ou forum de Busan, l’initiative tente de rendre accessible, notamment aux pays bénéficiaires et à la société civile, l’ensemble des informations sur l’aide au développement grâce à un format unique.

Utilisée aujourd’hui par une majorité des bailleurs de fonds internationaux tels que la Banque mondiale ou la Commission européenne, l’initiative a pris de l’ampleur au cours de l’année 2013.

Standard unique

Dans son rapport annuel  publié le 7 mai 2014, l’IITA relève une hausse conséquente du nombre de signataires. Cinq nouveaux membres –  le Fonds pour l’adaptation, la Fondation Bill & Melinda Gates, Bond, la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) se sont engagés à publier leurs données au format en vigueur.  

Ces nouvelles adhésions portent le nombre total de membres à 59. Mais la mise en œuvre effective du format reste encore marginale, puisque parmi ces membres, seuls 29 ont réellement publié leurs données.  

Concrètement, la publication de ces informations permet d’améliorer la transparence du système d’aide au développement. Et contribue à réduire la corruption « dans la chaîne d’approvisionnement entre les donateurs et les bénéficiaires visés » souligne le rapport.

Outre ses membres, l’IITA compte également un nombre croissant de signataires tels que des fondations, des ONG et depuis 2013 des sociétés privées qui publient les informations sur leurs activités au format en vigueur.

« Il est maintenant important que les donateurs continuent à améliorer la qualité des données » souligne Jeannet Lingan, responsable du plaidoyer du groupe de défense de la transparence Publish What You Fund.

Les États européens en transition

Parmi les États membres de l’Union européenne, plusieurs pays ont d’ores et déjà adhéré à l’initiative et adopté la norme internationale, comme la Belgique, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni. De leur côté, l’Italie et la France sont en processus d’adhésion.

En juin 2013, la France s’est tardivement engagée — ainsi que l’ensemble des pays membres du G8 — à mettre en œuvre la norme commune. Et a enregistré des progrès notables au cours de l’année.

Selon le rapport, si la France n’a pas encore totalement mis en œuvre la publication des données, le lancement d’un site français sur l’aide au développement au Mali  intégrant le format constitue une amélioration.  

Une initiative que le pays compte étendre progressivement aux 16 pays pauvres prioritaires auxquels la France consacre la majorité de son aide.

Reste que la France ne fait pas toujours figure de bonne élève en matière de transparence de l’aide. En octobre 2013, l’Indice de transparence de l’aide 2013 (ATI) réalisé par  PublishWhatYouFund plaçait le pays parmi les plus mauvais élèves des bailleurs de fonds internationaux.

Les trois organisations publiques responsables de la gestion de l’aide au développement française (l’Agence française de développement, le ministère des Affaires étrangères et celui de l’Économie et des Finances) occupaient respectivement les 49e, 52e et 53e places dans le classement qui en comptait … 67.  

L'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA) est utilisée par les pays donateurs, les gouvernements des pays en développement et les organisations non gouvernementales afin de publier des renseignements détaillés et accessibles à tous sur l'aide au développement international.

Aujourd’hui, la majorité des principaux bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, Commission européenne, Royaume-Uni, etc.) utilisent ce format. 

Parmi les plus grands bailleurs de fonds internationaux, la France demeure aujourd’hui la seule, avec le Japon, à ne pas avoir adopté cette norme.  D’ici à 2015, l’IITA ambitionne une application complète du standard par l’ensemble des bailleurs de fonds de l’aide au développement.

  • décembre 2015 : date butoir pour l’application complète du standard commun 
  • Rapport annuel 2013 – Initiative internationale pour la transparence de l’aide – 7 mai 2014

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