L’UE compte aider l’Amérique latine à atteindre les ODD

Stefano Manservisi [European Commission]

La Commission européenne a proposé une nouvelle stratégie qui exploitera les liens étroits entre l’Espagne et l’Amérique latine soutenir les pays à revenu intermédiaire n’étant plus éligibles à l’aide au développement. Un article d’Euroefe.

Le directeur général de la DG coopération internationale et développement (DEVCO) a révélé lors d’une interview avec l’agence espagnole EFE que la Commission européenne avait proposé au gouvernement espagnol une nouvelle initiative pour partager la solidarité et l’expérience de l’UE avec les pays à revenu intermédiaire d’Amérique latine et d’ailleurs dans le monde, n’ayant plus droit à l’aide au développement.

De nombreux pays d’Amérique latine ne sont plus bénéficiaires nets de l’aide au développement, mais peuvent toujours recevoir l’aide technique, le soutien éducatif et d’autres types d’assistance européenne « à forte valeur ajoutée », a affirmé Stefano Manservisi, le directeur de la DG DEVCO.

 

« L’Espagne a une relation bilatérale, historique, sensible et d’influence avec l’Amérique latine. J’ai proposé au gouvernement espagnol que nous transformions cela en quelque chose qui permette à l’UE de maintenir une forte présence dans les pays à revenu intermédiaire, que nous pourrions rebaptiser ‘pays en transition’ », a déclaré le responsable européen.

« L'UE examine le déficit d'aide au développement laissé par les États-Unis »

L’UE analyse le fossé dans le financement de l’aide laissé par la décision de Donald Trump d’interdire les financements des ONG promeuvent la contraception ou les avortements dans les pays en développement, a déclaré le commissaire au développement, Neven Mimica.

« Les objectifs de développement durable [ODD] étant mondiaux, nous devons donc maintenir nos engagements avec tous ces pays. Le PIB per capita est un indicateur, mais ce n’est pas une raison suffisante pour se détacher de nos engagements en termes de développement. De nombreux pays d’Amérique latine ont encore des sociétés très inégalitaires », a-t-il ajouté.

« Nous devons trouver un moyen de continuer. L’UE n’abandonnera pas l’Amérique latine », a insisté l’expert du développement.

Stefano Manservisi, qui s’est rendu en Espagne durant deux jours, a souligné le fort engagement de la société civile, « qui a toujours soutenu le gouvernement [en termes de coopération internationale] même en temps difficiles ».

«Les projets de développement ne peuvent être conçus à Bruxelles»

Le développement ne doit pas être une assistance à sens unique, mais un dialogue. Pourtant, les ODD ou le Nouveau Consensus européen pour le développement poursuivent une logique unilatérale, selon Alaa Murabit. Une interview d’Euractiv Allemagne.

Les représentants des ONG espagnoles ont par ailleurs exprimé leur soutien à l’aide au développement européenne tout en soulignant au responsable européen un certain nombre de lignes rouges.

Lutte contre la pauvreté prioritaire

« Les ONG espagnoles avec lesquelles je me suis entretenu m’ont dit qu’à Bruxelles nous ne devions pas oublier que l’objectif premier était de lutter contre la pauvreté dans les pays en développement. C’est leur principale ligne rouge et elles ne céderont pas là-dessus », a-t-il expliqué.

En 2016, l’ONG Médecins sans Frontières (MSF) a coupé tout lien financier avec l’Union européenne et les gouvernements des États membres en signe de protestation contre la politique migratoire « néfaste » de l’UE.

Même si Stefano Manservisi reconnaît que l’Europe a peut-être fait certaines erreurs, il a insisté sur le fait que « les ONG n’ont pas le monopole de la solidarité ». Actuellement, plus de 90 % des fonds de MSF proviennent de dons privés.