L’UNESCO tente d’intervenir en Syrie grâce à l’éducation

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L’UNESCO, avec d’autres partenaires internationaux comme l’UE, agit pour qu’une éducation soit dispensée à toute une génération de réfugiés syriens, afin d'éviter qu'elle se radicalise.

La tragédie de la crise humanitaire en Syrie touche directement le champ d'action de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Pas seulement parce que sa mission est de promouvoir la culture, l’éducation, mais parce que, sans éducation, le pays n'aura pas d'avenir, a expliqué la directrice générale de l'agence onusienne.

Selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 2,4 millions de réfugiés sont recensés dans la région : environ 932 000 au Liban, 613 000 en Turquie, 574 000 en Jordanie, 223 000 en Irak et 134 000 en Égypte.  Plus de 4 millions de Syriens se sont également déplacés à l'intérieur du pays. La communauté internationale a reconnu que les réfugiés et les personnes déplacées ne devraient probablement pas rentrer chez eux avant un certain temps, même dans un scénario optimiste.

Irina Bokova a indiqué qu'elle allait bientôt se rendre dans le camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie qui accueille plus de 140 000 personnes. Elle compte y déterminer dans quelle mesure des progrès ont été réalisés en matière d'éducation pour les enfants et les jeunes. Elle a expliqué que l'UNESCO se concentre actuellement sur la formation des enseignants et vise à s'assurer que les diplômes des jeunes soient reconnus dans leur pays une fois qu'ils pourront y retourner.

La Bulgare a dit combien l'éducation était nécessaire afin que les jeunes syriens puissent trouver un emploi : « Le risque est d’avoir des adolescents sans travail. Sans la possibilité d’aller à l’école, ils sont recrutés par des extrémistes, qui les manipulent », a-t-elle déclaré.

Irina Bokova a admis que l'UNESCO était confrontée à des difficultés financières après que les États-Unis ont décidé en octobre 2011 d'arrêter de payer leurs contributions en signe de protestation contre la reconnaissance de la Palestine comme membre à part entière de l'UNESCO. Cette agence onusienne n'a pas de budget régulier pour ses efforts en Syrie et compte sur les partenaires bilatéraux, a-t-elle ajouté.  Elle a par exemple cité la Commission européenne, le Koweït et des partenaires privés.

De nombreux partenaires privés soutiennent l'action de l'UNESCO. Elle a mentionné il y a quelques jours le partenariat de 5 millions de dollars signé avec le transporteur aérien chinois HAINAN qui vise à financer l'éducation des filles. Il semblerait que ce soit le dernier partenariat en date de l'UNESCO avec le milieu des affaires en vue de lancer des projets de développement innovants dans le monde entier.

Irina Bokova est « extrêmement enthousiaste » quant aux relations actuelles entre l'UNESCO et l'UE. « C'est le début d'une coopération très prometteuse pour l'avenir », a-t-elle précisé.

Elle estime que la destruction de monuments culturels et historiques est « inacceptable ». À ses yeux, de tels actes visent à détruire l'identité de populations entières. L'UNESCO a mis en garde la communauté internationale sur l’ampleur du problème. Elle s'est dite satisfaite que les résolutions dernièrement adoptées sur la Syrie le 22 février dernier contiennent un paragraphe portant sur l’importance primordiale que revêt la protection du patrimoine mondial.

En collaboration avec le Metropolitan de New York, et le conseil international des musées, l'UNESCO a dressé une « liste rouge » des objets du patrimoine culturel syrien menacés. Elle a qualifié le trafic de ces objets de « crise cachée » et a indiqué que l'UNESCO et ses partenaires avaient accompli un énorme travail de prévention pour stopper la vente de ces objets dans différents marchés.

En ce qui concerne les objectifs du Millénaire pour le développement d'après 2015, Irina Bokova a déclaré que le but de l'UNESCO était de reconnaître la culture comme un instrument de cohésion sociale et de développement durable.

Elle a expliqué que la culture n'était pas un « objectif » en soi, mais plutôt un « vecteur » pour le développement.

« Le nouveau débat est de déterminer les objectifs de ce développement, et les outils pour atteindre cet objectif. Nous allons tenter de tenir compte de ces outils et de ces moteurs de développement pour atteindre ces objectifs », a-t-elle conclu.

>> Lire l’interview intégrale ici.

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