Les ministres européens veulent plus d’efforts pour le partenariat africain

Federica Mogherini [Commission]

Les ministres européens des Affaires étrangères se sont engagés à travailler étroitement avec leurs partenaires africains en vue d’un sommet UE-Afrique « ambitieux et réussi », les 19 et 30 novembre à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Face à une crise migratoire sans précédent, les ministres des Affaires étrangères ont dédié une grande partie du Conseil à dessiner des politiques visant à renforcer la résilience des États et des sociétés en Afrique subsaharienne, ainsi qu’à créer plus d’emplois, notamment pour les jeunes.

Une communication conjointe intitulée un nouvel élan pour le partenariat Afrique-UE et adoptée en mai indique que, dans ce contexte mondial changeant, il est dans l’intérêt stratégique de l’UE d’approfondir et d’adapter son partenariat durable avec l’Afrique.

Elle envisage une relation politique plus solide, de transformer les objectifs stratégiques en actions et de prendre en compte la vision de l’Afrique. Une série d’initiatives phares y sont précisées.

Les conclusions du Conseil adoptées le 19 juin soulignent que l’UE et ses États membres sont les principaux partenaires de l’Afrique en termes d’investissement à l’étranger, de commerce, d’envois de fonds, d’aide au développement et d’aide humanitaire, de sécurité et de défense.

L’opinion générale est que de meilleurs partenariats dans tous les domaines, du changement climatique à la sécurité en passant par le développement économique, la migration et le soutien humanitaire, sont les seuls moyens de gérer la migration et d’empêcher la radicalisation.

Les ministres ont salué des propositions d’action initiales centrées sur « plus et de meilleurs emplois, notamment pour les jeunes ». Toutefois, les déclarations de soutien semblent assez générales.

«30 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail en Afrique tous les ans»

La démographie fait de l’emploi des jeunes un enjeu de masse en Afrique. Si l’entrepreneuriat offre des pistes, l’agriculture demeure le principal débouché pour les jeunes africains.

Gianni Pittella, chef de file du parti S&D du Parlement européen, estime que les conclusions sur le Partenariat Afrique-UE montrent que les États membres reconnaissent enfin que l’UE a un intérêt stratégique dans l’approfondissement et le renforcement de ses relations avec ses partenaires africains. Il a toutefois insisté sur le fait qu’une approche plus constructive s’appuyant sur une stratégie à long terme était nécessaire.

« Un nouveau partenariat signifie que les Européens mettent davantage l’accent sur le développement via les investissements, la démocratie, une bonne gouvernance et l’éducation, tout en laissant une part de responsabilité aux Africains. À cet égard, la mise en place d’un plan européen à long terme pour le développement en Afrique est essentielle », a déclaré Gianni Pittella.

Le leader des socialistes et démocrates a déclaré que l’UE et l’Afrique devaient accélérer leurs efforts pour forger un partenariat sur la migration. « Il faut commencer par s’attaquer aux causes d’origine en créant de meilleures conditions de vie et des emplois décents pour éviter que les jeunes risquent leur vie en tentant de fuir vers l’Europe », a-t-il ajouté.

Le G20 veut soutenir l’économie africaine pour endiguer les migrations

Angela Merkel reçoit lundi et mardi à Berlin de nombreux dirigeants africains, l’Allemagne voulant saisir l’opportunité de sa présidence du G20 pour attirer les investissements vers l’Afrique, étape nécessaire pour réduire les migrations vers l’Europe.

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