Le rapport Attali plaide pour une Union économique des pays francophones

Copyright: Gabrel/shutterstock.

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Un rapport sur la francophonie commandé par le Président François Hollande préconise la création d’une Union francophone « aussi puissante que l’Union européenne ».

S’unir autour du français pour doper l’économie des pays francophones. Une fois n’est pas coutume, l’ambition du rapport « La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable », remis le 26 août au Président François Hollande, est économique.

« Le français est important culturellement, mais c’est également un enjeu économique important, car les personnes qui partagent la même langue ont des échanges économiques beaucoup plus soutenus », a souligné Jacques Attali, auteur du rapport.

Selon les estimations du rapport, deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65% plus que s’il n’en avait pas.

Liens privilégiés avec l’Afrique francophone

Le monde francophone est majoritairement constitué de pays africains. Les pays francophones sont au nombre de 37. 13 pays ont pour seule langue officielle le français : la France et Monaco en Europe et 11 pays africains (Bénin, Burkina Faso, République démocratique du Congo, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Niger, Sénégal et Togo). En Afrique, le français est également une des langues officielles dans 12 autres pays africains.

Selon le rapport, un certain nombre de domaines pourrait profiter de la mise en place d’une francophonie économique pour se développer davantage.

Coopération franco-africaine sur des secteurs clés

Le rapport identifie un certain nombre de secteurs clés dans lesquels une coopération renforcée des pays francophones pourrait avoir un impact économique réel, tant pour la France que pour les pays du Sud.

>>Lire: La France veut doubler ses échanges commerciaux avec l’Afrique

Dans le domaine de la transition énergétique par exemple, le rapport propose la création d’un espace de coopération francophone. Le secteur minier pourrait également bénéficier d’une coopération plus forte au sein de l’espace francophone. « En utilisant les compétences techniques minières françaises dans les pays africains francophones disposant de ressources minières » propose le rapport.

La recherche et le développement, le secteur financier, la santé ou le tourisme sont aussi identifiés comme d’autres secteurs stratégiques en commun de l’espace francophone.

Aide au développement et francophonie

Le rapport pousse un peu plus la logique française de consacrer une partie importante de son aide publique au développement aux pays en développement francophones.

L’ensemble des 16 pays pauvres prioritaires sur lesquels la France concentre la majorité de son aide fait partie de l’Organisation internationale de la Francophonie, et seuls le Ghana et la Mauritanie ne comptent pas le français comme langue officielle.

Par ailleurs, la francophonie et le développement ont été regroupés sous la houlette d’Annick Girardin lors du remaniement de mars 2014. Jusqu’alors, les deux portefeuilles étaient répartis entre deux ministres délégués

Une Union francophone

Le rapport évoque plusieurs pistes concrètes afin de construire cette Union francophone, « qui coexisterait avec l’Union européenne, mais sans empiéter sur ses prérogatives exclusives » a nuancé Jacques Attali.

« Il faut aller vers une union francophone aussi puissante que l’Union européenne. Un peu comme les Anglais ont développé le Commonwealth, mais en allant plus loin » a expliqué Jacques Attali.

Si la mise en place d’un marché unique francophone ne semble pas à l’ordre du jour, un certain nombre de propositions s’inspire des facilités dont profitent les citoyens européens.

La proposition 51 évoque « la mise en place d’un guichet pour les francophones dans les aéroports des pays francophones, à l’instar de ce qui se pratique actuellement dans l’espace Schengen ».

Autre idée, celle d’établir une position commune des pays francophones « lors des négociations commerciales ou environnementales mondiale », sur le modèle des positions communes présentées par l’Union européenne lors des grands rendez-vous internationaux.

Un groupe de travail doit maintenant se pencher sur les propositions formulées par le rapport. 

La France souhaite relancer ses échanges commerciaux avec l'Afrique pour reprendre une part de marché en nette diminution depuis dix ans. Et profiter de la croissance du continent, une des plus dynamiques du monde.

Un majorité de l'aide au développement de la France est par ailleurs dirigée vers les pays francophone d'Afrique, avec lesquels la France compte particulièrement développer ses échanges commerciaux. 

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