Le programme du gouvernement britannique en faveur des ODD jugé insuffisant

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Le gouvernement britannique n’est pas parvenu à établir un programme clair pour inciter les entreprises à mettre en œuvre les objectifs de développement durable (ODD), selon une nouvelle étude.

Le gouvernement devrait chercher des moyens efficaces d’encourager un comportement responsable des entreprises, insistent les députés.

Les ODD, adoptés en 2015, fixent des objectifs pour mettre fin à l’extrême pauvreté, lutter contre le changement climatique et réduire les inégalités d’ici 2030. Si ces buts devraient offrir des opportunités économiques considérables, un rapport publié le 26 avril par la commission d’audit environnemental (EAC) reproche au gouvernement de ne pas avoir agi pour sensibiliser le public sur ces questions.

« Nous sommes issus d’une génération qui peut mettre fin à la pauvreté et léguer à nos enfants un pays plus juste, plus sain et plus durable », a indiqué la députée et présidente de l’EAC, Mary Creagh. « Les objectifs mondiaux ont été créés à cet effet. Avec le Brexit, le gouvernement a une chance unique d’utiliser ces objectifs pour forger un consensus entre les partis sur le développement durable au Royaume-Uni. Cependant, le gouvernement semble regarder les ODD comme un problème du monde en développement et n’a pas de programme clair pour les mettre en œuvre au  niveau national. »

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« Vide conséquent »

L’action du gouvernement pour respecter les ODD à l’étranger n’a pas été répliquée au niveau national, indiquent les députés, laissant un « vide conséquent » à la place des efforts qui auraient dû être déployés. Les ministres sont critiqués pour leur refus de se présenter devant la commission. Pour l’EAC, ce refus témoigne de la volonté du gouvernement d’« éviter discrètement » la question.

Afin de lutter contre cette lacune de responsabilité, il a été demandé au gouvernement de mettre sur pied un organisme de conseil indépendant et de désigner un ministre en charge de l’application des ODD dans tous les ministères. Les ministres devraient ainsi publier un nouveau rapport déterminant la manière dont les objectifs du gouvernement pourront être harmonisés avec les ODD, ont précisé les députés.

L’EAC a également invité les principaux partis politiques à profiter des élections à venir pour présenter leurs engagements aux objectifs.

La Première ministre, Theresa May, a elle-même été critiquée pour son manque d’application en la matière. L’EAC salue en revanche sa récente déclaration en réaction à une lettre ouverte des principales entreprises du pays: « Nous, en tant que gouvernements, qu’institutions internationales, qu’entreprises et que citoyens, devons agir davantage pour répondre aux préoccupations de ceux qui se sentent abandonnés dans ce monde moderne. »

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Objectifs des entreprises

La commission reconnaît que, étant donné que les ODD ne sont pas juridiquement contraignants, leur mise en œuvre dépend du bon-vouloir des gouvernements et de la capacité des entreprises à saisir les opportunités économiques qui en découlent. Le gouvernement devrait chercher des moyens efficaces d’encourager un comportement responsable des entreprises, insistent les députés.

D’après la recherche, les entreprises pourraient faire gagner à l’économie mondiale près de 12 mille milliards de dollars.  Cependant, d’après l’EAC, il semblerait que les objectifs soient très peu appliqués dans le secteur privé. Celui-ci n’a en effet progressé que très lentement dans la réalisation des 17 ODD.

Le rapport montre toutefois que la situation commence à changer, à mesure que les entreprises prennent conscience des avantages matériels qu’elles peuvent en tirer, au lieu de simplement appliquer les ODD par obligation. Des géants tels que PepsiCo, Coca-Cola, SABMiller et Unilever ont tous définis leurs objectifs de développement durable en se concentrant sur l’objectif qui les préoccupait le plus.

L’engagement des entreprises à satisfaire les ODD nécessite une nouvelle façon d’envisager le financement du développement.  À cet égard, la Banque mondiale a émis ses premières obligations vertes, qui lient directement les rendements financiers aux entreprises respectant les ODD.

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