La terre vue du ciel, une mine d’or pour accompagner le développement

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Les données satellite  représentent un outil de plus en plus utilisé pour contrôler le développement urbain ou veiller sur les ressources.

 

Protection des forêts, planification de la croissance urbaine ou encore maîtrise des ressources en eau sont des défis auxquels font face les pays en développement. Des domaines dans lesquels l’absence de données scientifiques constitue un sérieux handicap.

Pour y remédier, plusieurs programmes spatiaux internationaux fournissent ces précieuses données aux pays en développement dans le cadre de la coopération internationale. « Ce type de programme vise particulièrement les pays qui ne disposent pas d’outils permettant une collecte et un traitement des données efficace » explique Anna Burzykowska, spécialiste de projet d’observation de la terre à la Banque Mondiale. 

Des programmes de coopération internationale

Au travers du projet Eoworld, la Banque Mondiale en collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA) assure depuis cinq ans la récolte et l’analyse de données satellite dans plus d'une vingtaine de pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie. L’Agence spatiale fournit gratuitement les images ainsi que le traitement et l’analyse dans le cadre de projets précis. De son côté, la Banque mondiale est chargée de définir et mettre en œuvre les projets, d'impliquer les partenaires locaux, de faciliter l'accès aux données in situ et de fournir une analyse des résultats des projets menés.

Mesure de l'impact du réchauffement climatique

Dans une communauté côtière d'Afrique du Nord, un projet a permis d’observer l'adaptation au changement climatique de la région et de localiser les zones d’affaissement de terrain.

 « Les résultats obtenus pendant l’observation ont permis  de montrer l'étendue du problème à nos interlocuteurs gouvernementaux » explique Sameh Wahba, responsable du projet à la Banque Mondiale. « Suite à cela, les autorités ont immédiatement décidé d'incorporer des politiques d’atténuation des risques à leurs plans d'adaptation et de résilience » poursuit-elle.

Depuis 2010, l’Agence Française de Développement a également lancé un programme de mise à disposition des données pour le suivi de l’évolution des forêts des pays d’Afrique centrale.  Réalisé grâce à un accord conclu avec EADS-Astrium, ce programme fournit des données  aux  pays forestiers tropicaux afin d’améliorer la protection de leurs patrimoine naturel. Une démarche impossible sans images satellite.

Une technologie non-intrusive

Les satellites fournissent des données en temps réel concernant une grande variété de problématiques de développement : le changement climatique, l'élévation du niveau des mers, la qualité des eaux, les inondations et les mouvements ou encore la croissance urbaine.

Une véritable mine d’or pour les pays en développement. « Parvenir à surveiller des zones très étendues avec des moyens limités constitue l'une des principales difficultés auxquelles les pays en développement sont confrontés », explique Zoubida Allaoua, directrice au sein du Réseau de la Banque mondiale pour le développement durable. 

Ces technologies non-intrusives s'avèrent également particulièrement utiles dans des zones de conflits, où la collecte de données sur le terrain peut s’avérer extrêmement difficile.

Reste que si les images satellites sont généralement mises gratuitement à disposition, le coût de traitement et d'analyse reste très élevé, et souvent hors de portée des pays en développement. Ces derniers sont donc extrêmement dépendants de la coopération internationale dans ce domaine.  

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