L’UE doit d’urgence s’adapter au réchauffement climatique [FR]

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Dans un Livre vert publié le 29 juin 2007, la Commission a mis en garde les pays européens contre les incendies de forêts, les vagues de chaleur, les déplacements de populations, la prolifération des maladies et la raréfaction des ressources en eau destinées à l’agriculture, conséquences directes du changement climatique auxquelles l’UE doit se préparer.

Le commissaire à l’environnement, Stavros Dimas, a présenté le Livre vert, Adaptation au changement climatique en Europe: les possibilités d’action de l’Union européenne, et indiqué que l’adaptation ne « remplaçait pas l’atténuation », faisant référence aux objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par les dirigeants européens en mars 2007. 

Il a cependant ajouté que certaines conséquences étaient inévitables et que les Etats membres devraient être en mesure d’y répondre. 

  • Ciel orageux

Selon la Commission, parmi les neuf glaciers des Alpes, huit d’entre eux devraient fondre d’ici 2050, ce qui devrait augmenter les risques de pénuries d’eau dans le sud de l’Europe, alors que dans le Nord, les pluies et les chutes de neige devraient s’intensifier. La disparition des espèces devrait être considérable, et le changement climatique aura également un impact sur la santé humaine en raison des canicules et des pénuries de nourriture et d’eau. Au cours d’une conférence de presse tenue le 29 juin 2007, Stavros Dimas, a également évoqué la prolifération de nouvelles maladies dans les pays nordiques, notamment la fièvre catarrhale ou bluetongue (parfois appelée langue bleue) du bétail, alors qu’elles ne sévissent habituellement que dans le sud de l’Europe

(EURACTIV 21/08/06).

  • Réponse de l’UE

Le Livre vert ne propose pas de mesures politiques spécifiques, mais ouvre un large débat public sur ce que l’UE devrait faire pour aider les pays à s’adapter à cette situation. 

Le changement climatique devrait avoir un impact sur un certain nombre de politiques européennes, en particulier sur les politiques relatives à l’agriculture, la pêche, l’eau, les réseaux d’énergie et les infrastructures. La Commission a par ailleurs l’intention de développer « de nouvelles réponses politiques » et de considérer l’adaptation dans tous les domaines politiques existants et nouveaux où c’est pertinent. 

Par exemple, la directive cadre sur l’eau ne prend pas directement en compte le changement climatique, et le défi, selon le Livre vert, sera d »‘intégrer des mesures de lutte contre le changement climatique dans le cadre de sa mise en œuvre, à commencer par le premier cycle de planification pour 2009″. 

Une partie de la réponse a trait à la nouvelle politique énergétique de la Commission, notamment l’utilisation des énergies renouvelables et le rôle des technologies en efficacité énergétique, qui seront détaillées dans un prochain plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET).

Le Livre vert soutient également une plus grande coopération internationale (comprenant le développement), la recherche et l’échange d’informations, et la création d’un groupe consultatif européen sur l’adaptation au changement climatique.

  • Répartition des rôles

Soutenant que « l’adaptation est essentiellement une question de cohérence politique, de planification anticipée, de coordination et de cohérence des actions », le Livre vert considère que les mesures au niveau communautaire doivent venir compléter les mesures nationales visant à répondre à la multiplication des crises, la planification régionale de l’espace et les stratégies locales de gestion des sols.

  • The costs of adaptation

Selon les estimations, les coûts des mesures seront très variables, de peu couteûses comme la sensibilisation et le recours à des récoltes plus résistantes aux périodes de sécheresse, à très couteûses comme la construction de nouvelles digues et de centrales suite aux « défaillances des stations hydrauliques ».

En raison du manque de ressources et de l’incertitude des prévisions sur l’évolution du changement climatique, la Commission suppose que les forces du marché à elles seules ne seront probablement pas en mesure de diriger une adaptation efficace ».

La Commission a cité le cyclone Katrina à titre d’exemple sur la manière dont les mesures de prévention, comme l’amélioration de la protection contre les inondations, peuvent s’avérer couteûses à l’origine mais coûter finalement moins cher que la recontruction nécessaire après un désastre.

  • EU funding for adaptation  

Le Livre vert recommande que les fonds européens servent à la construction de nouveaux bâtiments et infrastructures « plus résistants aux intempéries ». Il indique que la Commission va examiner de quelle manière les fonds communautaires peuvent être mieux dépensés afin de limiter les dommages occasionnés aux routes, ponts, réseaux électriques et autres infrastructures critiques.

  • L’aspect positif

Malgré les conséquences du changement climatique, la Commission prévoit également l’ouverture de nouveaux marchés, la création de nouveaux emplois dans le domaine de l’adaptation, y compris dans le secteur des assurances. Les instruments des marchés financiers, tels que les instruments dérivés en rapport avec le climat et le recours à des « obligations-catastrophes » devraient également gagner en importance.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a salué la publication du Livre vert, appréciant le volet social du changement climatique. Selon le secrétaire général de l'organisation, "même dans l’hypothèse optimiste où le réchauffement climatique serait limité à 2°C, un nombre important d’emplois sera menacé en Europe, notamment dans les zones rurales du Sud ou dans les régions de montagne. L’impact sera d’autant plus fort que ces régions offrent peu de sources d’emplois alternatives".

Récemment, un rapport publié par l'ONG CEE Bankwatch a soutenu que les réflexions sur le changement climatique ne sont pas suffisamment prises en compte dans les dépenses liés aux programmes communautaires : "Les fonds communautaires ont subventionné un type de développement qui nécessite une forte consommation d'énergie; le danger réside dans le fait que l'Europe centrale et orientale répéète ce modèle au cours de la période 2007-2013".

Le Livre vert reconnaît le consensus scientifique selon lequel les effets du changement climatique provoqués par l'homme sont réels et potentiellement graves. 

La canicule qui a frappé l'Europe durant l'été 2003, les feux de forêt, les inondations, les sécheresses et les déplacements massifs de population dûs aux catastrophes environnementales ont placé la question de l'adaptation aux changements des conditions climatiques au coeur du débat public (Lire EURACTIV 13/06/07 et 10/04/07).

Les centrales électriques, les routes, les bâtiments, et d'autres infrastructures importantes sont également considérés comme étant particulièrement vulnérables aux répercussions du changement climatique.

  • juillet 2007  : Rapport sur les conclusionns de la consultation sur le plan stratégique européen pour les technologies énergétiques
  • Mi-2007  : Communication sur la pénurie d'eau et la sécheresse
  • novembre 2007  : Echéance pour répondre aux questions posées dans le Livre vert
  • 2008  : Communication sur l'impact du changement climatique sur la santé humaine et animale 

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