L’extrême richesse progresse encore en 2017

Lancement de la campagne Oxfam « Contre les inégalités, pesons de tout notre poids » par une manifestation Place de la République Lundi 22 janvier

Selon un rapport d’Oxfam, 2017 enregistre une hausse historique du nombre de milliardaires.

La concentration des richesses se poursuit selon le rapport « Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent » de l’ONG Oxfam. Publié annuellement à l’occasion du forum économique mondial de Davos, qui se tient du 23 au 26 janvier, ce rapport pointe la hausse des inégalités au profit des 1 % les plus riches de la planète. En 2017, 82 % des richesses produites ont profité à cette frange de la population, contre seulement 0.53 % pour les 50 % des plus pauvres.

Corollaire de cette évolution, le nombre de milliardaires ne cesse d’augmenter. En 2017, il a même connu sa hausse la plus forte de l’histoire, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours. D’après le rapport, ces grandes fortunes se formeraient par héritage, par la détention d’une entreprise en monopole, ou encore grâce à des relations de connivence avec les gouvernements.

L’évasion fiscale double facteur d’inégalité

Le rapport souligne que ces grandes fortunes sont optimisées par les pratiques d’évasion fiscale, qui représenteraient 200 milliards de dollars pour les 1 % des plus riches selon les estimations de l’économiste Gabriel Zucman.

Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam, explique que l’évasion fiscale contribue à un « cercle vicieux » des inégalités. « Les entreprises tirent vers elles des bénéfices au détriment des travailleurs. Ces bénéfices sont ensuite placés dans des paradis fiscaux, ce qui permet aux entreprises d’en retirer encore plus de richesses. Par ailleurs, n’étant pas imposé, cet argent ne se retrouve pas dans les caisses de l’État. Il n’est donc ni redistribué ni utilisé pour le financement de politiques publiques visant la réduction des inégalités. »

La liste noire des paradis fiscaux pourrait se réduire comme peau de chagrin

L’Union européenne souhaite retirer huit pays de sa liste noire des paradis fiscaux qui compte actuellement 17 « juridictions ».

Une progression forte des inégalités en France 

Des tendances similaires se retrouvent en France. En 2017, 28 % des richesses créées reviennent aux 1 % des plus riches, contre seulement 5 % pour les 50 % des plus pauvres.

Dans le cas français, cet écart s’explique principalement par l’importance des revenus des actionnaires. Ainsi selon le rapport, « la France est la championne d’Europe pour le montant de dividendes versés par les entreprises à ses actionnaires ». Cela concerne les entreprises du CAC40, avec en tête Total, Sanofi et BNP Paribas.

« La France était pendant longtemps considérée comme moins inégalitaire, poursuit Manon Aubry. Cependant, elle connaît depuis les années 1980 un effet de rattrapage allant dans la mauvaise direction. Les inégalités y progressent rapidement, en raison du manque d’investissements publics et de lois favorisant une plus forte dérégulation. »

Sur ce dernier point, l’ONG dénonce la réforme fiscale d’Emmanuel Macron, qui devrait selon Manon Aubry contribuer à « reverser de l’argent dans les caisses des plus riches », via des baisses d’impôts sur les ménages les plus aisés et les grandes entreprises.

Dans le cadre du lancement de sa campagne, Oxfam enjoint le gouvernement français à lancer une réforme sur les inégalités. L’ONG avance trois principes sur lesquels baser cette réforme à savoir une répartition plus équitable des richesses dans l’entreprise, des mesures pour lutter contre l’évasion fiscale et un système d’impôt réellement redistributif.

Subscribe to our newsletters

Subscribe