Les dirigeants de l’extrême droite française surfent sur la vague anti-immigration

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Marine Le Pen, la dirigeante du parti d'extrême droite français, le Front National, a critiqué hier (14 mars) ce qu'elle considère comme un manque de rigueur des contrôles qui permettent à des dizaines de milliers d'immigrants clandestins d'entrer en Europe par la Sicile.

Cherchant à entériner un sondage d'opinion en sa faveur pour les élections présidentielles de l'année prochaine, Mme Le Pen s'est rendue sur la petite île de Lampedusa dans le sud de la Sicile qui est devenue la terre d'accueil de milliers de personnes qui tentent de fuir l'Afrique pour entrer en Europe.

« A partir du moment où une personne pose le pied à Lampedusa, il est en Europe et par définition, s’appliqueront à elle toutes les règles relatives à l'immigration illégale en Europe », a-t-elle dit aux journalistes. « Et ces règles sont laxistes ».

Des milliers d'immigrants de Tunisie sont arrivés par bateaux à Lampedusa au cours des dernières semaines, obligeant les ministres du gouvernement italien à mettre en garde contre l’éventuel exode « biblique » que pourraient engendrer les soulèvements en Afrique du nord».

Mme Le Pen, qui fut accueillie par des dizaines de manifestants qui brandissaient des pancartes l'accusant de racisme, a déclaré que 70 % de ceux qui arrivaient à Lampedusa souhaitaient se rendre en France.

« Je suis aussi venue pour exprimer ma solidarité à ceux qui doivent supporter ce problème parce que l'Union européenne détourne le regard et ne fait rien du tout », a-t-elle dit.

Marine Le Pen, la fille de l'ancien dirigeant du Front National, Jean-Marie Le Pen, qui avait stupéfié la France en 2002 en passant le premier tour des présidentielles, gagne en popularité depuis qu'elle a pris les rênes du parti en janvier.

Un récent sondage d'opinion l'a montrée légèrement devant le président Nicolas Sarkozy qui a placé des thèmes tels que l'immigration et l'identité nationale au cœur du débat politique en amont de l'élection de l'année prochaine.

 (EURACTIV avec Reuters.)

Les conservateurs du parti du président français Nicolas Sarkozy sont dans la confusion sur les thèmes de l'immigration, de l'Islam et de l'Etat de droit alors que la dirigeante de l'extrême droite, Marine Le Pen, est passée devant lui pour la première fois dans un sondage d'opinion.

Ce sondage, publié dans le quotidien Le Parisien, donne 23 % des intentions de vote à Mme Le Pen, ce qui la place devant M. Sarkozy et la dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry.

Mme Le Pen, 42 ans, a succédé à son père, Jean-Marie, à la tête du Front National en janvier et s’appuye sur les craintes liées à un afflux de réfugiés arabes suite aux soulèvements en Afrique du nord et à la menace que représenterait l'Islam pour l'ordre laïque.

M. Sarkozy, dont la popularité est extrêmement faible, 13 mois avant le premier tour des présidentielles de 2012, semble déterminé à tenter de récupérer les électeurs de Mme Le Pen en abordant les mêmes thèmes qu'elle.

Toutefois, certaines personnalités politiques de son propre camp, surtout parmi les centristes, considèrent que cette stratégie est contre-productive et qu'elle ne fera que légitimer Mme Le Pen et son programme.

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