Le sida recule en Afrique subsaharienne

medicaments.jpg

Alors que le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose doit finaliser sa reconstitution, un rapport de l’ONG One montre que 16 pays d’Afrique subsaharienne se rapprochent du « début de la fin du sida ».

L’Afrique subsaharienne reste la principale victime du sida. Sur les 35 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde, 25 se trouvent en Afrique subsaharienne. Une mauvaise nouvelle qui en cache une bonne : 16 pays de cette région approchent du « début de la fin du sida », selon l’ONG ONE.

En clair, 16 pays d’Afrique subsaharienne comptent plus de personnes mises sous traitement que de personnes nouvellement infectées.

L'ONG définit cette notion comme le point à partir duquel le nombre de nouvelles infections au VIH devient moins élevé que la quantité de patients qui suivent pour la première fois un traitement contre le sida au cours de la même année.

Le tableau reste cependant contrasté, relève la seconde édition du rapport de ONE « suivi des engagements mondiaux dans la lutte contre le sida ». Dans deux pays, le Mali et le Liberia, la lutte contre le sida accuse un recul tandis qu’un certain nombre de pays tels que le Ghana, le Malawi, le Burkina Faso et la Zambie se rapprochent du point d’inversion de la courbe du sida.

Nouvelle étape pour le Fonds mondial 

Ces progrès dans la lutte contre le sida en Afrique subsaharienne sont en bonne partie attribuables au succès du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

D’ici le 3 décembre 2013, ce dernier doit clôturer sa reconstitution et espère obtenir auprès des différents donateurs des engagements à hauteur de 15 milliards de dollars pour la période 2014-2016, contre 11 milliards de dollars sur la période précédente.

« Le financement de la lutte contre le sida ne progresse pas assez. Certains pays ont drastiquement coupé dans leur contribution au Fonds mondial, à l’image de l’Irlande dont la participation recule de 44% » relève Friederike Röder, directrice de One France.

De son côté, la France a annoncé qu’elle maintiendrait  à 360 millions d'euros par an jusqu'en 2016 sa contribution, après des mois d’incertitudes. Le Royaume-Uni pourrait aller jusqu’à doubler sa contribution si l’objectif établi par le Fonds est atteint. En effet le pays s’est fixé comme objectif de financer 10% du total,  et doit donc attendre les annonces des autres États avant de finaliser sa contribution.

« La Commission européenne devrait annoncer ses engagements la semaine prochaine avec une légère augmentation » précise Friederike Röder.

Autre variable d’ajustement, la contribution des pays émergents, qui devrait légèrement progresser, même si leur participation reste encore minime. « La Corée du Sud va doubler ses financements et les abonder grâce à la mise en place une taxe sur les billets d’avion. Mais pour l’heure, il n’y a pas de prise de responsabilité suffisante des grands émergeants  » explique la directrice de One.

Le continent africain participe également davantage à la lutte contre le sida. « Depuis deux ans, les ressources domestiques assurent plus de 50% des financements de la lutte contre le sida » relève Friederike Röder.

En 2001, les pays africains se sont engagés à attribuer 15% de leurs budgets nationaux  à la santé. Dix ans plus tard, la promesse est loin d’être tenue pour la majorité des pays. Seuls six d’entre eux ont atteint le seuil de 15% (Rwanda, Liberia, Malawi, Zambie, Togo et Madagascar).

Le virus du sida, la tuberculose et le paludisme sont des maladies infectieuses qui entraînent ensemble la mort de millions de personnes chaque année alors qu'elles peuvent être facilement évitées.

Établi en 2002, le Fonds mondial affirme que ses efforts ont contribué à la réduction du nombre de décès et de maladies grâce à la prévention et au traitement.

De 2005 à 2011, le nombre de décès dus au sida a baissé de 24 %. Le taux de mortalité dû au paludisme a diminué de 26 % entre 2000 et 2010. Le taux de mortalité dû à la tuberculose a chuté de 41 % entre 1991 et 2011.

 

  • 1er décembre: Journée mondiale de lutte contre le sida

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.