L’UE tente de renforcer la transparence de son aide

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L’UE lance un nouveau site Internet sur l’aide au développement. Une initiative louable, mais peu aboutie.

Opération transparence pour l’aide au développement européenne. A l’occasion d’une réunion de haut niveau du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement, la Commission européenne a lancé le 15 avril un portail internet regroupant l’ensemble des  informations sur l’aide au développement et l’aide humanitaire de l’Europe.

EU Aid Explorer – toujours en version bêta –  détaille les volumes d’aide ou les secteurs dans lesquels les États membres de l’UE et les institutions européennes sont intervenus au cours d’une année.

Vue d’ensemble

Une initiative qui permet d’avoir une vue d’ensemble de l’aide européenne ainsi que sur les contributions de chaque Etat membre.  La France figure en 9e position parmi les États membres contributeurs à l’aide humanitaire, avec 52,8 millions d’euros par an. En comparaison, la Suède, premier contributeur, a dépensé 528,5 millions d’euros en 2013, suivie par le Royaume-Uni (478,7 millions d’euros) et l’Allemagne (420,9 millions d’euros).

 En 2012, la France figure au 5e rang des bailleurs de fonds internationaux, dernière les États-Unis, les institutions européennes, le Royaume –Uni et l’Allemagne

L’Union européenne et les États membres octroient ensemble la majorité de l’aide publique au développement dans le monde, avec 55,8 % des contributions, loin devant les États-Unis (19,1 %) et le Japon (6,7 %)

Les données permettent également un aperçu des principaux bénéficiaires de cette aide, parmi lesquels on retrouve en première position la république démocratique du Congo, puis l’afghanistan. Les grandes puissances émergentes comme l’Inde et la Chine arrivent respectivement en 3e et 6e position.

Faciliter l’accès aux données

L’ensemble des acteurs – citoyens européens, citoyen des pays bénéficiaires ou encore partenaires peuvent ainsi avoir accès aux informations relatives à l’aide au développement.

« Le nouvel outil dont s’est dotée l’Union permettra d’encore améliorer la transparence de nos activités et de mieux rendre compte de notre action auprès des citoyens, tant dans l’UE que dans les pays en développement » a affirmé Andris Piebalgs, commissaire européen chargé du développement

Si EU Aid Explorer est une première étape mise en place par la Commission afin d’améliorer l’accès aux informations relatives aux activités européennes d’aide au développement, le format du nouveau site reste encore imparfait.

Manque d’efficacité

« Nous aimerions que l’instrument utilise de manière plus efficace les données publiées par l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IITA)» souligne David Hall-Matthews, directeur de la plateforme PublishWhatYouFund.

L’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IITA) est utilisée par les pays donateurs, les gouvernements des pays en développement et les organisations non gouvernementales afin de publier des renseignements détaillés et accessibles à tous sur l’aide au développement international.

Plus important, ce format qui se base sur des données ouvertes est utilisé par 37 donateurs internationaux représentant plus 75 % de l’aide mondiale.

Par ailleurs, le portail de la Commission européenne agrège simplement les informations disponibles auprès des différents donateurs et la majorité des données disponibles datent de 2012, et parfois même de 2011.  

Un décalage pointé du doigt par PublishWhatYouFund, qui appelle à un renforcement de l’initiative et une meilleure utilisation des données de l’IITA. « Si l’EU Aid Explorer utilisait à bon escient les données de l’IITA, il pourrait avoir des représentations graphiques qui examinent de près l’avancée des projets en utilisant des données d’actualité ; ce qui pourrait augmenter la plus-value de ces chiffres »

L'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA) est utilisée par les pays donateurs, les gouvernements des pays en développement et les organisations non gouvernementales afin de publier des renseignements détaillés et accessibles à tous sur l'aide au développement international.

Aujourd’hui, la majorité des bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, Commission européenne, Royaume-Uni, etc.) utilisent ce format. 

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