Le gouvernement français soutient les demandes du Niger face à Areva

niger-arevaminingsite.jpg

Le ministre français en charge du développement, Pascal Canfin, a reconnu comme "légitimes" les revendications du Niger dans le bras de fer fiscal qui l’oppose à Areva. Le pays africain et le géant nucléaire doivent trouver un compromis avant la fin du mois.

Le gouvernement français est sorti de sa réserve sur les négociations en cours entre le Niger et Areva sur l’exploitation de l’uranium dans le pays, embourbées depuis des mois.

L’entreprise française et Niamey tentent de s’accorder sur de nouveaux contrats d’extraction d’uranium pour les 10 prochaines années, le précédent contrat étant arrivé à échéance. Mais les négociations butent, principalement au sujet des exonérations fiscales dont Areva bénéficiait jusqu’à présent. Et que l’État nigérian souhaite supprimer.

Interrogé par le député vert Noël Mamère, le ministre en charge du développement, Pascal Canfin, a affirmé que le gouvernement français était en faveur « d’un accord compatible avec les conditions d'exploitation de l'uranium d'Areva, mais -je vous le dis très clairement- qui permette au Niger d'augmenter les recettes fiscales auxquelles il (a) droit. »

Demandes légitimes

Les déclarations du ministre, faites devant l'Assemblée nationale, engagent le gouvernement. Qui était resté très discret sur les négociations en cours jusqu'à maintenant. L'Etat est le principal actionnaire d'Areva.  

Le ministre a également insisté sur la légitimité des demandes de l'ancienne colonie française, un des pays les plus pauvres du monde, qui souhaite appliquer son code minier, datant de 2006, à Areva.

« Les demandes du Niger sont considérées par ce gouvernement – et pas par le précédent gouvernement- comme légitimes », a-t-il précisé.

« Nous nous battons pour la transparence dans le monde, au G8, au G20, au niveau européen et nous le ferons au Niger », a conclu le ministre.

La prise de position du ministre a été saluée par l’ONG Oxfam. «  Dans ce bras de fer entre le Niger et AREVA, le gouvernement français, pourtant actionnaire à plus de 80% de la multinationale, était jusque-là resté particulièrement discret. La réponse du ministre du développement, Pascal Canfin, laisse penser que le gouvernement suit enfin le dossier de près, et pourrait prendre ses responsabilités d'actionnaire majoritaire d’AREVA ».

Le gouvernement français s’était déjà impliqué dans les négociations entre Areva et le Niger en nommant un médiateur : François Bujon de l’Estang, ancien ambassadeur et ancien président de la COGEMA, l’ancêtre d’AREVA.

De leur côté, Areva et le gouvernement nigérian se sont accordé pour conclure les négociations en cours à la fin du mois de février.

Au Niger, le groupe Areva exploite l’uranium à travers ses filiales locales, la Somaïr et la Cominak. Les conventions minières nigériennes, qui fixent leur cadre juridique et fiscal depuis dix ans, sont arrivées à échéance le 31 décembre 2013, mais la renégociation n’a pas abouti jusqu’à maintenant.

 Le Niger est l’un des États les plus pauvres du monde et se situe au dernier rang du classement de l’indice de développement humain des Nations unies. Le pays est le 4ème producteur mondial d’uranium et le 2ème fournisseur d’Areva.

  • fin février 2014: date butoire pour les négociations entre Areva et le Niger

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer