Financer la lutte contre le changement climatique, un sport de combat

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La planète a investi près d'un milliard de dollars par jour en 2012 pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais la somme totale représente moins de la moitié des 700 milliards de dollars annuels nécessaires, selon le Forum économique mondial.

Ce sont les conclusions du dernier rapport de l'Initiative pour des politiques climatiques (IPC). Pour la première fois, l'IPC estime les flux de trésorerie nord-sud entre 39 et 62 milliards de dollars.

Le financement total est toutefois inférieur de 5 milliards de dollars par rapport à 2012. Il ne représente qu'une fraction infime des 5 mille milliards de dollars nécessaires d'ici 2020, selon l'Agence internationale de l'énergie, rien que pour des projets d'énergie propre. Si la hausse des températures ne doit pas dépasser les 2 degrés Celsius. 

« Le monde entier investit dans la lutte contre le changement climatique et l'adaptation. Mais les investissements sont bien loin de l’endroit où ils devraient être et les efforts pour les attirer n'ont pas été assez fructueux », déclare Thomas Heller, le directeur général de l'IPC.

« L'harmonisation des règles peut débloquer des financements supplémentaires importants », ajoute-t-il.

Selon le rapport Landscape 2013, les sommes investies dans l'énergie propre sont minuscules par rapport aux 532 milliards de dollars par an que le monde débourse pour subventionner l'énergie fossile.

Le commissaire en charge de l'énergie, Günther Oettinger, a récemment été accusé de supprimer des données sur les subventions de 30 milliards d'euros de l'Union au profit des sources d'énergie renouvelable. Cette aide serait atténuée par les 66 milliards d'euros de subventions au secteur de l'énergie fossile et les 35 milliards d’euros en faveur de l'énergie nucléaire.

Près de 38 % de l'investissement dans l'action pour le climat cette année (135 milliards de dollars) proviennent du secteur public, selon l'étude de l'IPC. Ces investissements ont été utilisés pour lever les 62 % restants auprès de promoteurs de projet (102 milliards de dollars), d’industriels et de sociétés (66 milliards de dollars) et de ménages (33 milliards de dollars).

« Trois quarts des recettes destinées à l'action pour le climat venaient du pays dans lequel elles ont été dépensées. Le dernier quart provenait du nord vers le sud et il était majoritairement composé de fonds du secteur public. »

« La grande majorité des flux privés a été investie dans les pays en développement où les politiques sont souvent étayées par des cadres juridiques et réglementaires similaires », peut-on lire dans le rapport. Les auteurs indiquent que les décideurs politiques doivent prévenir les risques dans les pays en développement.  

Tous les fonds destinés à l'adaptation au changement climatique (environ 65 % du total) viennent des pouvoirs publics des pays riches. Ils ont en grande partie été investis dans le financement international de la lutte contre le changement climatique.

Même si les investisseurs institutionnels, dont les caisses d'assurance et les fonds de retraite, gèrent 70 mille milliards de dollars d'actifs, leur contribution primaire au financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement est particulièrement décevante.

« Actuellement le financement de la lutte contre le changement climatique est souvent un sport de combat», déplore Barbara Buchner, directrice senior à l'IPC. « Cela implique qu'une politique nationale efficace est essentielle pour accroître le financement à l'échelle mondiale. »

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