L’aide européenne au développement est exagérément critiquée, selon un rapport

Le think tank britannique Overseas Development Institute indique que les critiques récurrentes à l’encontre du Fonds européen de développement (FED) ne sont plus pertinentes aujourd’hui.

Régulièrement, les Etats critiquent l’aide européenne au développement : elle n’aiderait pas les pays pauvres en priorité, serait peu flexible dans les situations d’urgence et très lente à mettre en œuvre.

Pourtant, plusieurs évaluations accréditent la thèse inverse. C’est ce que rappelle un think tank britannique, l’Overseas Development Institute, dans un rapport rendu public le 31 janvier.

Le Fonds européen de développement (FED), géré par la Commission et destiné aux pays d’Afriques, des Caraïbes et du Pacifique, est bien organisé, souligne Mikaela Gavas, auteure de cette synthèse des rapports du gouvernement britannique, de l’OCDE, de l’UE et d’un think tank américain, le Center for Global Development.

Contrevérités

Contrairement à ce que prétendent les Etats, l’aide européenne cible bien les populations les plus pauvres. L’UE prend en compte de nombreux facteurs pour décider d’allouer des aides, notamment des indicateurs économiques de vulnérabilité. Son modèle est « plus sophistiqué que celui de la Banque mondiale », écrit Mikaela Gavas.

La Commission est souvent pointée du doigt à propos des aides non déboursées, preuve, pour certains, d’un mauvais travail en termes de prévisions. Pour l’experte, cette critique n’est pas non plus justifiée. Le Fonds européen de développement « ne devrait pas être pénalisé pour les déboursements qui n’ont pas eu lieu lorsque les pays bénéficiaires n’ont pas rempli les critères d’éligibilité », écrit-elle.

Enfin, l’inadaptation de l’aide aux situations d’urgence semble un argument infondé. Des mécanismes assurent une flexibilité financière en cas de crises, rappelle l’auteure. Elle cite notamment le cas du Sud-Soudan, où, en 2011, l’UE a pu débloquer une aide supplémentaire dans des délais plus rapides, en marge des procédures prévues. 

Meilleur que l’Instrument de coopération au développement

Pour Mikaela Gavas, le dialogue politique avec les Etats bénéficiaires, instauré par l’accord de Cotonou, produit enfin des résultats très positifs pour la réduction de la pauvreté. Le FED se montre meilleur que l’Instrument de coopération au développement (ICD), son équivalent pour les pays d’Amérique, d’Asie, du Moyen-Orient et du voisinage de l’UE.

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