Les femmes au coeur des Journées européennes du développement

8 000 professionnels des politiques de développement sont réunis à Bruxelles, autour de thèmes prioritaires : les femmes, l’accord de Cotonou mais aussi la finance.

Les habitués l’appellent le « Davos du développement ». Les Journées européennes du développement, qui s’ouvrent le 5 juin à Bruxelles, rassemblent plusieurs commissaires européens, quatre présidents africains, de hauts fonctionnaires de l’ONU, les ONG de développement et des businessmen

Les chefs d’État présents seront le président rwandais Paul Kagamé, le Burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, le président nigérien Mahamadou Issoufou et le président du Libéria récemment élu, George Weah. La délégation de l’ONU sera  quant à elle dirigée par le Secrétaire général adjoint Amina J. Mohammed.

Le thème des JED de cette année est «  Les femmes et les filles au premier plan du développement durable : protéger, autonomiser, investir ».

Beaucoup d’autres questions seront néanmoins à l’ordre du jour, du prochain budget septennal de l’UE à la crise migratoire en passant par les négociations à venir sur la révision de l’accord de Cotonou  entre l’UE et la communauté des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes font partie intégrante de l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable adopté par la communauté internationale et de chacun des 17 objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015.

« Il ne peut y avoir de développement durable si la moitié de la population mondiale est laissée pour compte. Nous avons besoin d’une participation et d’un leadership égaux des femmes et des filles dans toutes les sphères de la vie – tant en Europe que dans le monde », a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui a ouvert les JED le 5 juin.

La politique de développement à Bruxelles sera dominée par les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE. La plupart des ONG de développement ont été consternées par l’annonce du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de la Commission en mai dernier.

L'UE réorganise son aide au développement

La place de l’aide au développement dans le nouveau budget de l’UE ainsi que la réorganisation de ses instruments de mise en oeuvre inquiètent les ONG.

Le budget de 123 milliards d’euros destiné à couvrir l’ensemble des priorités extérieures de l’UE pour 2020-2027 a été légèrement plus élevé que prévu, mais reste à savoir quel montant sera alloué aux dépenses de développement. « Nous disposerons de ressources supplémentaires importantes », a déclaré un haut responsable de l’UE.

« La structure actuelle est clairement inadaptée et nous avons besoin de plus de flexibilité pour que l’UE et les États membres puissent financer des crises à court terme, mais nous ne pouvons pas voler Pierre pour payer Paul », a déclaré Emily Wigens, directrice intérimaire de ONE à Bruxelles, avant d’ajouter : « Nous voulons un instrument pour la sécurité humaine, les migrations et le développement durable. »

Le projet de l’exécutif de l’UE de fusionner ses douze instruments de politique extérieure existants en un seul inquiète aussi beaucoup.

La Commission prévoit également d’intégrer son Fonds européen de développement dans le budget de l’UE. Tous ces sujets seront des sujets de discussion brûlants dans les panels et en marge des JED.

La Hongrie bloque le début des négociations de l'accord post-Cotonou

Faute de consensus sur l’enjeu de l’immigration, les États membres ne parviennent pas à s’accorder sur le mandat pour entamer les négociations du prochain accord global avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

La question de savoir qui paie pour financer le développement reste un thème omniprésent. Avec des niveaux d’aide au développement stagnant à un peu plus de 0,4 % du RNB et peu de volonté politique pour atteindre l’objectif de 0,7 % convenu par l’ONU, la communauté internationale des donateurs veut que le secteur privé comble le déficit de financement.

La Commission européenne a proposé une extension de son Fonds européen pour l’investissement durable (EFSI) – qui cherche à utiliser les garanties budgétaires de l’UE pour mobiliser les investissements du secteur privé dans les projets de développement du CFP – et doit dévoiler ses propositions législatives le 14 juin.

Il s’agit là d’une source d’inquiétude importante pour de nombreuses ONG. Le mois dernier, un groupe d’ONG de développement a adressé une lettre ouverte aux eurodéputés exprimant leurs inquiétudes au sujet de l’EFSI.

« Les organisations de la société civile ont des préoccupations justifiées », a déclaré un haut fonctionnaire de la Commission à Euractiv.

La Banque européenne d’investissement (BEI), qui gère l’EFSI, est devenue ces dernières années un acteur majeur de la politique de développement de l’UE. Elle a promis de concevoir ses programmes de manière à garantir l’égalité d’accès des femmes et des hommes et de cibler l’autonomisation économique des femmes.

Dans le même temps, l’ancien Premier ministre finlandais Alexander Stubb, vice-président de la BEI chargé de l’égalité des sexes, a évoqué la possibilité que la BEI soit chargée de gérer une nouvelle institution de financement du développement de l’UE.

Le contrôle des migrations, qui est devenu un thème commun et central de la politique de développement de l’UE, sera également un sujet à l’ordre du jour, car il devient de plus en plus évident que l’UE augmentera le budget pour le contrôle de ses frontières extérieures et le maintien des migrants à l’extérieur.

La directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations, Laura Thompson, dirigera un panel sur les femmes et la migration le 6 juin, et l’OIM accueillera un autre débat sur la réintégration des migrants en Afrique de l’Ouest.

L’immigration au cœur de l’accord post-Cotonou

L’UE veut mettre immigration et sécurité au centre du prochain accord avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

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