Le Parlement prend position sur les orientations du Fonds européen de développement

Les eurodéputés ont largement approuvé l’instrument financier destiné aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Il représente la moitié de l’aide au développement de l’UE.

Le Parlement européen officialise sa position sur la politique de l’UE à l’égard des pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) financée par le Fonds européen d’aide au développement (FED). Les élus ont adopté, à une très large majorité, mardi 12 mars, un rapport d’initiative, préparé par le député Patrice Tirolien.

Ce texte a une valeur informative. Les parlementaires jouent d’égal à égal avec les Etats uniquement au sujet de l’Instrument de Coopération au développement (ICD), l’autre tuyau de l’aide européenne, qui finance les pays hors-ACP.

La réforme de fond de l’aide européenne, engagée par le commissaire au développement Andris Piebalgs en 2011, emporte l’adhésion des parlementaires. Ils approuvent l’objectif de lutter en priorité contre la pauvreté et, en parallèle, d’offrir des outils adaptés pour le développement du secteur privé (combinaison de subventions et de prêts).

20% aux services de base

Les eurodéputés pointent toutefois quelques lacunes de l’aide européenne. Lors de la présentation du rapport, le député socialiste Patrice Tirolien (S&D) a rappelé que les Objectifs du millénaire pour le développement ne seraient pas tous atteints d’ici 2015. 

Constatant l' »insuffisance des moyens alloués à des secteurs clés », le rapport demande de réserver une quote-part de 20% du FED à la fourniture des services sociaux de base (santé, éducation, accès à l’eau). « Il est essentiel d’inclure les catégories les plus vulnérables (…) les femmes, les enfants et les personnes handicapées », précisent également les députés.

Nuances

Concentrer l’aide au développement dans les pays les plus pauvres par rapport aux Etats dont les revenus sont classés moyens et intermédiaires est « indispensable », estiment les députés. 

Mais ils proposent qu’un « indice de vulnérabilité » permette de repêcher les pays à revenu intermédiaire dont les populations sont particulièrement touchées par la pauvreté et les inégalités. Il devra également prendre en compte « les petits Etats insulaires en développement ». 

Conformément à l’accord de Cotonou, « toutes les enveloppes doivent être maintenues », ne serait-ce que pour accompagner les réformes nationales visant la réduction des inégalités et progresser vers « l’Etat providence ». Dans ce même objectif, les députés rappellent l’utilité « d’améliorer la perception des recettes fiscales et de prévenir l’évasion fiscale et l’utilisation des paradis fiscaux ».

Ambitions sans moyens 

Les députés de la Commission développement font régulièrement part de leur crainte que l’UE n’ait pas les moyens budgétaires nécessaires pour être à la hauteur de ses ambitions. A l’issue du vote, le député européen Jean-Jacob Bicep l’a une nouvelle fois rappelé. 

Lire >> Budget : des députés appellent à ne pas sacrifier l’aide au développement

Lors de la présentation du rapport, Patrice Tirolien a déclaré espérer que les budgets de l’aide au développement soient augmentés grâce au mécanisme de flexibilité, condition posée par le Parlement européen pour approuver le cadre financier pluriannuel 2014-2020. 

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