Le G7 accélère la cadence sur l’aide au développement

Carte d'Afrique - © Shuttershock - BrunoRosa

Carte d'Afrique - © Shuttershock - BrunoRosa

Le dirigeant des sept plus grands pays industrialisés (G7) se sont penchés sur les flux financiers illicites des pays en voie de développement et l’industrie extractives. Des avancées majeures selon l’ ONG One.

L’exclusion du président russe Vladimir Poutine, en représailles à l’annexion de la Crimée, n’a pas empêché les dirigeants des 7 autres pays rassemblés à Bruxelles d’avancer en faveur du développement et de la lutte contre l’extrême pauvreté.

Les chefs d’Etats du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon du Royaume-Uni et des États-Unis, se sont en premier lieu accordés sur la nécessité de développer « un agenda post 2015 ambitieux et universel ». En effet, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) arrivent à échéance en 2015, et l’élaboration des futurs objectifs mondiaux post 2015 est en route.

« Malgré un agenda bousculé et une actualité internationale dense, les dirigeants du G7 ont rassuré sur leur capacité à prendre en compte les enjeux globaux et à y apporter des réponses concrètes » s’est félicité Friederike Röder, directrice de ONE France.

>>Lire : Bruxelles présente son programme de développement post 2015

A la différence des  objectifs du Millénaire pour le développement, le cadre pour l’après 2015 va concerner les pays du monde entier, et plus seulement les pays en voie de développement. « Le programme devrait permettre de régler les points en suspens des Objectifs de développement du Millénaire » poursuivent les chefs d’État.

Le secteur extractif

Autre avancée, l’intention des dirigeants du G7 de tendre vers un standard international, qui oblige la publication des paiements des entreprises extractives au niveau de leurs projets. Une avancée importante visant à ce que l’exploitation des ressources naturelles bénéficie davantage aux populations des pays en développement.

« Nous demeurons résolus à travailler au développement de normes mondiales communes en faveur d’une meilleure transparence des industries extractives, qui assurent la divulgation des paiements des entreprises à tous les gouvernements » peut-on lire dans les conclusions du sommet du G7.  « Nous confirmons notre engagement à mettre pleinement en œuvre ce partenariat » ont-ils précisé.

L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives prévoit que tous les paiements matériels, versés par les entreprises aux gouvernements, au titre de l’exploitation pétrolière, gazière et minière et toutes les recettes matérielles, reçues par les gouvernements de la part des entreprises pétrolières, gazières et minières sont publiés et diffusés régulièrement au grand public.

Pour l’heure, seuls le Canada et les États-Unis ont commencé à mettre en œuvre les normes de l’ITIE, même s’ils ne remplissent pas encore l’intégralité des critères de transparences. Parmi les États membres de l’Union européenne, aucun pays n’a commencé la mise en œuvre du standard.  

Les dirigeants du G7 ont également annoncé le lancement d’une nouvelle initiative sur le Renforcement de l’aide à la négociation de contrats de nature complexe (CONNEX).

Cette initiative vise à  fournir aux  pays en développement « une expertise concrète et élargie pour la négociation de contrats commerciaux de nature complexe ». Une aide qui sera apportée en priorité au secteur extractif.

Flux illicites

Autre chantier d’envergure, celui de la lutte contre les flux financiers illicites. « Pour la première fois, le G7 reconnaît que la transparence des sociétés-écrans et des trusts peut aider les pays en développement » s’est félicité l’ONG ONE France.

« Nous poursuivrons nos travaux visant à lutter contre l’évasion fiscale et les flux illicites de capitaux, notamment en aidant les pays en développement à renforcer leur assiette fiscale et en contribuant à la création d’États stables et viables » précise le communiqué

Les dirigeants des 7 pays présents à Bruxelles se sont également engagés à aligner « leurs plans d’action nationaux sur les principes convenus à Lough Erne ».

En juin 2013, les pays du G8 réunis dans la ville irlandaise de Lough Erne avaient fait un bond en faveur de la transparence fiscale en prenant parti pour un système d’échange automatique d’informations bancaires.

Un changement de cap indispensable pour les pays en voie de développement, très fortement touchés par le phénomène des flux financiers illicites.

En 2011, ce sont 950 milliards de dollars (693 milliards d’euros) de flux financiers illicites qui sont sortis des pays en développement, soit 13,7 % de plus qu’en 2010, selon un rapport de l’ONG Global Finance Integrity. L’Afrique subsaharienne est la première région du monde touchée par cette fuite, avec une perte moyenne annuelle de 5,7 % de son PIB.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des États-Unis, du Canada, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie, et du Japon ainsi que l'Union européenne se sont retrouvés les 4  et 5 juin à Bruxelles, pour un sommet du G7 consacré en grande partie à la politique, et notamment à la crise en Ukraine. Au menu des chef d'Etats: l'économie mondiale, l'énergie, le changement climatique et l'aide au pays en développement.  

La rencontre des chefs d’État devait initialement avoir lieu à Sotchi, mais l'annexion de la Crimée par la Russie en a changé la donne et le président russe, Vladimir Poutine, a été exclu du G8, redevenu G7 depuis mars.

 

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