L’Europe adopte un « new deal » pour la Somalie

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La Commission européenne vient de s’engager à verser 650 millions d'euros d'aide supplémentaire à la Somalie au cours des trois prochaines années. Un budget consacré à la consolidation de la paix et de l'administration pour un pays qui sort de décennies de guerre civile.

 

La « conférence sur le New Deal pour la Somalie » a rassemblé à Bruxelles des représentants de gouvernements, d'institutions financières, ainsi que de donateurs d’aide.

Selon des représentants de l'UE, ce pacte symbolise la nouvelle méthode de collaboration entre la communauté internationale et la Somalie. Et ne peut être qualifié de « pratique habituelle ».

Dans un billet d'opinion publié sur EURACTIV, le ministre danois du développement, Christian Friis Bach, écrit que le pacte représente « un contrat de responsabilité mutuelle » entre la Somalie et ses partenaires internationaux.

Dans le même esprit, le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, indique que l'UE souhaite lancer une nouvelle démarche envers la Somalie : « Puisque nous tentons de promouvoir l'émancipation politique de la Somalie, nous devons également soutenir ses institutions et sa population. Pour ce faire, nous devrions associer les procédures et les actions politiques afin de créer des systèmes de sécurité et de justice qui fonctionnent, ce qui permettra la développement de la croissance économique et la fourniture de services. C'est la force du New Deal. »

Près de cinquante délégations du monde entier, notamment des groupes d'aide et des institutions financières, ont participé aux discussions. Le pacte expose les grandes lignes des prochaines priorités du nouveau gouvernement somalien.

Pour la première fois après vingt ans de guerre, la Somalie est sur le chemin de la reprise. La route reste toutefois semée d'embûches dans divers domaines, dont les soins de santé, l'accès à l'eau et à l'éducation ainsi que l'emploi. Les attaques terroristes menacent toujours la stabilité. Les droits de l'homme, et des femmes en particulier, sont toujours en péril, ont fait remarquer les participants à la conférence.

Le président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, a déclaré à l'activiste somalien Ifrah Ahmed que son gouvernement « dispose d'une politique très claire à propos de la violence à l'encontre des femmes et des viols […] Le gouvernement a pris de nombreuses mesures pour institutionnaliser les droits des femmes dans la procédure de consolidation de l'État ».

La Commission européenne souligne également l'importance de la normalisation des relations entre la Somalie et les institutions financières internationales (IFI). « Dans des situations comparables, les IFI financent une part considérable des coûts liés au rétablissement des services de base, à la relance économique et au développement. À ce stade, nous ne disposons pas de cet outil », explique le commissaire Piebalgs.

L'UE est le plus grand donateur à la Somalie. Elle a octroyé « plus de 1,2 milliard d'euros pour soutenir les besoins fondamentaux des somaliens et améliorer la sécurité du pays » depuis 2008, a précisé José Manuel Barroso, le président de la Commission.

Lors d'une conférence de presse avec son homologue somalien, le président de l'exécutif a ajouté que les 650 millions d'euros supplémentaires soutiendront « une nouvelle étape dans la vie de la Somalie ». L'UE « restera très engagée dans la stabilisation du pays » grâce aux missions de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). La Somalie ne « sera pas seule », a conclu M. Barroso.

La Grande-Bretagne a déboursé 50 millions de livres sterling (60 millions d'euros) pour soutenir l'économie somalienne et la relance du pays après 20 ans de guerre civile, a annoncé Justine Greening, secrétaire d'État britannique au développement international, lors de la conférence.

Ce soutien permettra de sortir 8 400 enfants de la malnutrition. Et quelque 5 300 bébés recevront des vaccins vitaux. Le Royaume-Uni s'engage également à favoriser le développement économique de la Somalie en encourageant des investissements supplémentaires et en créant des milliers d'emplois dans le pays.

Tandis que les dirigeants se réunissaient à l'occasion de la conférence sur le New Deal pour la Somalie, Amnesty International a exhorté l'UE à utiliser ces discussions pour mettre en évidence les violations perpétuelles des droits de l'Homme dans le pays.

« L'UE doit inciter les autorités somaliennes à amener tous les auteurs de violations des droits de l'Homme à rendre des comptes. L'UE est également responsable de l'utilisation de ses fonds en Somalie, affirme Nicolas Beger, directeur du bureau européen d'Amnesty International.

« Les conditions des personnes déplacées en Somalie restent désastreuses. Les droits de l'Homme sont violés à grande échelle et les citoyens sont expulsés des camps. La violence sexuelle est répandue. L'incapacité et la réticence des autorités somaliennes à enquêter sur les auteurs et à les traîner en justice contribuent à un climat d'impunité. » 

Le gouvernement fédéral de la Somalie et l'Union européenne ont coorganisé la « conférence sur le New Deal pour la Somalie » le 16 septembre 2013 à Bruxelles.

Après huit ans, la Somalie est parvenue à la fin de sa transition politique en septembre 2012 grâce à une passation de pouvoir pacifique vers un gouvernement fédéral. La conférence visait à maintenir l'élan positif dans le pays ainsi qu'à garantir la stabilité et la paix, en apportant la prospérité à la population.

Le pacte s'appuie sur des principes du New Deal, convenus lors du Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide à Busan (Corée) en 2011. Il va modifier les méthodes de collaboration entre la communauté internationale avec Somalie et consiste en : 1) des priorités sectorielles qui suivent 5 objectifs de consolidation de la paix et des États 2) des principes de partenariat et 3) la mise en place et le contrôle des dispositions.

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