Les négociations climatiques s’annoncent difficiles pour les petits Etats insulaires

Samoa, Copyright: Thomas Hruschka/shutterstock

Samoa, Copyright: Thomas Hruschka/shutterstock

Alors que les négociations vont bon train entre les grands émergents et les pays développés sur le changement climatique, les petits États insulaires, confrontés à la hausse du niveau des océans, tentent de faire entendre leur voix. 

Les discussions entre les pays développés et les grands émergents sur le partage de la dette climatique vont bon train. Mais alors que se profile la conférence de Paris climat 2015, les petits États insulaires en développement, en première ligne face à l’impact du réchauffement climatique, préparent activement la conférence de Paris Climat 2015.

Les PEID en première ligne

En 2011, à Durban, la communauté internationale s’est engagée à conclure à Paris en 2015 un accord entre tous les pays sur la réduction d’émissions de gaz à effet de serre afin de limiter les effets du réchauffement climatique.

Une gageure, alors que les grands ensembles – pays émergents, pays développés et pays en voie de développement peinent à s’entendre.

Les grands émergents tels que la Chine ou l’Inde estiment en effet que les pays développés ont une dette climatique » héritée de leurs révolutions industrielles, et doivent en conséquence assumer la plus grande partie de l’effort de réduction des émissions de CO2.

De leur côté, les pays développés estiment qu’il sera difficile d’atteindre un compromis ambitieux sans un véritable engagement des grands émergents, qui représentent un poids démographique important.

À l’occasion de la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement qui s’est tenue du 1er au 4 septembre à Apia, aux Samoa, les chefs d’État et gouvernement des Comores, de la Guinée-Bissau ou encore des  Seychelles ont  appelé à ce que leurs priorités soient « prises en compte dans l’architecture des objectifs post-2015 ».

Le premier ministre du Samoa, Tuilaepa Sailele Malielegaoi Aiono, a exhorté les organisateurs à prendre des mesures concrètes pour endiguer la hausse du niveau des mers. « Les grands problèmes de nos petites îles auront tôt que tard une incidence sur tous les pays quel que soit leur niveau de développement et de prospérité », a-t-il ajouté.

Un appel également relayé par l’ONU. « Les PEID auront un rôle important à jouer », a souligné le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon « Vous aurez l’occasion de dire aux plus grands émetteurs quelles sont les actions que vous attendez d’eux ».

Rassemblant plus de 3000 représentants de gouvernements, de la société civile, et des chefs d’entreprise, la conférence s’est déroulée en  préparation du sommet sur le climat qui aura lieu le 23 septembre à New York.

Élévation du niveau de la mer

L’inquiétude des petits États insulaire en développement n’est pas nouvelle. Sans poids politique important dans le concert des négociations mondiales sur le climat, ils sont pourtant les premiers concernés par un des effets directs du réchauffement climatique : l’élévation du niveau de la mer.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estime qu’avec une augmentation de la température moyenne mondiale d’environ 4 ° C, le niveau de la mer pourrait s’élever d’un mètre d’ici 2100, affectant gravement 30 % de la population de ces territoires insulaires.

 « Le développement durable dans les petits États insulaires en développement (PIED) nécessite une attention particulière au regard des circonstances uniques auxquels nous sommes confrontés et des impacts du changement climatique – y compris la menace que l’élévation du niveau de la mer fait peser sur l’existence même des PEID – qui s’aggrave de jour en jour » , a déclaré Baron Waqa , Président de Nauru et président de l’Alliance des petits États insulaires

Du fait de leur taille et de leur isolement, la plupart des petits États insulaires en développement dépendent lourdement des importations de pétrole pour leurs besoins énergétiques.  Certains pays dépensent de 25 à 50 % de leur PIB, selon les estimations de la Banque Mondiale, pour leurs importations de pétrole, ce qui entraîne des coûts de production d’électricité très élevés localement.

Les Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) sont un groupe de pays insulaires, pour la plupart des régions du Pacifique, des Caraïbes, de l'océan Atlantique et de l'océan Indien confrontés à des problèmes de développement similaires: faibles populations, ressources limitées, vulnérabilité accrue aux catastrophes naturelles et aux chocs extérieurs, et forte dépendance vis-à-vis des échanges internationaux.

 

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