La Géorgie demande l’aide de l’UE pour les « territoires occupés »

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La Géorgie veut que l'Union européenne l'aide à résoudre son conflit avec Moscou sur les « territoires occupés » d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, a déclaré le vice-premier ministre du pays, Giorgi Baramidze, lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV.

Suite au bref conflit armé d'août 2008, que la présidence française a contribué à apaiser, les troupes russes occupent l'Abkhazie et l'Ossétie du sud, qui représentent des parties non négligeables du territoire géorgien.

Toutefois, Georgi Baramidze, qui est responsable de l'intégration européenne et euro-atlantique, a déclaré que ce « conflit ouvert » avec Moscou existait déjà avant la guerre de 2008 et qu'il pouvait encore se résoudre.

« Ce conflit avec la Russie est un obstacle important au développement de la Géorgie. Mais nous espérons que nous parviendrons à surmonter les difficultés grâce à une UE plus impliquée dans le processus de résolution du conflit », a expliqué M. Baramidze.

Le vice-premier ministre géorgien a déploré que la mission de surveillance de l'Union européenne aux frontières de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud ne puisse pas franchir la frontière et entrer dans les « territoires occupés ». Il a ajouté qu'il espérait que la mission de l'UE puisse à l'avenir pénétrer dans les deux régions occupées et y exercer ses fonctions.

« Nous espérons qu'à l'avenir, cette mission pourra entrer dans les territoires occupés et exercer ses fonctions en accord avec son mandat. Et nous espérons que l'UE jouera un rôle beaucoup plus décisif à cet égard ».

Le conflit n'est pas gelé

M. Baramidze a déclaré que 80 % de la population d'Abkhazie et d'Ossétie du sud comprenaient de nombreuses nationalités et groupes ethniques qui ont été « expulsés » de leur patrie et ne sont pas d'accord avec la séparation de ces régions de la Géorgie.

« Des nettoyage ethniques ont eu lieu là-bas, ce qui a été confirmé par le rapport Tagliavini », a-t-il ajouté.

Ce rapport, demandé par l'UE et rédigé par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, fut rendu public en octobre 2009. Ses découvertes ont été utilisées par les deux camps comme preuves de leur bon droit.

M. Baramidze s'est vivement opposé à la description de la situation en Abkhazie et en Ossétie du sud comme un « conflit gelé ». « C'est une grande erreur de dire que nous sommes dans un conflit gelé avec l'Abkhazie et l'Ossétie du sud. Nous somme en conflit ouvert avec la Russie ».

« Nous avons toujours été en conflit avec la Russie. Nous ne sommes pas en conflit avec nos propres régions. Même avant l'invasion et la guerre du mois d'août, ce conflit avec la Russie n'a jamais été gelé. Nous disons à nos amis : Ne considérez pas ce conflit comme gelé et cette situation comme gelée ».

Les conflits gelés sur les territoire post-soviétique (comme la Transnistrie et Nagorno Karabakh), ou dans des zones où la Russie a traditionnellement une influence (comme l'ancienne province serbe du Kosovo) empêchent les régions d'avancer vers une intégration euro-atlantique.

« Je ne souhaite pas qualifier ces situations de conflits gelés, mais […] la Russie pense qu'en maintenant des conflits dans différentes régions et avec différents pays, elle pourra empêcher l'OTAN et l'Union européenne de s'élargir, d'inclure ces pays dans leurs organisations. C'est assez clair pour tout le monde », a déclaré M. Baramidze.

L'adhésion à l'OTAN toujours au programme

Le vice-premier ministre géorgien a rejeté les affirmations selon lesquelles son pays avait relégué l'objectif de l'adhésion à l'OTAN à l'arrière-plan suite au conflit de 2008.

Il a admis que la Géorgie était à présent moins loquace sur ce sujet mais il a insisté sur le fait que les préparations étaient en cours, que la volonté des homologues occidentaux était encore présente et que les mécanismes nécessaires étaient en place.

En fait, après la guerre, la Géorgie n'a pas obtenu le Plan d'action pour l'adhésion, ou MAP, qui est considéré comme l'anti-chambre de l'adhésion à l'OTAN. Au lieu de cela, elle s'est vue offrir une feuille de route différente, appelée Programme national annuel (ANP). Toutefois, selon la Géorgie, l'ANP est totalement équivalent au MAP.

« Nous savons que nous avons besoin de deux ou trois ans pour être prêts, pour améliorer nos institutions afin qu'elles correspondent aux normes de l'OTAN. Ensuite, la balle sera dans le camp de l'OTAN », a-t-il dit.

Pour lire l'entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

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