Les ministres des affaires étrangères appellent à une « diplomatie de l’eau »

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Les tensions à propos de l’accès à l’eau pourraient s’intensifier au cours des dix prochaines années. Et menacer la stabilité dans de nombreuses régions du monde.

La sécurité de l'eau était à l'ordre du jour de la réunion ministérielle. Les ministres avaient en effet décidé de se pencher périodiquement sur les problèmes à long terme et de grande importance. À Bruxelles, ils n'ont pourtant discuté d'aucun conflit lié à l'eau en particulier.

 

L'ordre du jour était chargé avec l'ajout du Hezbollah à la liste des organisations terroristes et le processus de paix au Proche-Orient. Les ministres n'ont donc pas discuté de la diplomatie de l'eau.

 

Une source diplomatique a déclaré à EURACTIV que les ministres avaient approuvé les conclusions du Conseil préparées en amont de la réunion.

 

Les ministres ont reconnu que les conflits liés à l'eau pourraient compromettre la stabilité dans de nombreuses régions du monde. Les intérêts de l'UE, la paix internationale et la sécurité pourraient être concernés. Le changement climatique et l’évolution démographique aggravent la situation.

 

Quelque 783 millions de personnes, soit 11 % de la population mondiale, n'ont pas accès à des sources améliorées d'eau potable, selon des données de l'ONU.

 

Les ministres ont souligné que l'eau et son assainissement devraient être pris en compte dans la définition des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) pour l'après 2015. Ils ont également appelé à la responsabilisation des femmes, de la société civile et des communautés locales. Elles devraient avoir davantage leur mot à dire dans la diplomatie de l'eau.

 

Les ministres ont accueilli favorablement le résultat de l'initiative de cartographie sur la sécurité de l'eau (Water Security Mapping Initiative). Elle donne un aperçu de l'engagement des États membres dans les défis transfrontaliers liés à ce sujet.

 

Le bassin du Nil, le Proche-Orient, la région du Sahel, le fleuve Mékong et l'Asie centrale sont des régions concernées. Les ministres ont demandé à la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, de continuer à travailler avec les pays concernés pour trouver des solutions.

 

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture estime que les conflits interétatiques actuels liés aux ressources en eau éclatent principalement au Proche-Orient entre la Turquie, la Syrie et l'Irak à propos du Tigre et de l'Euphrate ainsi qu'entre Israël, le Liban, la Jordanie et les Palestiniens à propos du Jourdain. En Afrique, ces conflits sont liés au Nil (Égypte, Éthiopie et Soudan). En Asie centrale, ils concernent la mer d'Aral et surgissent entre le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan.

 

Les ministres ont précisé que la politique de l'UE sur la coopération mondiale dans le domaine de l'eau pourrait se baser sur la longue expérience et la connaissance de la gestion des eaux transfrontalières en Europe.

L'Assemblée générale de l'ONU a reconnu l’accès à l'eau comme un droit fondamental en 2010.

 

L'amélioration de l'accès à l'eau et de l'assainissement constitue l'un des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l'ONU. Les OMD expirent en 2015. Malgré des progrès constants dans l'accès à l'eau depuis 2000, les résultats sont mitigés jusqu'à présent.

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