La nouvelle stratégie entre l’Afrique et l’UE doit renforcer les relations commerciales

L’Union européenne et l’Union africaine devraient utiliser le nouveau « partenariat stratégique » pour renforcer leurs relations commerciales, ont convenu les intervenants de la visioconférence d’Euractiv sur la transformation des économies africaines.

L’Union européenne et l’Union africaine devraient utiliser le nouveau « partenariat stratégique » pour renforcer leurs relations commerciales, ont convenu les intervenants de la visioconférence d’Euractiv sur la transformation des économies africaines.

L’une des grandes priorités des gouvernements africains, pour assurer la transformation de leur économie, consiste à sécuriser des conditions commerciales améliorées les habilitant à développer l’industrie manufacturière locale et régionale afin d’augmenter les exportations vers l’UE.

« Nous espérons que ce nouveau partenariat créera de nouvelles chaînes de valeur à l’échelle mondiale pour augmenter les exportations des produits finis », a déclaré la ministre de l’Industrie et du Commerce du Botswana, Peggy Serame, soulignant que l’Afrique subsaharienne exportait en majeure partie de la matière première vers l’UE plutôt que des produits finis.

Le sommet entre l’UE et l’Union africaine, initialement prévu en octobre, avait été postposé en raison de la pandémie de Covid-19. Le 16 octobre, le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré que la réunion aurait lieu en décembre.

« Ce sera l’occasion de renouveler notre partenariat, et même notre alliance, avec l’Afrique ; une alliance évidente pour des raisons géographiques, historiques et culturelles. Le potentiel est immense si nous prenons les bonnes décisions ensemble, avec les dirigeants africains », avait-il ajouté.

Les leaders discuteront également du nouveau coronavirus, a indiqué M. Michel : « la coopération régionale et la coordination entre les chefs d’État et de gouvernement » seront renforcées au sein de l’UE.

Le report du sommet a permis aux deux parties d’aiguiser leurs demandes et de modifier la nouvelle mouture de la Commission européenne sur la « Stratégie Afrique-UE » publiée en mars.

Aux yeux de Mme Serame, l’infrastructure, les TIC, l’énergie et l’agriculture sont autant de domaines pouvant bénéficier d’une augmentation des contributions financières européennes. Par ailleurs, elle a noté que son gouvernement était prêt à faciliter les opérations commerciales et continuerait à ouvrir l’économie du pays afin d’encourager les investisseurs étrangers.

Le Botswana compte toutefois parmi les quelques nations africaines n’ayant toujours pas ratifié l’accord établissant la zone de libre-échange continentale africaine (ACFTA), bien que la ministre ait indiqué que les démarches pour ce faire étaient en cours.

L’UE dévoile ses projets de partenariat avec l’Afrique

Lundi 9 mars, l’UE a présenté sa nouvelle stratégie globale concernant l’Afrique, qui inclut des partenariats dans cinq domaines différents. Première étape : sept mois de négociations pour élaborer un programme avant le sommet Union africaine-Union européenne (UA-UE) d’octobre prochain.

Appel à l’ambition  

« Je voudrais que le prochain sommet entre l’UE et l’Afrique soit marqué par une série d’objectifs très ambitieux », a indiqué Ondrej Simek, chargé de mission au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), avançant que la Commission préparait actuellement la prochaine étape du programme d’aide au développement, tandis que le cadre financier pluriannuel 2021-2027 devrait bientôt être finalisé. M. Simek a également évoqué la possibilité de conclure des accords bilatéraux avec les pays africains.

Philomena Apiko, chargée de mission au Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM), a soulevé que le partenariat UE-Afrique devrait également se concentrer sur l’éducation et le degré de compétences dans le monde du travail.

« Bien que le marché de l’emploi botswanais soit qualifié, nous sommes toujours confrontés à un déficit de compétences et au problème du chômage », a-t-elle déclaré, ajoutant que « sans réelle transformation, il faut attirer de véritables investissements visant à créer de l’emploi ».

Quid de l’intégration ?

L’intégration régionale fait également partie des points cruciaux pour améliorer le commerce intra-africain et les perspectives d’investissements européens.

Dans ce contexte, Gabusamang Keebine, président de Business Botswana, a noté qu’une série de projets de transport étaient en cours afin de renforcer la liaison avec la Namibie et l’Afrique du Sud, et ainsi stimuler le développement commercial.

« Nous devons nous assurer que nos entreprises sont en mesure d’exporter », a-t-il expliqué. D’après lui, les gouvernements africains devraient redoubler d’efforts afin de garantir que les produits fabriqués par les sociétés locales respectent les normes européennes et internationales et que leurs chaînes d’approvisionnement suivent des règles de traçabilité.

« Nous découvrons souvent que les grands détaillants ignorent les biens fabriqués dans nos entreprises locales », renchérit-il.

Des propos également tenus par Philomena Apiko, qui invite les gouvernements africains à faire meilleur usage de blocs commerciaux et de l’ACFTA.

En outre, celle-ci a appelé les leaders à s’entendre sur une « alliance bénéfique à chacun sur le changement climatique et la migration ».

L'accord « post-Cotonou » est à portée de main

L’accord longuement reporté devant succéder à l’accord de Cotonou conclu entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) devrait se concrétiser d’ici à la fin de l’année.

Keletsositse Olebile, chef de Botswana Investment & Trade, a maintenu que son pays pouvait « être une passerelle pour les flux d’investissement en l’Afrique » et son organisation examine déjà des moyens pour faciliter l’accès des investisseurs européens à la Communauté de développement de l’Afrique australe et au reste de l’Afrique subsaharienne.

La pandémie devrait également engendrer une baisse significative des importations africaines de produits agricoles, car les pays attachent une grande importance à l’autosuffisance, et ce, après avoir connu des perturbations majeures dans les chaînes d’approvisionnement alors que les gouvernements tentaient de contenir la propagation du virus.

« La pandémie nous a inculqué une leçon sur la durabilité alimentaire », a conclu M. Olebile.

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