Le Conseil adopte une nouvelle stratégie d’aide au commerce

Conseil des ministres du Développement, le 11 décembre. [Conseil]

Les ministres européens du Développement ont adopté une nouvelle stratégie d’aide au commerce, qui doit permettre aux pays en développement d’intégrer les marchés internationaux.

Les conclusions du Conseil « développement » du 11 décembre reflètent l’actualisation, en novembre, de la stratégie de la Commission sur l’aide au commerce.

La version initiale de cette stratégie a été adoptée en 2007, suivant une initiative de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Son actualisation  s’inscrit dans le cadre des priorités politiques du programme de l’ONU pour le développement durable, adoptée en septembre 2015, et du nouveau consensus européen sur le développement, de juin 2017.

Les principaux objectifs de cette révision sont d’améliorer la complémentarité entre les politiques commerciales et de développement, ainsi que d’augmenter l’efficacité de la stratégie, en insistant sur les dons aux pays les moins développés, aux pays en situation de fragilité et aux nations touchées par des conflits.

« Il faut accompagner le secteur privé dans les pays fragiles »

Le développement du secteur privé dans les pays vulnérables est indispensable à la stabilisation politique. Mais le respect des standards sociaux et environnementaux par les entreprises est un véritable défi.

Une attention particulière est portée aux synergies entre les différents outils de financement du développement utilisés par l’UE et ses membres pour promouvoir l’aide au commerce. Il s’agit également d’amplifier l’impact des programmes d’aide au commerce,  en améliorant la participation du secteur privé, de la société civile et des autorités locales.

La nouvelle stratégie entend également faire profiter à tous, y compris aux femmes, les bénéfices du commerce international.

L’aide européenne au commerce complète d’autres mesures de politique commerciale en faveur des pays en développement. Celles-ci concernent en particulier le système de préférences généralisées (SPG et SPG+) et l’initiative « Tout sauf les armes », qui permet aux pays en développement de payer des droits moindres ou nuls sur leurs exportations vers l’UE, ainsi que les accords commerciaux bilatéraux avec des partenaires commerciaux.

Par exemple, les accords de partenariat économique entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) créent des conditions commerciales préférentielles tout en protégeant les secteurs sensibles des économies ACP. Pourtant, ces accords sont très critiqués par la société civile et les gouvernements africains, qui estiment que la réciprocité demandée par l’UE sur l’accès préférentiel aux marchés africains exposent de nombreux produits à la concurrence européenne.

Le Nigéria dénonce le chantage commercial de Bruxelles

Le Nigéria a pointé du doigt les travers des accords de partenariat économique que l’UE négocie avec les pays d’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes. Mais la commissaire Cecilia Malmström a écarté toute réouverture des négociations.

L’aide de l’UE et de ses États membres en faveur du commerce et des capacités productives a atteint plus de 13 milliards d’euros en 2015, et près de 100 milliards d’euros sur la période 2008-2015. Cela représente un tiers de l’aide mondiale au commerce et fait de l’UE le premier donateur mondial.

En outre, une étude indépendante sur les avantages économiques générés par les régimes commerciaux de l’UE vis-à-vis des pays en développement, menée en 2015, a conclu que la politique commerciale européenne avait considérablement accru les exportations des pays en développement et contribué à leur diversification économique.

Le Parlement européen valide le consensus pour le développement

Le nouveau consensus pour le développement a reçu le feu vert des eurodéputés le 1er juin à Bruxelles. Mais les critiques demeurent nombreuses, notamment sur les ambitions de contrôle des migrations qui figurent dans l’accord.