Le problème des réfugiés climatiques soulève des questions juridiques

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Le changement climatique, qui s'intensifie, va conduire au déplacement d'un plus grand nombre de personnes dans les zones les plus pauvres du monde. Face à ce constat, de nouvelles réponses sont nécessaires en matière d'immigration, a prévenu un groupe de chercheurs.

Une équipe de recherche transatlantique mise en place par le German Marshall Fund des Etats-Unis (GMF) a publié à Bruxelles la semaine dernière (30 avril) les premiers résultats de ses travaux sur les migrations induites par le climat, soulignant que le changement climatique allait créer de nouveaux groupes d'immigrants, de plus en plus nombreux.

Les impacts les plus graves seront ressentis dans les pays les plus pauvres du monde où les personnes sont déjà vulnérables, ont-ils prévenu.

Séparer l'impact du changement climatique d'autres facteurs conduisant à l'immigration est difficile, ont noté les chercheurs. Ils ont identifié les sécheresses et la désertification, l'augmentation des niveaux de la mer, la concurrence pour les ressources naturelles et l'intensification des catastrophes naturelles d'importance telles que les cyclones comme étant les composantes climatiques qui devraient le plus affecter l'immigration à l'avenir.

Notre projection est la suivante : la plupart des migrations devraient être des mouvements internes et non pas internationaux, a déclaré Susan Martin, directrice de l'Institute for the Study of International Migration à l'Université de Georgetown et responsable de l'équipe GMF.

Mais elle a souligné que bien que l'essentiel des mouvements se feront du sud vers le sud, cela ne signifie pas que le monde occidental doive ignorer ce problème puisque ces flux continus de personnes créeront des conflits et nécessiteront de l'aide humanitaire.

Alors que les sécheresses et les changements des niveaux de la mer devraient conduire à une migration graduelle, elle ressemblera beaucoup aux migrations économiques excepté que cela affectera des populations qui n'auront aucune maison où retourner.

Les pays riches ne sont pas équipés pour gérer ces nouvelles vagues d'immigration, affirment les chercheurs, qui mettent en avant les vides juridiques des lois internationales et nationales couvrant l'immigration internationale.

Nous avons tendance à mettre les gens dans des boîtes, a expliqué Mme Martin, soulignant que les migrants climatiques ne correspondaient à aucune définition conventionnelle. Elle a ajouté que les solutions et statuts temporaires offerts en général aux migrants étaient insuffisants pour répondre aux situations prolongées.

L'équipe de chercheurs a appelé les nations industrialisées à porter plus d'attention à l'identification des comportements de migration possibles.

Ils expliquent que la migration pourrait faire partie des stratégies d'adaptation. Là où c'est possible, les personnes devraient se voir offrir l'assistance pour rester chez eux et dans les autres cas, ils devraient être aidés à déménager d'une manière sûre et digne. Les importantes communautés étrangères dans de nombreuses villes occidentales devraient être exploitées en termes de conseil technique pour élaborer et financer ces stratégies d'adaptation, ont-ils ajouté.

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