L’océan absorbe moins de CO2, ce qui risque d’accélérer le réchauffement climatique [FR]

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D’après les résultats d’une étude menée sur dix ans par des scientifiques de l’université d’East Anglia, en Grande-Bretagne, la capacité d’absorption des gaz à effet de serre de l’océan Atlantique Nord a diminué de moitié en 10 ans.

Cette étude sur les niveaux de CO2 dans les eaux de surface de l’océan Atlantique montre une réduction de 50 % de la capacité de l’océan à absorber les gaz à effet de serre. 

Pour le Dr Ute Schuster, engagée dans les recherches depuis 2000, des changements de cette ampleur sont une surprise considérable. Elle pensait en effet que les changements seraient lents, en raison de la masse importante de l’océan. Les résultats de l’étude, menée entre 1995 et 2005 par des scientifiques de l’université d’East Anglia, en Grande-Bretagne, seront publiés dans le Journal of Geophysical Research cette semaine. 

Les océans, avec la biosphère terrestre, sont les principaux « puits » pour les émissions de carbone. Ensemble, ils absorbent environ 50 % de l’ensemble du CO2 émis dans l’atmosphère. D’après les chercheurs, si les océans absorbent moins de CO2, cela entraînera une augmentation plus rapide des niveaux de CO2 dans l’atmosphère et donc du réchauffement climatique. 

Les scientifiques ont une autre source d’inquiétude : avec le temps, les océans seront saturés de CO2 et commenceront à rejeter le gaz dans l’atmosphère.

Interrogée par EURACTIV sur l’extension des recherches dans l’Atlantique Sud, au regard des résultats alarmants dans le Nord, le Dr Ute Schuster a déclaré qu’il y avait un intérêt croissant, mais que l’absence de lignes régulières de bateaux de commerce pose problème pour mener des recherches aussi étendues dans l’Atlantique Sud. « En l’absence de navires marchands, ajoute-t-elle, on pourrait envisager d’installer des appareils de mesure sur les balises dérivantes ». 

Les données dans l’Atlantique Nord ont été collectées par des navires marchands, notamment un bateau de containers acheminant des bananes des Antilles au Royaume-Uni, équipé d’appareils spécifiques pour mesures les niveaux de CO2. 

En ce qui concerne l’avenir des recherches sur le CO2 dans les eaux de surface de l’océan Atlantique, Mme Schuster a déclaré que les instruments étaient en place et fonctionnaient toujours. 

Les recherches  menées par des scientifiques de l’université d’East Anglia font partie d’un projet financé par l’UE, appelé CarboOcean, qui vise à évaluer précisément les sources et puits de carbone océaniques dans l’espace et le temps.

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