La France se mobilise pour l’aide à l’éducation

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Paris a annoncé une enveloppe de 200 millions d’euros consacrée à l’éducation lors du sommet du Partenariat mondial pour l’éducation.

Le financement de l’éducation sera bel et bien la priorité française en matière d’aide au développement pour les prochaines années.

À l’issue de la conférence de reconstitution du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), seul fonds international consacré à l’éducation, Emmanuel Macron a annoncé que la France porterait sa participation financière à 200 millions d’euros  pour la période 2018-2020.

Une hausse considérable de la contribution française, qui s’était élevée à  17 millions pour la période précédente (2014-2017).

La France est devenue le 4e donateur du PME, derrière le Royaume-Uni, qui a annoncé une contribution de 417 millions d’euros, l’Union européenne (400 millions) et la Norvège (260 millions).  Cette mobilisation de l’Europe a permis en grande partie le succès financier de la conférence. Au total, l’ensemble des pays donateurs ont annoncé 2,3 milliards de dollars,  selon un communiqué.

Bilan décevant pour les objectifs de l'Éducation pour tous

Seul un tiers des gouvernements mondiaux a accompli les objectifs de l’Éducation pour tous (EPT) fixés dans le cadre des OMD en 2000, a annoncé le 9 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Mais ce succès demeure toutefois en deçà des attentes du PME, qui espérait mobiliser 3,1 milliards de dollars. L’objectif pourrait cependant être atteint puisque certains importants pays donateurs, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, n’ont toujours pas annoncé leur contribution définitive.

« Ce soutien sans précédent signifie aujourd’hui que le Partenariat mondial pour l’éducation peut continuer à se concentrer sur les enfants les plus exclus et les plus vulnérables, et s’efforcer d’élargir son aide à 89 pays dans lesquels vivent 870 millions d’enfants et 78% des enfants non scolarisés dans le monde », a déclaré Alice Albright, la directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation.

Éducation pour tous

Créé en 2002, le Partenariat mondial pour l’éducation apporte son appui aux pays en développement afin de soutenir l’accès à l’éducation. En contrepartie, les pays bénéficiaires doivent s’engager à consacrer un minimum de 20% de leur budget à l’éducation, un chiffre bien plus élevé que la moyenne dans les pays développés.

« En tant que pays bénéficiaires, il nous incombe d’augmenter nos efforts en faveur de l’éducation, c’est ce que nous faisons au Sénégal en consacrant 25,48% de notre budget au financement de l’éducation et de la formation » a déclaré le président sénégalais Macky Sall,  qui coprésidait l’événement aux côtés d’Emmanuel Macron.

Dans la bataille pour l’accès à l’éducation, le Sénégal fait d’ailleurs figure de bon élève. En effet, le pays son taux de scolarisation brut à l’école primaire passé de 67,2 % à 84,6 % en l’espace de 5 ans.

 Priorité aux jeunes filles

La mobilisation internationale en faveur de l’éducation devrait notamment profiter au chantier de la scolarisation des jeunes filles. Selon les données publiées par le PME, ces dernières ont une probabilité une fois et demie plus élevée d’être exclues de l’école primaire par rapport à leurs homologues masculins.

L’aide à l’éducation en Afrique en quête de rebond

Après être passée à la trappe plusieurs années durant, l’aide au développement consacrée à l’éducation remonte sur l’agenda international. La conférence du Partenariat mondial pour l’éducation les 1er et 2 février sera clé.

Dans les pays en situation de fragilité ou de conflit, le gap de scolarisation est encore plus élevé, puisque 37 % de filles de plus que de garçons sont non scolarisées en primaire.

Dans son intervention, le président Emmanuel Macron a demandé que l’aide internationale soit particulièrement consacrée à l’éducation des filles. « Car partout où l’on veut promouvoir l’obscurantisme, faire reculer la démocratie, ce sont les jeunes filles qu’on sort de l’école », a-t-il rappelé.

« La France est au rendez-vous […] Cependant, l’objectif de Dakar n’a pas été atteint et les défis restent encore nombreux pour permettre à 130 millions de filles dans le monde d’aller à l’école » a commenté Friederike Röder, directrice France de l’ONG ONE.

« L’éducation est vraiment en première ligne de toutes les batailles pour la paix et le développement » a quant-à-lui rappelé le président Macky Sall

Aide française en débat

La priorité donnée à l’éducation dans les pays en développement devrait également se retrouver dans le budget français. « L’aide à l’éducation sera aussi une priorité de l’aide bilatérale, au travers de l’Agence française de développement » a confirmé Emmanuel Macron lors de son discours de clôture.

Depuis la campagne présidentielle, Macron s’est engagé à faire remonter l’aide publique au développement française à 0.55% du revenu national brut, mais les annonces concrètes se font attendre.

Le 8 février doit se tenir une réunion du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID), qui doit dévoiler la feuille de route française en matière d’aide publique.

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