Les renforts européens sur la route de la Centrafrique

French troops, Central African Republic. [Shutterstock]

Après plusieurs semaines de contretemps, le Conseil a finalement donné le feu vert au lancement de la mission Eufor en Centrafrique. Avec une capacité pouvant aller jusqu’à 1000 hommes, elle viendra en appui des forces françaises et africaines.

Les appels répétés de la France pour permettre le lancement de la mission Eufor en République centrafricaine semblent avoir été entendus. A la veille de l’ouverture du sommet UE-Afrique Conseil Affaires étrangères a officialisé le lancement de la mission européenne en Centrafrique.

« L’EUFOR RCA doit apporter un soutien temporaire en vue de l’instauration d’un environnement sûr et sécurisé dans la région de Bangui, dans l’optique d’un passage de relais à une opération de maintien de la paix des Nations unies ou aux partenaires africains » souligne le Conseil dans un communiqué du 1er avril.

Les renforts financiers, logistiques et humains promis par un certain nombre d’États membres en soutien à l’opération militaire française dans son ancienne colonie se sont fait attendre, retardant le lancement de la mission prévu initialement le 17 mars. Et provoquant la colère de la France, engagée sur le terrain.

Top départ

Mi-mars, les ministres des  étrangères avaient souligné « la nécessité d’une accélération des travaux relatifs à la préparation de l’opération en vue de permettre son lancement rapide, conformément aux engagements de l’Union européenne ».

C’est maintenant chose faite. Grâce aux nouvelles contributions de « grands » pays de l’UE qui n’avaient initialement pas apporté leur soutien à la demande française. La Grande-Bretagne, l’Allemagne ou l’Italie qui avaient manqué à l’appel ont finalement décidé de participer à Eufor.

Si le bouclage du tour de table européen a été rendu possible grâce à ces contributions supplémentaires, la France « a dû remettre un peu plus de moyens » concède une source proche du dossier.

L’opération en Centrafrique « comprendra jusqu’à 1 000 soldats, dirigés par le général de division Philippe Pontiès (France), nommé commandant de l’opération de l’UE. […]Les coûts communs de l’opération sont estimés à 25,9 millions d’euros pour la phase préparatoire et un mandat pouvant aller jusqu’à six mois à compter de la date à laquelle la force aura atteint sa pleine capacité opérationnelle » souligne le communiqué du Conseil.

Les renforts européens n’ont pour l’heure pas de nationalité ; de nombreux pays envoient une poignée d’hommes, et certains, comme l’Allemagne, en envoient zéro. La mobilisation des voisins restent très modeste si on la compare aux 2 000 militaires français de l’opération Sangaris déjà sur place, et les quelque 6 000 soldats de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine, la Misca.

Réunion au sommet UE-Afrique

L’annonce du lancement de l’Eufor est par ailleurs intervenue le jour de la visite en France de la présidente de transition de Centrafrique, Catherine Samba-Panza et à la veille de l’ouverture du sommet UE-Afrique qui se tient à Bruxelles les 2 et 3 avril.

Un rendez-vous international pendant lequel un mini-sommet sur la Centrafrique doit se tenir afin « de faire un point sur les questions de sécurité » confie un conseiller, alors que de récents affrontements ont fait plusieurs dizaines de victimes depuis samedi à Bangui.  

La réunion sera coprésidée par le président français François Hollande, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président mauritanien, Abdel Aziz, dont le pays occupe la présidence de l’Union africaine et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Autre sujet à l’agenda du mini-sommet, le déploiement des moyens nécessaires au rétablissement de l’État et la transition politique, ainsi que les moyens alloués en matière d’aide humanitaire et de développement.

Un fonds de reconstruction en question

Si la question du développement et de la coopération sera abordée lors du sommet, les États membres ne comptent pas lancer une conférence de donateurs afin de lever des fonds supplémentaires.  « La Centrafrique bénéficie de 750 millions d’euros pour la période 2014-2016 » explique un conseiller.

Mais l’ancienne colonie française reste « l’enfant pauvre » de l’aide publique au développement, la France restant l’un de ses seuls bailleurs de fonds bilatéral et le pays possédant une faible capacité d’absorption. Pour avancer sur la reconstruction du pays, la France, l’Allemagne et l’Union européenne réfléchissent au lancement d’un fonds de reconstruction et de développement. 

« Le  lancement de cette opération démontre la volonté de l'UE de participer pleinement aux  efforts internationaux pour rétablir la stabilité et la sécurité à Bangui et dans l'ensemble  de la République centrafricaine. L'opération constitue un élément clé de notre approche  globale visant à résoudre les énormes problèmes que connaît la République centrafricaine. Je voudrais remercier tous les États membres et les pays non membres de l'UE qui  coopèrent pour assurer le succès de cette opération. Il est essentiel que l'ordre public soit  rétabli le plus rapidement possible, afin que le processus de transition politique puisse reprendre » a déclaré Catherine Ashton, Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la  politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne.

Les Etats membres se sont accordés fin 2013pour organiser une opération militaire en soutien à l’intervention française en Centrafrique. Depuis, le mise en œuvre de l’opération piétine.

La politique de sécurité et de défense commune (PSDC) a été lancée dans les années 1990. Mais il n'existe toujours pas de dépenses européennes ni de budget européen dans le domaine de la défense.  La crise des dépenses publiques entraîne des coupes dans les budgets de défense. De 2001 à 2010, les dépenses de l’UE dans le domaine de la défense ont chuté de 251 milliards d’euros à 194 milliards d’euros.

 

 

 

  • 2-3 avril 2014: Sommet UE-Afrique à Bruxelles

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