La faim dans le monde recule, mais insuffisamment

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Le nombre de personnes souffrant de la faim a reculé depuis deux ans. Mais cette tendance ne suffira pas à atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d'alimentation.

La réduction de moitié de la proportion de la population qui souffre de la faim reste à portée de main. Mais « il faudrait consentir immédiatement des efforts supplémentaires considérables », peut-on lire dans le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié le 1er octobre.

Ce document intitulé L'état de l’insécurité alimentaire dans le monde révèle qu’entre 2011 et 2013, une personne sur huit ne recevait pas suffisamment de nourriture pour mener une vie active normale. Même si de moins en moins de personnes souffrent de faim extrême, les pays manqueront leur OMD en 2015 d’un point de pourcentage.

Pietro Gennari, le directeur de la division des statistiques de la FAO, explique à EURACTIV que les responsables politiques doivent agir de toute urgence pour atteindre cet objectif.

« Il ne nous reste que deux ans avant la date butoir des OMD. Ce rapport devrait donc pousser à l’action. Le nombre de personnes victimes de la faim est en baisse et c'est un message très positif. Mais le rythme de ces progrès n'est pas assez rapide. »

Le rapport révèle que la croissance économique constitue un facteur important dans la lutte contre la faim, mais elle ne suffit pas puisque les profits ne seront peut-être pas réinjectés dans l'économie.

Des politiques axées sur l'amélioration de la nutrition et bénéfiques pour tous sont donc nécessaires. De « meilleurs filets de sécurité et des investissements dans l'agriculture » pourraient constituer une solution, selon le rapport.

Transfert de fonds

Le rapport indique que les transferts de fonds des travailleurs migrants dans les pays riches sont trois fois plus élevés que les budgets officiels d'aide au développement à l'échelle mondiale. Cette situation pourrait renforcer l'exil des travailleurs les plus productifs et hautement qualifiés des pays en développement. Mais elle pourrait également réduire la pauvreté, affirment l'ONU et d'autres institutions.

« Le coût du renvoi des transferts de fonds est très élevé », explique un fonctionnaire de l'UE à EURACTIV. « La réduction de ces coûts présenterait d'énormes avantages, plus que le travail sur notre aide au développement à l'étranger. »

Bruxelles estime que les pays en développement doivent également utiliser leurs propres ressources afin d'atteindre les OMD, selon le fonctionnaire. « Nous ne voulons accuser personne, mais bon nombre de pays en développement n'ont pas réalisé les efforts qu'ils auraient dus. Nous ne pouvons pas omettre leurs responsabilités », ajoute-t-il.

Ces pays sont souvent confrontés à des scénarios d’après conflit, à l'instabilité, à la fraude fiscale, aux accords contestables des industries extractives et à un manque de transparence, poursuit-il.

« Je ne dis pas que nous ne devrions pas respecter nos engagements, mais nous devrions nous pencher sur tous les moyens disponibles pour élargir le programme pour l'après-2015 [après l’échéance des OMD] », ajoute cette source.

Quand un problème est aussi complexe que la réduction de la pauvreté dans le monde, il est souvent nécessaire de se concentrer sur plus d'un volet du dossier.

Série d'indicateurs

Les auteurs du rapport de la FAO ont eu recours à une « série d'indicateurs » complexes pour aboutir à leurs statistiques. Ils ont examiné la disponibilité de la nourriture, la production et la consommation alimentaires ainsi que des données commerciales internationales.

Toutes les statistiques utilisées dans le rapport proviennent de données brutes fournies aux Nations unies par les ministères de l'agriculture et les offices de statistiques.

Étrangement, le rapport indique que les taux de dénutrition sont significativement plus élevés que ceux de la sous-alimentation dans certains pays.

Selon Pietro Gennari, la sous-alimentation est centrée sur des schémas de consommation alors que la dénutrition prend en compte les résultats.

« La faim peut évidemment provoquer des carences alimentaires, mais ce n'est pas la seule raison », précise-t-il. « Même si votre apport calorique est suffisant, votre régime alimentaire ne l’est peut-être pas, ce qui mène à des carences en vitamines et en iode ou à des problèmes en termes d'assainissement ou de qualité de l'eau. »

Les populations dans les pays en développement pourraient ainsi être sévèrement frappées par des maladies, même s'ils ne sont théoriquement pas sous-alimentés.

Le temps pourrait également jouer un rôle, car les enfants en retard de croissance continueront de vivre avec une maladie provoquée par la dénutrition, conclut Pietro Gennari.

Les Nations unies ont établi huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui doivent être atteints d'ici 2015. Ces objectifs sont :

  • Éliminer l'extrême pauvreté et la faim
  • Assurer l'éducation primaire pour tous
  • Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
  • Réduire la mortalité infantile
  • Améliorer la santé maternelle
  • Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies
  • Préserver l'environnement
  • Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

En 2008, des gouvernements, des entreprises et d'autres organisations ont renforcé leurs engagements en vue de respecter les OMD. Ils ont levé près de 12,3 millions d'euros de nouveaux financements pour le développement. En 2010, lors d'un sommet consacré aux OMD, un plan d'action mondial a été adopté. Il renforce encore le mouvement vers le respect des OMD.

  • 2015 : date butoir pour atteindre l'objectif de 0,7 % en matière d'APD
  • 2015 : date butoir des objectifs actuels du Millénaire pour le développement

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