Réunion du Fonds vert sur fond de panne de financement

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Le conseil d'administration du Fonds vert se réunit à Paris cette semaine. Destiné à aider les pays en développement  à s'adaptater au changement climatique, le fonds créé en 2010 peine à démarrer. Trois ans après son annonce, les financements tardent à être débloqués. 

Le fonds vert pour le climat restera-t-il une coquille vide ? Alors que se tient la 5ème réunion du conseil du Fonds vert, au ministère des Finances cette semaine, la mise en place opérationnelle du projet lancé il y a trois ans peine à se concrétiser.  

Ce fonds multilatéral institué par les accords de Copenhague puis Cancun entend centraliser les financements de l’adaptation et la réduction des émissions au sein des pays en développement. Un projet ambitieux pour lequel les pays développés se sont engagés à débloquer quelques 100 milliards d’euros d’ici à 2020, dont une partie importante devrait transiter via ce nouveau fonds.

Durant cette réunion,  les vingt-quatre membres du comité,  répartis de manière égale entre les pays en voie de développement et les pays développés, vont se pencher sur le calendrier de mise en œuvre et la mobilisation des financements. «  L’objectif de la réunion est d’acter que le fonds vert est prêt à recevoir les financements des différents pays donateurs même s’il n’est pas encore opérationnel pour le distribuer aux pays en développement » signale Alix Mazounie de Réseau Action Climat.

Des désaccords Nord-Sud persistants

Aujourd’hui, le fonds vert ne dispose que de quelques millions d’euros destinés à assurer son fonctionnement administratif, faute de consensus entre les pays développés et leurs homologues du sud.

Du côté des pays développés, on espère faire appel au secteur privé afin d’honorer les engagements pris, tandis que les pays en développement attendent que l’effort provienne principalement des aides publiques.

Autre point de discorde, la participation des puissances émergentes telles que la Chine ou l’Inde, dont le concours financier au fonds vert reste en débat.

Un point de consensus semble toutefois se dégager sur la mise en œuvre des financements par voie directe. Au lieu de transiter via des agences et autres intermédiaires, l’argent du fonds pourrait être remis directement au pays destinataire qui aurait la charge de répartir son enveloppe sur  les projets appropriés.

Ce procédé d’accès direct doit permettre aux pays bénéficiaires de maîtriser l'utilisation des financements internationaux et de réduire les coûts de transaction liés aux intermédiaires (agences de développement multilatérales et bilatérales).

Pour l’heure, les caisses restent vides

Si les désaccord et la complexité du sujet ont ralenti la mise en oeuvre du fonds vert, l'agenda politique pourrait accélérer les choses. « Le démarrage du Fonds vert est un enjeu d’importance pour Paris, qui accueille en 2015 la 21e Conférence des Nations Unies sur le  Climat (Cop) »  explique Alix Mazounie. «Nous espérons un plan d’action pour entrer dans la partie opérationnelle dès 2014 » affirme-t-on du côté de du cabinet du ministre chargé du développement,

En France, la question du financement du fonds vert reste problématique.

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Dans le cadre du projet de loi de finance 2013, 110 millions d’euros lui étaient attribués pour 2014 et 2015. Cette contribution française devait être issue de la taxe sur les transactions financières française, dont 10 % devait être reversé au budget de l’aide publique au développement.

« Mais les engagements français ne sont pas confirmés dans le projet de loi de finance 2014 » regrette Alexandre Naulot d’Oxfam.  La contribution française est jugée insuffisante pour les différentes ONG pour faire face au sujet du changement climatique. Pour la France, les financements dépenderont de ce que rapporte la taxe sur les transactions financières, dont la collecte est décevante depuis son lancement, il y a un an.

De leur côté, des pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni ont déjà prévu  des financements à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros chacun.

 L'UE a également pris l’engagement de contribuer à la mobilisation des 100 milliards de dollars par an, nécessaires au Fonds vert pour le climat, qui devrait être opérationnel en 2020. En 2011, les services de la Commission ont conseillé dans un document de travail que l'UE verse un tiers de cette somme. On en est loin.

Le Fonds Vert a été créé lors de la conférence de Durban (Afrique du Sud) en 2011 avec pour objectif  d’administrer – au moins en partie -  100 milliards de dollars d'ici à 2020.

Son siège se trouve en Corée du Sud et il est administré par un conseil de 24 membres, issus  à parité de pays en voie de développement et des pays développés.

Cette somme promise par la communauté internationale doit soutenir les pays en développement dans la limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre et leur adaptation aux effets du changement climatique. Mais deux ans plus tard, le fonds n'a toujours pas démarré le moindre investissement.

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