Cañete promet toujours plus de financements climatiques

Miguel Arias Cañete [Council]

Miguel Arias Cañete, le commissaire au climat, a juré d’augmenter les financements européens à l’adaptation climatique, notamment en affectant 20 % de l’aide au développement à la lutte contre le changement climatique.

Lors d’une rencontre du comité économique et social européen (CESE), le 17 janvier, Miguel Arias Cañete, le commissaire à l’action climatique, a assuré que les financements climatiques européens aux pays en développement augmenteraient en 2018, malgré les coupes budgétaires à venir.

Il a cependant averti que l’argent public ne pourrait pas constituer la plus grosse part de l’objectif de 100 milliards de dollars annuels que les pays riches ont promis d’investir dans les énergies renouvelables et les projets de lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.

« Toutes les finances publiques du monde ne pourraient pas mener cette révolution. La vraie révolution viendra de l’investissement privé », a-t-il déclaré. « Il faut mettre en place des environnements favorables à l’investissement », a-t-il ajouté, mentionnant le Maroc, qui devient rapidement un leader mondial en énergies renouvelables.

Dans l’article 9 de l’accord de Paris, signé en 2015, les États développés ont promis « des ressources financières pour venir en aide aux pays en développement tant en matière d’atténuation que d’adaptation ».

Cela inclut la promesse spécifique de lever 100 millions de dollars par an de financement climatique d’ici 2020 pour les pays en développement. Ce point a été accueilli avec scepticisme et semble toujours un lointain mirage, spécialement depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Le président a en effet indiqué vouloir se retirer de l’accord.

Trump assure que les États-Unis pourraient rester dans l’accord de Paris

Changement de cap : Donald Trump assure que son pays pourrait rejoindre l’accord climatique international sous des conditions moins contraignantes.

Basée à Paris, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que 43 milliards de dollars (35Md d’€) ont été alloués à la lutte contre le changement climatique en 2016, mais les ONG estiment que le chiffre réel se situe entre 20 et 30 milliards de dollars (16 et 24 Md d’€). De ce montant, seulement 3 à 5 milliards de dollars (2,5 à 4 Md d’€) ont été affectés à des projets d’adaptation au changement climatique, selon Oxfam.

« Nous, Africains, nous demandons où est l’argent parce que nous ne l’avons pas vu », s’est d’ailleurs interrogé le responsable zambien Richard Lungu lors de la conférence de Paris.

Le financement du climat a de nouveau été le principal point d’achoppement lors de la COP23 qui s’est tenue à Bonn en novembre. En additionnant les contributions nationales des États membres, celle de la Banque européenne d’investissement et la sienne, la Commission européenne estime pour sa part que la contribution de l’UE s’élevait à 20,4 milliards d’euros en 2017.

Le fonds d’accès à l’électricité soutenu par l’UE fait partie d’un certain nombre de plans visant à investir dans les entreprises d’énergies renouvelables. Entre-temps, l’atténuation du changement climatique fait partie du plan d’investissement extérieur de la Commission, qui est entré en vigueur en septembre dernier.

L’UE examine actuellement à quoi devrait ressembler le financement du climat dans le budget de l’UE, a ajouté Miguel Arias Cañete. Le système d’échange de quotas d’émission (ETS) a été présenté comme une « ressource propre » que la Commission pourrait potentiellement utiliser. Lors d’une réunion organisée le 10 janvier, le commissaire chargé du budget, Günther Oettinger, a toutefois laissé entendre que les changements apportés à l’ETS seraient examinés en priorité pour combler l’écart budgétaire lorsque le Royaume-Uni quittera l’UE en 2019.

« Nous allons tout droit vers un chaos climatique dans les 30 prochaines années », a averti l’ingénieur agronome et économiste Pierre Larroutorou lors du débat du CESE avec Miguel Arias Cañete. « Que fera l’Europe si elle doit accueillir 300 millions de réfugiés à cause du changement climatique ? »

Le commissaire a défendu le bilan de l’UE, en soulignant que le bloc avait « l’objectif le plus ambitieux (pour réduire les émissions de carbone) de l’accord de Paris ». Nous sommes des personnes sérieuses dans l’action pour le climat… l’UE est la seule juridiction à avoir mis en place toute sa législation climatique », a-t-il ajouté.

La Commission devrait également proposer une législation sur le financement durable en mars, afin d’obliger le secteur financier à rendre compte des incidences de ses investissements sur le climat.