L’Europe félicite le Mali au lendemain des élections

Ashton.jpg

La haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères a salué le « calme » des élections présidentielles au Mali alors que le comptage des voix se poursuit. La communauté internationale espère que ces élections mettront fin aux divisions profondes du pays. 

Après la fermeture des bureaux de vote, Catherine Ashton a salué « la tenue dans le calme et la sérénité » du premier tour de l'élection présidentielle. « Malgré des conditions difficiles, l'administration malienne a fait preuve de détermination pour garantir la transparence et la crédibilité des élections », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Près de 7 millions de personnes étaient habilitées à voter. Les observateurs ont fait état d'un taux de participation élevé dimanche 28 juillet. L'UE, le donateur le plus important du Mali, estimait que ces élections étaient indispensables pour la stabilité et le maintien du soutien international. 

Les candidats principaux étaient Ibrahim Boubacar Keita et Modibo Sidibe (deux anciens premiers ministres), Soumaila Cisse (un ancien ministre des finances) et Dramane Dembele, soutenu par le plus grand parti malien, ADEMA.

Un second tour est prévu le 11 août si aucun candidat ne récolte plus de 50 % des voix.

Des centaines d'observateurs internationaux ont contrôlé les élections. L'eurodéputé belge et ancien commissaire européen en charge du développement, Louis Michel, présidait la délégation européenne.

Même si le gouvernement par intérim avait été prié d'organiser une campagne ouverte, les 27 candidats à la présidentielle et les membres des bureaux de vote n’ont pas pu se rendre dans de nombreuses régions du nord en raison des conflits.

Les attentes élevées de l'UE

Les attentes des élections étaient élevées. Les partenaires internationaux du Mali ont accepté le 15 mai de financer un grand projet de développement à hauteur de 3,25 milliards d'euros. Les donateurs européens ont toutefois précisé que le gouvernement par intérim devait respecter ses promesses d'élections libres et démocratiques ainsi que de réformes sociales en échange de cette aide.

Des troupes françaises soutenues par l'Union ont arrêté la progression des rebelles dans le nord du pays. Quatre mois après, l'UE a organisé une conférence de donateurs à Bruxelles. L'objectif était d'aider financièrement le gouvernement malien à améliorer la santé, l’éducation, l'économie et la sécurité alimentaire.

Bamako a promis de reconstruire ses régions appauvries du nord où les troupes gouvernementales, soutenues par des forces étrangères, et les rebelles s’affrontent toujours.

La Commission européenne et les États membres se sont engagés à fournir 1,35 milliard d'euros au Mali d'ici 2014, soit un tiers de la promesse internationale.

Les dirigeants européens ont précisé, lors de cette conférence, que l'aide faisait partie de mesures plus vastes afin de stabiliser cette région d'Afrique occidentale. Plusieurs crises alimentaires, une instabilité politique et des conflits armés caractérisent cette région.

Selon des représentants de l'UE, l’aide sera accordée si les autorités maliennes respectent la feuille de route de stabilisation politique, présentée aux donateurs, et organisent des élections libres.

Préoccupations en matière de gouvernance

L'aide de l'UE et d'organisations internationales a été précieuse pour le Mali. Elle arrive un an après un coup d'État militaire et l'explosion de violence sectaire. Ces évènements ont poussé l'UE et d'autres donateurs à geler cette aide et à finalement soutenir l'opération militaire de la France.

Le pays de 16 millions d'habitants est confronté à de graves difficultés, dont des combats sans fin, la présence de réfugiés, des crises alimentaires ainsi que la pression des groupes islamistes et des dealers.

Le Mali doit également se défaire de sa réputation de corruption et de mauvaise gestion de l'aide. Selon le portail Business Anti-Corruption, un projet financé par l'UE, la corruption et les pots-de-vin sont des pratiques répandues. En 2010, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a suspendu ses financements au Mali en raison d'allégations de fraude et de mauvaise gestion.

Depuis lors, le Fonds mondial a repris son aide et a annoncé en novembre 2012 de nouveaux financements de 110 millions d'euros.

Le gouvernement malien remédie aux exécutions extrajudiciaires, aux tortures et aux représailles des forces gouvernementales.

Le pays est dévasté depuis des décennies par des divisions entre, d’une part, les islamistes et les communautés arabes au nord et, d’autre part, les Africains au sud. Les attaques d'insurgés du nord, soutenus par des groupes islamistes régionaux, ont commencé au début de l'année 2012. L’armée a donc temporairement pris le contrôle du gouvernement.

Des fonctionnaires des Nations unies en charge des droits de l'Homme et des groupes militants, comme Human Rights Watch et Amnesty International, ont accusé les insurgés et les rebelles islamistes de piller des villages et de commettre des viols. Ces organisations incriminent également les forces gouvernementales, car elles seraient liées à des représailles et à des tortures.

Amnesty International a accusé les forces gouvernementales de perpétrer des exécutions dans le nord et les rebelles islamistes de recruter des enfants soldats.

Un conflit a éclaté l'année dernière au Mali, un pays occupé par 16 millions d'habitants, lorsque des officiers de l'armée ont renversé le gouvernement civil. Les combattants touareg qui s'étaient réfugiés en Lybie, dirigée par Mouammar Kadhafi, sont rentrés au pays afin de reprendre leur rébellion de longue date. L'autorité civile a été remise en place, ce qui a ouvert la voie à la reprise de l'aide internationale et européenne en 2013.

L'intervention française a stabilisé le sud et l'arrivée d'aide a permis à des organisations de secours de commencer à reconstruire des cliniques détruites par la guerre dans des régions habitées du nord, malgré les menaces continues d'attaques rebelles.

L'agence humanitaire des Nations unies a indiqué le 8 mai que 475 000 personnes avaient quitté le nord en raison du conflit et de l'insécurité alimentaire. Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué que les civils gardaient toujours leurs distances.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.